Voir Bluntschli, loc, cU,y trad. Lardy, p
rait alors le remellre une seconde fois entre les mains de l'adversaire, conune le firent les Romains pour Clélie, loi'sque celle-ci se fut échappée du camp de Porsenna \ Il est triste à dire que, si l'usage barbare des otages a presque complètement disparu de nos mœurs, sauf peutelre en ce qui concerne certaines peuplades d'Amérique et d'Océanie, les exemples qu'en fournil l'histoire moderne n'ont pas été empreints de l'esprit de modération que nous préconisons. C'est une raison de plus i)oiir condamner une pratique qui retombe, en dépit de toutes les objurgations, dans les scandaleux abus des âges primitifs. Sans doute, la France eut, au XVIIP siècle, la haute galanterie de traiter conune des ambassadeurs plutôt que comme des prisonniers les seigneurs anglais qui lui furent remis en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle jusqu'à la reddition du Cap-Breton ^ Mais ce cas de clémence est presque isolé. Pendant la gueiTe de Sécession, le gouvernement américain donna, il est vrai, à ses troupes des instructions spéciales ', recommandant de traiter les otages comme des prisonniers de guerre, en leur témoignant des égards proportionnés à leuj' rang et à leur condition. L'otage, comme d'ailleurs le prisonnier de guerre, ne devait être l'objet d'aucune brutalité. Il n'était pas même permis de le priver de nourriture. Nous enregistrons avec satisfaction ces instructions sans oser affirmer qu'elles aient été suivies à la lettre. Pendant la guerre
i . Et Romani pignus pacis ex fœdere restitueruni (Tite - Live, liv. II, ch. 3).