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V. lacustris

Difflugia mammillaris Penard.

D. mammillaris. Penard, Arch. Sci. Phys. nat., 3« pér. , t. 29, 1893, p. 177. Rev suisse de ZooL, t. 7, 1899, p. 37. Faune rhizopodique, 1902, p. 255.

Coque petite, claire, incolore, ovoïde ou parfois vaguement pyriforme, un peu comprimée sur une de ses faces (à coupe transversale elliptique et dans la règle un peu irrégulière), inégale en général dans son contour; brusquement tronquée en avant en une ouverture buccale arrondie, que les écailles du

péristome échancrent de faibles dentelures, et prolongée en

arrière d'un mamelon arrondi. Cette coque est formée d'une

matière chitinoïde hvaline dans la-

quelle sont empâtées des écailles

amorphes, irrégulières, arrondies sur

leurs angles, et qui paraissent être un (l'fo'-Vî-j'.R,';;;.^ >f''^° *îl

produit de nature endogène plutôt

c[ue d'origine étrangère. Plasma ne

remplissant pas la coque. Pseudo-

1 TT ' • 1 Difflusia mammillaris .

podes normaux, une vésicule contractile, généralement près du noyau. Noyau sphérique, à nucléole central unique, volumineux.

Longueur moyenne, 90 à 110 ju.

Habitat. Lac Léman, Genève, à 30-40 mètres de profondeur. Lacs de Neuchâtel (40 mètres), Zoug (40 mètres), Lucerne (30-40 mètres), Thoune (40-100 mètres), Brienz (40-60 mètres). Constance (30-40 mètres).

Cette petite espèce est toujours assez rare, sporadique un peu partout dans le Léman et sans doute dans tous les autres lacs de la Suisse. Elle est bien caractéristique, et l'on ne saurait trop k quel autre type la comparer; on pourrait la considérer comme dérivée de la Diff, lanceolata Penard, laquelle est assez variable et montre parfois un indice de mamelon en arrière ; mais le noyau, dont la texture m'avait échappé jusqu'ici mais s'est montrée évidente cette année, est d'un type tout différent, et éloigne d'assez loin ces deux organismes.

Difflugia scalpellum Peî^ard.

D. scalpellum. Penard. Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 38. Faune rhizopodique, 1902, p. 243.

Coque grande, très allongée, tubuleuse, non comprimée, droite avec courbures latérales un peu inégales et parfois sinueuses; longuement atténuée en arrière pour finir en une

SARCODINKS

pointe acérée quelquefois légèrement rejetée sur le côté ; brusquement tronquée en avant pour s'ouvrir en une bouche large, arrondie, et dont le diamètre est celui de la coque tout entière, rarement même un peu évasée, ou au contraire légèrement resserrée. Cette coquille est très claire et transparente, formée d'une matière chitinoïde hyaline partout recouverte d'écaillés minces, plates, grandes, et très inégales entre elles. Plasma clair, ne remplissant qu'une partie de l'enveloppe et plein de petits grains amylacés brillants. Pseudopodes droits, normaux, très rarement déployés. Noyau relativement peu volumineux, sphérique, à gros nucléole central, entouré d'une marge étroite de suc nucléaire.

Longueur moyenne 250 a, mais assez variable suivant la localité, et pouvant mesurer de 220 à 300 ^.

Habitat. Lac Léman, Genève, dans la profondeur (30 à 50 mètres) ; lac de Thoune (40 à 100 mètres).

Difflugia scal pellum.

Cette belle espèce, qui à première vue semble se rapprocher de la Diff. acuminata, s'en éloigne en réalité d'une longue distance ; elle s'en distingue par la structure tout autre de son enveloppe, par l'absence de corne terminale, remplacée ici par un simple étirement de la coquille qui finit en pointe acérée, ainsi que par son noyau d'un type radicalement différent.

Difflugia praestans spec. nova.

