Evangile selon Mathieu, ch. V, r. 34 et s
SANCTIONS BGGLÉSIASTIQUES 111
adopta le serment des anciens en substituant simplement l'invocation de Dieu à celle des vieilles divinités. Ce n'est pas le lieu de rechercher si la théorie catholique du serment a servi d'une manière eflicace la cause de la foi ou (l€ la bonne foi. Ce qui est certain c est que, dans le domaine des relations internationales comme dans le domaine des conventions privées, le serment est resté un mode normal de gaiantie jusqu'à la Paix de Westphalie\
Depuis cette époque, bien des circonstances en ont restreint l'usage. L'influence de la Réforme, celle des idées philosophiques du XVIIP siècle, et surtout celle des Quakers qui considèrent le serment connue un péché, ont discrédité cette sanction. De plus, le prestige du serment a souffert des multiples échappatoires par lesquels, grâce au secoui's de subtils distinguo^ tant de promettants sont parvenus à éluder leur promesse tout en soutenant qu'à la lettre ils n'avaient point violé leur seraient. Le comte de Fontaine, par exemple, avait juré qu'il ne se battrait contre les Français ni à pied ni à cheval. Il tint son serment, mais il n'en painit pas moins en chaise à portem- à la bataille de Rocroi. Lors de son intronisation, le pape Alexandre VII avait juré de ne pas recevoir ses parents à Rome. Pour ne pas se pai-jui-er il alla l'ecevoii' ses pai'enls à Castel-Gandolfe et de là les mena à Rome '. D'autres ont fait, sous le nom de leur femme, ce qu'ils avaient juré de ne pas faire personnellement \
1. De Martens, Précis du droit des gens moderne de V empire, t. I, p. 184, dans rédition Guillaumin.