I. Bryco, American cnmmomreaith, t. I, p
AU BÉOIMB FÉDÉBATIF
avaient été les plus violentes, qui prirent riniliative d'une modification de leurs constitutions particulières en vue de se refuser à eux-mêmes le droit de sécession \ Cette unanimité de tous les Etats à nier aujourd'hui le droit de sécession est d'autant plus remarquable que, dans la première moitié du XIX" siècle, certains Etats avaient été tout près de revendiquer leur autonomie, soit en affirmant leur indépendance dans des déclarations théoriques, soit en refusant d'obéir à des lois de l'Union.
En 1798, l'Etat de Kentucky avait formulé des rés-^olutions aux termes desquelles le gouvernement fédéral n'était pas et ne pouvait être juge de l'étendue des pouvoirs que lui avaient conférés les Etats de l'Union. La même année, l'Iîltat de Virginie émettait l'avis que les Etats de l'Union pouvaient s'opposer à la mise à exécution des lois fédérales qui leur paraîtraient inconstitutionnelles. Et cependant il était constant, dès cette époque, que le pouvoir judiciaire seul pouvait apprécier le caractère constitutionnel d'un texte législatif. En 1814, des délégués du Connecticut, du MassachiL<«ets et de Rhode-Island, réunis en comité à Hartford, réitéraient la môme doctrine. De 1828 à 1830, l'Etat de Géorgie tint tête à la confédération pour empêcher l'application des textes votés en faveur des Indiens. Flnfin, en 1832, la Caroline du Sud voulut s'opposer à l'application des droits votés par le Congrès, et fut sur le point de résister par la force.
Dans aucun de ces cas, l'esprit de sécession n'aboutit, comme en 1861, à une guerre ; mais la multiplicité de ces protestations contre tel ou tel acte de la confé-
■itO