Coque très grande, légèrement jaunâtre (paraissant noirâtre à un faible grossissement), longue, droite, tubuleuse-renflée, non comprimée (à section transversale ronde), arrondie en ar-

rière puis acuminée en une pointe très acérée, ou plus rarement en deux pointes courtes ; tronquée en avant en une large bouche terminale à contour arrondi. Cette coque est formée de parcelles siliceuses et d'écaillés très petites, qui rangées sur plusieurs épaisseurs forment une sorte de feutrage piqueté de points bruns ; ces parcelles deviennent plus ténues encore sur la pointe postérieure, qu'elles accompagnent jusqu'à son extrémité. Plasma ne remplissant pas la coque, plein de grains brillants amylacés, puis en outre normalement bourré de poussières jaunâtres d'une ténuité extraordinaire, qui pendant la marche pénètrent jusque dans les pseudopodes ; ces derniers sont longs, peu nombreux, d'un gris jaunâtre. Noyau sphérique, renfermant un très gros nucléole arrondi central, homogène en apparence.

Longueur moyenne 375 u (minimum 350 y., maximum 420 (x).

Habitat. Lac Léman, Genève, devant Montalègre, ])ar 20 à 25 mètres de fond.

Difflugia piiestans.

Cette espèce très belle, une des plus volumineuses parmi les Sarcodinés d'eau douce, est aujourd'hui décrite pour la première fois ; il parait étonnant qu'elle n'ait pas été signalée plus tôt, étant donnée sa taille exceptionnelle, qui la montre bien vite sous la loupe et même à l'œil nu. Mais le fait s'explique aisément si j'ajoute qu'elle n'a été rencontrée jusqu'ici que dans une région du lac assez restreinte, devant Montalègre à 3 kilomètres de Genève, par 20-25 mètres de profondeur, et cela sur certains points seulement de cette région môme ^

* La répartition des organismes de fond est souvent assez singulière ; c'est ainsi que le 4 septembre, une récolte dans la région indiquée ci-dessus me permit d'examiner environ 60 exemplaires de D. prsestans, et pas un seul de D. pyriformis XAT. claviforinis ; le 6 septembre, par contre, dans une seconde

SARCODINES

A première vue, on croirait en la rencontrant avoir affaire à une variété géante de la D. aciiminata ; mais on ne tarde pas à constater des différences nettement caractéristiques : l'enveloppe représente ici une sorte de feutrage de petites particules siliceuses ; elle est tenace, difficile à briser, quelque peu élastique; sa pointe, toujours très fine et acérée, n'est jamais tubuleuse ; son noyau est d'un type spécial, analogue à celui de la D. scalpellum, dont cette espèce se rapprocherait de bien plus près, tout en en difierant absolument par les caractères mêmes qui viennent d'être indiqués.

Difflugia amphora Leidy, var.

Coque grande, ovoïde-allongée, bosselée, large surtout en son milieu ou bien aussi au niveau de son tiers antérieur, plus ou moins étirée en arrière en prenant ainsi l'apparence d'une fraise longue et pointue. Elle est faite de petites pierres plutôt aplaties, serrées, unies par un ciment clair, faiblement jaunâtre ; à la bouche, l'enveloppe, surtout chitinoïde, se resserre, puis s'invagine d'abord en formant une sorte de rainure peu profonde, pour se développer de nouveau à l'extérieur en un rebord, ou collerette très courte, à contours quelque peu sinueux, cir(^onscrivant une ouverture buccale irrégulièrement arrondie, ou bien vaguement lobée dans son contour. Plasma montrant une ou plusieurs vésicules contractiles, puis un noyau volumineux, sphérique, et qui renferme un grand nombre de petits nucléoles globuleux

Difflugia amphora.

récolte faite sur un point qui ne pouvait être éloigné du premier de plus de 200 mètres, je comptai jusqu'au chiffre de 60 exemplaires de D. pyriformis var. claviformis sans rencontrer une D. praestans ; les rôles étaient renversés. Sur d'autres points cependant je les ai trouvées de compagnie, mais l'une primant lautre.

noyés dans une masse poussiéreuse de suc nucléaire. Pseudopodes normaux, relativement étroits et allongés.

Longueur moyenne, 250 à 300 (i.

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur et rivages.

