‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 33 sur 96 · La Revue (ancienne Revue des Revue»), 16 octobre · texte numérisé non relu

La Revue (ancienne Revue des Revue»), 16 octobre

encourageante. Maïs, en d'autres circonstances, on a vu s'esquisser des projets d'union des Eglises pour une croisade commune contre toutes les formes de l'injustice et du mal. Déjà, en 1870, lorsque la guerre franco-allemande allait éclater, on avait projeté de faire auprès du roi de Prusse une démarche à laquelle participeraient l'archevêque de Paris, le grand rabbin et le vénéré pasleur Valette. Depuis lors, au Congrès des Religions tenu à Chicago en 1893, on a vu inscrire à l'ordre du jour les raj)ports communs de toutes les religions avec la fraternité des peuples, la justice internationale el l'arbitrage *. Le Père Elliof, de l'ordre des Paulistes de New- York, a déclaré devant ce congrès que la guerre était un de ces géants du mal contre lesquels les Eglises devraient organiser une pacifique croisade '.

Or, supposez que ce rêve se réalise un jour. Supposez

que fous ceux qui prennent pour devise le mot d'Agrippa d'Aubigné : Bien n'est si qrand que Vôme, s'entendent

pour former au nom des intérêts éternels de l'âme une vaste association où aucune Eglise ne perdrait son individualité, mais où les opinions les plus diverses pourraient se rencontrer sur le terrain de la justice sociale el de la justice internationale, et où chrétiens et non chrétiens, juifs et musulmans, libres-penseurs et athées pourraient, sans désavouer aucun de leurs dogmes ', ni rétracter aucune de leurs négations, travailler en commun

{. Voir le bel article de M. Bonet-Maury dans la Revue des Deux- Mondes, 15 août 1894, p. 805.

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