‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 69 sur 96 · Voir, h ce sujet, Paul Jaoet, Hi»toire de la · texte numérisé non relu

Voir, h ce sujet, Paul Jaoet, Hi»toire de la

^ç'tr^'w^*

loire. Les ligues de Tune et l'autre péninsule n'eurent presque jamais un pouvoii' central commun. C étaient des alliances, et des alliances de fait plutôt que de droit. L'unité de religion était à leur ba^se. La conception d'un droit commun, appilicable à ceux qui n'avaient pas le même culte ou qui n'étaient pas de la même race, dépassait leui' horizon. La confédération fondée par les Achéens, lorsqu'ils eurent secoué le joug de la Macédoine, comportait sians doute des sanctions j)olitiqiies, mais ces sanctions ne paraissent avoir sauvegardé que des intérêts purement militaires. (Juanf aux cités de Latium, la juridiction ai'bitrale qui a peut-être existé entre elles, s'il faut en croire un passage otscur de Denys d'Halicarnasse, n'a pas suffi pour les empêcher de se battre. Si la notion de justice intertribale a existé entre les membres de ces anciennes associations, la notion de justice internationale leur a fait défaut, et les sanctions de cette justice intertribale, tantôt morales, tantôt matérielles, mais le plus souvent religieuses, n'avaient pas un caractère de politique universelle.

Les théories de Platon et d'Aristote avaient exclusive ment tendu à la constitution de la cité et à la définition des devoirs de ses membres envers la patrie et le gouvernement. Avec les autres cités, dont on admet l'existence, on ne conçoit que les rapports exigés par l'intérêt commercial ou par la politique. Aucune societas juris, aucune règle élective entre les cités diverses. Des amphictyonies pour les Grecs, mais pour les Grecs seulement. Quelques philosophes conune Zenon et Chrysippe soutinrent un certain cosmopolitisme qui n'avait rien de commun avec le djx>it international ; ils étaient communistes, et le communisme ne connaît pas de frontières ;

mais il n'y avait ni justice, ni sanction clans leur système.

Les stoïciens, plus idéalistes, s-urent s'élever à la notion de Tunilé du genre humain et ils eurent l'intuition de cet ordre universel auquel une sanction est nécessaire pour n'être pas un vain mot. La formule classique de Térence: <' Homo sum et nihil humanum a me alienum pulo », a été détoiuTiée de la signification qu'indique vson contexte. N'y insistons pas. Mais on peut invoquer une formule de Marc Aurèle qui est autrement significative: « Totum hoc qiio conlinemur, unwn est et Deus et socii sumws ejus et membra, » C'est comme l'affirmation d'une nouvelle trinilé qui associerait, sous une fonne unique, la paternité de Dieu, ou plus exactement la maternité de la nature ^ avec la filiation commune de l'humanité et l'universalité de la matière. Mais ce postulat reste purement philosophique et ses conséquences politiques sont à peine entrevues. C'est la vision globale du tout (totum quo conline' mur) sans aucune définition des rapports de droit qui coexistent entre ses parties, et sans aucun pressentiment des sanctions humaines auxquelles ces rapports doivent être subordonnés.

Newton eût l'idée de la gravitation universelle en voyant tomber une pomme. Il semble que ceux qui, depuis si longtemps, voyaient tomber les grandes monarchies de l'antiquité et méditaient l'histoire de leur chute, auraient dû découvrir dans ces événements non seulement le secret des lois de la pesanteur appliquées aux empires, mais aussi le secret de l'interdépendance des peuples. Il n'en a rien été. Après avoir vu s'écrouler l'œuvre éphémère de la force brutale, on n'aspirait qu'à

Page 1