Leidy, après avoir décrit en 1874 sous le nom de D. amphora un rhizopode qui me semble devoir être rapporté à la D. amphora telle que de mon côté je Lai présentée en 1902, Ta plus tard, et alors bien à tort, considéré comme identique à la D. urceolata de Carter. En réalité ces deux espèces sont très nettement distinctes ; la forme et la structure de l'enveloppe, l'ouverture buccale, la collerette, sont dans chacune d'un type absolument différent; le noyau est dans la D. amphora toujours unique, et cette dernière espèce se voit presque régulièrement remplie de zoochlorelles, tandis que la D. urceolata toujours plurinucléée, est essentiellement réfractaire à la symbiose.

L'organisme qui nous occupe aujourd'hui se rapporte nettement à la D. amphora, et n'a guère même le droit d'être envisagé comme une variété spéciale ; mais il représente une forme, qui dans la profondeur est probablement en voie de fixation. La D. amphora typique est ovoïde, arrondie en arrière, et pourvue d'une collerette bien nette dont l'ouverture est taillée de lobes, mal dessinés il est vrai ; ici nous avons une difflugie beaucoup plus grande et plus allongée, plus tourmentée dans son contour, et rappelant dans son apparence générale cet te variété bien connue de fraise, conique et allongée, que l'on cultive dans les jardins; la collerette est mal dessinée, et l'ouverture buccale se montre vaguement arrondie plutôt que lobée. Il importe cependant de constater, d'une part que dans la plaine la D. amphora est sujette à d'assez fortes déformations, d'autre part que notre forme lacustre est très variable aussi, et quelquefois ne se distingue guère du type. Il n'en est pas moins vrai qu'il existe, de la plaine au rivage et du rivage à la profondeur, une série de transitions qui conduisent à la forme grande, pointue et irrégulière qui vient d'être décrite, forme probablement en train de se fixer, et qui par là mérite notre attention.

Une série de mensurations au micromètre m'ont donné, sur

SARCODINES

des individus pris au hasard d'abord dans la plaine, puis à la Pointe à la Bise sur le rivage du lac, et enfin aux profondeurs de 15 à 25 mètres, les résultats suivants :

Plaine, longueur moyenne de 12 individus 188 /x (min. 165, max. 221).

Pointe à la Bise, longueur moyenne de 11 individus 205 ^ (min. 198, max. 236).

Profondeur, longueur moyenne de 14 individus, 256 ^ (min. 242, max. 348).

Dans une autre série de mensurations, 7 individus pris à 25 mètres de profondeur, n'ont donné une moyenne de 279 ^, et 2 pris à 35-40 mètres, de 348 /jt. Quelle que soit la valeur que Ton puisse attacher à l'appréciation de cette difflugie en tant que forme plus ou moins spéciale, il est intéressant en tout cas de constater que certainement la taille augmente de la plaine à la profondeur, et que, parallèlement à la taille, la forme tend à se modifier progressivement.

Difflugia hydrostatica Zach arias.

/>. urceolata var. helvetica. Heuscher, Jalirb. S^-Gall. Nat. Gesellsch., 1885-6.

D. hydrostatica. Zachakias, Forsctiuiigsber. Plôn, Theil V, p. 3, 1897.

D. cyclotellina. Garbini, Atti del R. Ist. Venelo, t. 9, sér. III, p. 5, 1897-8.

Id. Zool. Anz., Bd. 21, no 575, p. 667.

D. hydrostatica. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, p. 103, 1899.

Coque ovoïde ou subsphérique, non comprimée, légèrement jaunâtre, chitinoïde, recouverte soit de paillettes siliceuses très minces, soit surtout de petits disques, lesquels représentent une Diatomée (Cyclotella). A la partie antérieure, cette coque est très faiblement étirée, pour former une bordure ou collerette extrêmement courte, souvent à peine distincte, et s'ouvrir en une bouche ronde ou pourvue de quelques indentations peu précises et

Difflugia hydrosta tica.

peu régulières.

Longueur très variable, 70 à 100 [x en général.

Habitat. Lac de Zurich, Brienz (Heusgher) ; lac de Côme. lac Majeur Garbini); lacs de Neuchàtel, Morat, Zoug, Zurich, Lucerne, Thoiine, Brienz, Constance (Penard). Lac de Pion (Zac H arias), etc.

Difflugia hydrostatica Zach., var. lithophila Penard.

Z>. hydrost. var. lithophila. Penard, Faune rhizopodique, 1902, p. 274.

