Abbé AflFre, loc. ci7., p
SANCTIONS ECCLÉSlAaTIQTJES 91
Boniface connut d'ailleurs les échecs les plus amers. En 1296, alors que Philippe le Bel avail interdit l'exportation d'aucune somme d'argent, atteignant ainsi les dons adressés au pape, relni-ci avait usé infructueusement de toutes les menaces. Exrommuniralion d'abord, et ensuite appel ^ l'inlcn-ention des rois d'Angleterre el d'Espagne. Rien n'y fit. T.e légat do Boniface VIIT tut arrêté : l'imlépendance de la couronne royale fut affirmée. A la théorie dos dérr<Mistos fout dévoués à Rome s'opposa la théorie des lôp:isles favorables à l'indépendance du ix/uvoir temporel. C'est en vain que Boniface VIII réitéra qu'il apparlenait aTi spirituel de juger le temporel '; c'est en vain qu'il donna l'ordre à Philippe le Bel de respecter la trêve conclue avec l'Angleterre, en vain au?si qu'il projeta de faire bénéficier l'empereur Albert I de la couronne retirée au roi de France. Boniface VITI fut poursuivi, découvert à Anagni. souffleté par Colonna, arrêté pendant quelques jours. Il expia, alors même qu'il n'aurait voulu êlre que l'arbitre des rois, les torts impardonnables des papes qui avaient voulu être souverains. Comme l'a dit Prévost -Paradol ', « on a souffleté sur la joue de Boniface VTTI les prélen- H lions de Grégoire VII "■. et r'e^l In paix du monde qui a souffert de celte situation, car c'est toujours la peur du matlre qui soulève les peuples contre le juge.
TnoiPir-MF; PÉRIODE. — La pécadence.
Au lendemain d'un tel affront l'autorité des papes et de leurs sanctions paraît fort compromise. T-e trône ponti-