Coque analogue à celle de Fespèce type, couverte, non plus de cyclotelles ou de particules très légères, mais de parcelles de limon, plates et minces, mais trop lourdes encore pour permettre à la coquille de flotter. Plasma et pseudopodes normaux. Noyau sphérique, à membrane fine, renfermant un gros nucléole rond, grisâtre, séparé de la membrane nucléaire par une marge étroite et claire.

Longueur, 100 à 140 fx.

Habitat. Lac Léman, Genève, rivage et profondeur.

Heuscher a mentionné en 1885, sous le nom de Diff. iirceolata var. helvetica, une difflugie qu'il avait récoltée en immenses quantités dans la Limmat, puis dans le lac de Zurich, et qui plus lard fut retrouvée, mais sous une forme un peu différente, par Zacharias dans le lac de Pion, et décrite alors sous le nom de D. hydrostatica. Cette difïlugie est remarquable par le fait qu'on la trouve normalement pélagique, flottante avec les autres organismes du plancton. Elle existe dans tous les grands lacs suisses en général \ mais avec quelques

* La plupart des auteurs l'ont recueillie dans leurs pèches pélagiques ; quant à moi, n'ayant étudié que la profondeur, c'est dans le limon du fond que je l'ai toujours récoltée ; elle n'est donc pas exclusivement pélagique, mais monte ou descend suivant le cas ou peut-être la saison.

30 SARGODINÉS

variantes, soit dans sa forme plus ou moins arrondie ou ovoïde, soit dans les proportions plus ou moins fortes des cyclotelles, qui peuvent la revêtir tout entière d'un manteau serré, ou au contraire être remplacées, en partie ou même en totalité (lac de Thoune), par des particules minces et amorphes. En 1899 je signalais le fait, assez paradoxal en lui-même, que, partout commune, elle paraissait cependant manquer au Léman, le plus étudié de tous ces lacs ; mais en 1902 je retrouvais, en très petit nombre, soit dans la profondeur, soit sur les rivages aux environs de Genève, une difflugie qui ne pouvait être autre chose que la D. hydrostatica, mais revêtue entièrement de petites pierres plates. Cette forme, à laquelle j'avais appliqué le nom de D. hydr. var. lithophila, n'était alors plus pélagique, incapable probablement de flotter en raison du poids trop considérable de son enveloppe. Cette année, je l'ai retrouvée encore, mais représentée par un seul exemplaire, péché à 20 mètres de profondeur, de 88// de longueur, de forme typique mais prolongé en arrière d'une couronne de cinq cornes courtes ; la coquille était revêtue de très petites pierres brillantes.

Dans l'espèce type, le noyau n'a pas été étudié dans sa structure, et Zacharias l'indique simplement comme rond ; dans la forme du Léman, j'ai pu l'examiner sur quelques individus. Il serait à désirer qu'on s'assurât de sa structure dans l'espèce de Zacharias, qui ne semble pas correspondre exactement à celle du Léman, ni même des autres lacs suisses. Elle est plus petite (70-75 ^), et relativement plus allongée; l'ouverture buccale, qui m'a toujours paru ronde et unie en Suisse, est donnée par Zacharias comme garnie d'indentations.

En 1898, Zacharias^ retrouvait la D. hydrostatica dans diff'érents bassins d'eau claire (étangs à truites de Sandfort, carpières de Gôllschauer, étang près de Breslau et Bàrensee près Stuttgart), mais sous une forme plus grande, de 100 à 120 fx. de longueur. En 1902, Max Voigt^ constatait la présence de cette

* Forschungsber. , Pion, Th. VI, p. 104. « Ibid., Th. IX, p. 80.

espèce dans quelques lacs de la Poméranie (Dùpensee, 6 et 20 m. de profondeur, puis surface; Damerowsee). La Z). hydrostalica semble du reste avoir été retrouvée ces derniers temps dans diverses localités, notamment aux Etats-Unis ; elle est sans doute très répandue dans les lacs grands ou petits, et dans les bassins d'eau fréquemment renouvelée.

Difflugia lebes Penard.

Difflugia Blanc, Bull. Soc. Yaud. Sci. nat., vol. 20, 1884, p. 288.

Id FoREL, Nouv. mém. Soc. helv. sci, nat., vol. 29, 1885, p. 131.

D. urceolata. Blanc, Recueil inaug. Univ. Lausanne, 1892, p. 378. B. lebes. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 30. Faune rhizopodique, 1902, p. 270.

Coque très volumineuse, incolore ou jaunâtre, mince et fragile, composée de particules siliceuses grandes et plates, cimentées entre elles par une matière chitinoïde, parfois mêlées de pierres anguleuses. Elle est sphérique, cependant la plupart du temps faiblement étirée à sa partie antérieure, où se voit alors l'indication, toujours très peu nette, d'un commencement de collerette. Bouche ronde, très grande. Plasma grisâtre, pâle, granulé, montrant plusieurs vésicules contractiles de faible volume.

Pseudopodes grands et larges, droits, nombreux. Noyaux en très grand nombre (jusqu'à 100 et plus), petits (12 y. environ), renfermant chacun un nombre restreint de nucléoles généralement aplatis et étalés sous la membrane nucléaire.

Longueur 360 à 390 ^ en général, parfois 400 et plus ; largeur presque égale à la longueur.

Habitat. Léman, toujours dans la profondeur (Ouchy, Blanc;

Difflugia lebes.

32 SARCODINÉS

Morges, Forel ; Genève, Penard). Lacs de Neuchâtel, Zoiig, Lucerne (?), Thoune (?), Constance (?).

J'ai pendant assez longtemps, jusqu'en 1899, considéré cette espèce comme une simple variété de la Diff. urceolata^ \ c'est du reste sous cette dernière dénomination que Blaxc et Forel l'ont plusieurs fois mentionnée ; ces deux auteurs croient cependant y reconnaître des caractères particuliers, et Forel dit à ce sujet : « Nous trouvons en nomljre immense dans la vase « du lac devant Morges, la coquille sphérique d'une difflugie « de grande taille, de 400 u de diamètre. D'après A. Grurer, « ce serait une espèce nouvelle. Ni Du Plessis, ni Blanc, ni « moi-même n'avons réussi à voir l'animal vivant. » Cette espèce est en effet d'une timidité extraordinaire, et ce n'est que cette année, en octobre, que j'ai pu lui voir déployer ses pseudopodes, identiques du reste à ceux de la D. urceolala.

La D. lebes représente peut-être (à part quelques Gromies, qui sont d'ailleurs des Foraminifères), le plus grand des sarcodinés d'eau douce testacés (\v\e l'on connaisse ; non pas en longueur, car la D. prœstans et la D. pyriformis var. claviformis la dépassent, mais en volume, et cela grâce à sa forme sphérique. Le diamètre moyen de 19 individus trouvés à 35-40 mètres de profondeur s'est montré de 367 ^, avec un minimum de 340 ^ et un maximum de 407 \i.. Mais plus près du bord, à 20 mètres, et même sur le rivage, on trouve l'espèce représentée par une forme plus petite, bien que typique et se distinguant encore nette-

' La Diff. lebes n'est pas sans avoir donné lieu à quelques confusions. En 1893, en effet, je décrivais une D. urceolata var. lehes, pour un organisme trouvé au marais de Rouelbeau, et qui, je m'en suis assuré plus tard, n'était en somme qu'une D. urceolata d'un type un peu spécial, mais ne méritait guère le titre de variété. Trouvant plus tard, en 1899, et au fond du Léman, la difflugie qui aujourd hui est la vraie D. lehes, je l'assimilai, à tort, à la forme de Rouelbeau, et alors, constatant qu'entre la D. urceolata de Carter et l'organisme du Léman il existait en somme des différences bien nettement tranchées, j'élevais la var, lebes au rang d'espèce, englobant avec cette dernière la forme de Rouelbeau. Ce n'est qu'en 1902 que, séparant nettement les deux formes, celle du lac et celle du marais, je ne considérai plus sous le nom de lebes que la difflugie du fond du Léman.

ment de la D. iirceolala qui peut également halîiter les mêmes parages (Pointe à la Bise).

Difflugia elongata spec. nova.

D. lehes var. elongata. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 34. Faune rhizopodique, 1902, p. 272.

Coque analogue à celle de l'espèce précédente, et n'en dift'érant en rien dans sa structure, mais urcéolée, fortement allongée, parfois légèrement étranglée en avant, ouverte sur son diamètre entier en une bouche très large, dont le bord représente une collerette forte et étalée au dehors.

Longueur moyenne, 370 à 410 fx.

Habitat. Léman, Genève, dans la profondeur ; Ouchy (Blanc 1892, D. iirceolata^ forme allongée).

Cette difflugie, très voisine de la D. lehes, tantôt plus rare tantôt moins, tantôt seule, tantôt mêlée à cette dernière, se trouve parfois abondante, à partir de 20 m. de profondeur. La plupart du temps, en toute saison et, chose curieuse, bien plus souvent que la D. lehes, elle fournit un grand nombre d'individus enkystés; le kyste est alors sphérique, et revêtu d'une enveloppe propre membraneuse, souple et tenace, colorable par le carmin ; à l'intérieur de ce kyste, les noyaux renfermés dans le plasma semblent se résorber peu à peu ; on n'en voit bientôt qu'un petit nombre, et le carmin finit par ne montrer qu'une seule tache rouge. Le kyste reste logé dans la coquille, protégé par un diaphragme chitinoïde, noirâtre, qui ferme l'enveloppe en arrière de son ouverture, et qui lui-même se voit presque toujours recouvert d'un épais tampon de débris de toute sorte.

En 1899, comme encore en 1902, je considérais cet organisme

SAHCODINES

comme une simple variélé de la Diff. lebes ; c'était alors la var. elongata. Ces deux formes sont en effet si voisines l'une de l'autre qu'il peut paraître inutile de les séparer comme espèces

distinctes ; mais mes études récentes m'ont amené à des conclusions qui m'obligent à les considérer comme deux types de même valeur systématique, et dont par conséquent l'une ne pourra pas représenter une variété de l'autre.

Nous avons là, j'en suis persuadé, deux formes, dérivées chacune, par des chemins différents, d'une seule et même espèce, qui est la D. urceolata de la plaine. Elles s'en distinguent toutes deux par un volume beaucoup plus considérable * ; mais alors, tandis que l'une, tout en restant sphérique, s'écartait de la souche en perdant toujours plus la collerette caractérisli(|ue, qui finissait par disparaître tout à fait, l'autre gardait la collerette et en même temps s'allongeait fortement. Toutes deux n'ont si l'on veut droit qu'au titre de variété, mais, en regard de la D. urceolata typique, ces variétés sont de même valeur; elles sont sœurs, et non pas fille et mère, et si l'une d'elles, la D. lebes, a été élevée au rang d'espèce, l'autre doit l'être aussi.

Difflugia elongata.

' Les dimensions indiquées par les auteurs pour la D. urceolata, comme du reste pour toutes les difflugies, ne donnent souvent pas une idée exacte de la réalité. C'est ainsi que Leidy indique pour cette espèce une longueur maximale de 440 fA, qui correspondrait à celle de la D. lehes et même la dépasserait, bien que cette dernière ne soit représentée par aucune des figures de l'auteur américain. C'est que Leidy a énormément vu, et dans ses mensurations il a toujours tenu compte des cas extrêmes, des individus exceptionnels comme on en rencontre de temps à autre. Pour la même raison, M"" Zuelzer, dans l'étude détaillée qu'elle a faite de la />. urceolata, (Arch. f. Protistenkunde, vol. 4, 1904, p. 240), fait varier cette espèce entre 200 et 400 j*. En réalité il est très rare de voir cette dilflugie dépasser 350 (*, et le chiffre de 300 ft se rapporte déjà à des exemplaires d assez forte taille. Il faut également observer que la D. urceolata se trouve parfois sous une forme allongée, et que certaines des figures de Leidy rappelleraient sous ce rapport la D. elongata.

Telle est la raison pour laquelle aujourd'hui j'ai cru devoir décrire comme espèce la D. elongata.

Pontigulasia bigibbosa Penard.

Difflugia pyriformis, var. \'as. s. v. bigibbosa Penard, Revue suisse de Zool.

Pontigulasia bigibbosa, Penard, Faune rhizopodique. 1902, p. 322.

^^yfm

Coque grande, formée de petites pierres anguleuses; pyriforme-arrondie, presque aussi large que longue, assez fortement comprimée sur ses côtés à section transversale elliptique) ; les deux faces larges peuvent alors être distinguées en : 1° face ventrale, creusée, au niveau du tiers antérieur de la coque, d'un arc rentrant et quel(|ue peu invaginé, lequel correspond à un diaphragme qui traverse l'enveloppe de part en part et comble [|\ en partie le vide interne, y formant un plancher bordé de deux fenêtres latérales (dont l'une peut être oblitérée) ; 2" une face dorsale plus ou moins arrondie et dépourvue d'échancrure. A sa partie antérieure l'enveloppe s'atténue rapidement en une sorte de col, et s'ouvre en une bouche relativement petite, elliptique-irrégulière dans son contour, parfois aussi ronde. Plasma et pseudopodes normaux. Noyau sphérique, renfermant de petits nucléoles ronds disséminés dans le {)lasma nucléaire.

Longueur 200 à 250 [m ; largeur presque égale à la longueur.

Habitat. Lac Léman, Genève, à 20, 30, 40 mètres de profondeur; lacs de Lucerne (40 mètres) et de Neuchâtel (40 mètres). Loch Ness, Ecosse, 90 et 240 mètres de profondeur.

Pontigulasia bigibbosa.

J'ai décrit en 1902, sous le nom de Pontigulasia spectabilis.

36 SARGODINÉS

un rhizopode qui correspond, au moins pour une part, à la Difflugia pyriformis var. vas de Leidy, et qu'il a fallu l'aire rentrer dans le genre Pontigulasia, créé par Rhumbler et caractérisé par l'existence d'une bride traversant la coque de part en part. Or la Pontigulasia bigibbosa paraît certainement dérivée de la P. spectabilis^ dont elle diffère par une taille bien supérieure, par la compression de sa coque, par sa largeur presque égale à sa longueur; c'est, si l'on veut, une variété, mais qui s'est si bien fixée au fond des lacs qu'elle mérite une dénomination spécifique particulière.

Sur les rivages, à la Pointe à la Bise, j'ai trouvé quelques spécimens référables à cette espèce, mais dont plusieurs, longs de 190 |ui, tenaient à la fois de la P. bigibbosa et de la P. spectabilis. J'ai également récolté une forme à peu près semblable dans un petit lac des Alpes, profond de deux ou trois mètres seulement (lac de Morgins, Valais, 1500 mètres d'altitude). Enfin la P. bigibbosa s'est montrée, bien nette mais peu volumineuse, dans le Loch Ness en Ecosse (récolte Scourfield, par 272 et 680 pieds anglais de profondeur).

Heleopera petricola Leidy, var. amethystea Penard.

H. petricola var. amethystea. Penakd, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 53. Faune rhizopodique, 1902, p. 384.

Coque ovale-allongée, à peine rétrécie à sa partie antérieure, arrondie en arrière, à bords latéraux presque droits ; elle est fortement comprimée, à section transversale lenticulaire, à« coupe sagittale fusiforme ; la partie antérieure est terminée par deux lèvres légèrement jaunâtres, séparées sur les côtés par une commissure échancrée, et circonscrivant une ouverture buccale en forme de fente elliptique. Cette coque est composée de plaques minces, grandes, qui chevauchent les unes sur les

Ileleopera petricola v. amethystea. — A droite, l'enveloppe vue de côté.

autres avec une imbrication irrégulière ; elle se fait également remarquer par sa teinte améthyste très claire et très pure, laquelle est due à une pellicule organique qui tapisse la paroi interne de la coquille. Plasma ne remplissant qu'une partie de l'enveloppe; une ou plusieurs vésicules contractiles, généralementen arrière près du noyau.

Pseudopodes habituellement nombreux, souvent laciniés en forme de bois de cerf. Noyau grand, rond, comprimé ?), à membrane fine et souple, et renfermant un plasma gris-bleuâtre rempli à son tour de nucléoles très petits. Longueur moyenne 125 à 150 ^a.

Habitat. Lac Léman, Genève, dans la profondeur ; lac de Constance. 30-40 mètres de profondeur.

Cette variété, qui semble bien fixée, diffère de V Heleopera petricola typique par une taille beaucoup plus forte, par sa couleur améthyste très claire et très pure, due probablement au manganèse, et par ses grandes écailles minces et imbriquées. Au Bois de la Bâtie, dans l'étang du réservoir alimenté par l'eau du lac, j'ai trouvé un jour un individu violacé, de 111 y. de longueur, qui marquait en quelque sorte un terme de passage entre le type et la var. amethysta, ou peut-être un retour vers la forme de la plaine.

Hyalosphenia cuneata Stein.

//. cuneata. Stein, Silzuiigsber. Bohin. Akad. Wiss., 1857. H. lata. F.-E. Schulze, Arch. f. mikr. Anal., Bd. 10, 1874.

//. cuneata. Pewrd, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 46. Faune rhizopodique, 1902, p. 333. Blanc, Bull. Soc. Vaud. Sci. nat., vol. 20, 1884, p. 288.

(]oque petite, obovale, fortement comprimée sur ses côtés (à section transversale sub-lenliculaire), mince, lisse, parfaite-

SAHCODINKS

Hyalosphenia cuneata. — A droite l'enveloppe vue par son côté étroit

ment incolore et transparente ; elle est arrondie en arrière en un demi-cercle parfait, et se resserre de là vers la partie antérieure par des bords latéraux qui font entre eux un angle assez prononcé, tronqué brusquement pour faire place à une bouche

terminale, à lèvre lisse, elliptique-allongée dans son contour.

Sur une vue sagittale, cette coque se montre légèrement resserrée à sa partie antérieure, et munie en arrière d'un renflement, lequel correspond à une arête courant sur les bords latéraux de l'enveloppe, et qui vient mourir un peu en arrière de la bouche. Plasma très pur, limpide, franc dans ses contours, ne remplissant qu'une partie de l'enveloppe, et prolongé le plus souvent en arrière d'épipodes renflés par-ci par-là en chapelet. Généralement un seul pseudopode, large et étalé, se répandant au dehors en ondes larges. Noyau rond, légèrement comprimé, renfermant, dans une masse cendrée de suc nucléaire, un nombre très restreint (2, 3, 4 ou 5, rarement plus) de nucléoles globuleux, très nets. Longueur 60-70 ^ en général.

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur et rivages; Ouchy, 70-120 mètres de profondeur(BLANc);lac de Zurich, 40-100 mètres de profondeur.

Cette jolie espèce, toujours rare et sporadique, n'est pas nécessairement lacustre ; elle semble cependant avoir toujours été trouvée dans l'eau pure et claire, et doit en tous cas figurer dans la liste des rhizopodes caractéristiques des grands lacs. Je ne l'ai jamais récoltée dans la plaine, sauf au Réservoir du Bois de la Bâtie, dont l'eau provient du lac. Blanc l'a trouvée également dans le Léman. Leidy ne l'a observée que dans une seule localité, où elle était rare, une source avec cresson d'eau, c'est-à-dire sans doute très pure, près de Philadelphie. Schulze

DES GKANDS LACS

Ta rencontrée en abondance dans un bassin d'eau claire, près de Berlin (et Ta décrite comme nouvelle, sous le nom de Hyal. lato).

Hyalosphenia punctata Penvrd.

//. punctata. Penard, Arch. Sci. Phys. Nat., 3« pér., t. 26, 1891, p. 139; Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 48. Faune rhizopodique, 1902, p. 341.

Coque d'une teinte très pure, presque incolore ou d'un jaune chamois devenant brunâtre avec le temps, très mince et souple auprès de la bouche, plus forte en arrière, striée dans son épaisseur, composée de milliers d'écaillés rondes extrêmement petites, serrées les unes à côté des autres dans un ordre régulier, cimentées par un vernis organique abondant qui rend l'enveloppe lisse et polie à sa surface. Elle est environ deux fois aussi longue que large, arrondie et renflée en arrière, et sescôlés vont

en rétrécissant très peu Hyalosphenia punctata. — A droite, l'eiivela largeur de l'enve- loppe vue de côté; en bas, fond de l'enve-

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