‹ Les sarcodinés des Grands LacsChapitre 7 sur 13 · loppe, avec ses écailles · texte numérisé non relu

loppe, avec ses écailles

loppe se terminer brus- ^^

quement en une bouche fendue, à lèvres souples et extraordinairement minces, susceptible de se fermer entièrement ou au contraire de s'ouvrir largement suivant le cas. Au niveau du tiers postérieur de l'enveloppe, une section transversale donne un ovale parfait, ovale qui devient une ellipse d'autant plus allongée que la section se rapproche de la bouche ; la coupe sagittale est linguiforme, arrondie en arrière, pointue et lacérée en avant. Plasma n'occupant qu'une moitié à peine de l'espace

40 SARCODINÉS

interne, clair et pur, avec grains ])rillants incolores, et ne contenant, comme nourriture figurée, que des boulettes de diatomine, accumulées en avant du noyau. Normalement un seul pseudopode, très large, laminaire, à plasma coulant. Noyau globuleux, renfermant un nucléole central volumineux, rond, d'un bleu tendre, ponctué. Généralement deux ou trois vésicules contractiles, près du noyau et à la partie antérieure du plasma.

Longueur extrêmement variable, 55 à 90 ^ suivant l'âge de l'individu ; le plus souvent 70 à 80 ^.

Habitat. Lac Léman, Genève, dans la profondeur. Lac de Lucerne (30-40 mètres); lac de Thoune (40-100 mètres).

Cet organisme très curieux, et sur la physiologie duquel j'ai donné ailleurs (36) des détails circonstanciés, est un des rliizopodes les plus caractéristiques du Léman. Je l'ai cependant retrouvé sur le rivage, puis au marais de Rouelbeau, mais représenté dans chacune de ces stations par un seul individu, de taille très inférieure au type (35 et 40^) ; au marais de Gaillard, qui n'est guère qu'une dépendance de l'Arve, rivière qui ellemême se jette dans le Rhône à 2 kilomètres de Genève, j'en ai également récolté quelques exemplaires, de taille très faible aussi (41 ij).

J'ai constaté cette année qu'il devait dans cette espèce y avoir, entourant la membrane à écailles, un revêtement externe, sorte de vernis chitineux et parfaitement lisse ; cinq essais différents m'ont également montré que les petites plaques ou écailles caractéristiques, résistantes et solides, et sur la nature desquelles je n'étais pas encore fixé, sont immédiatement dissoutes dans l'acide sulfurique bouillant.

Nebela vitrœa Penard.

N. vitrsea. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 43. Faune rhizopodique, 1902, p. 372.

Coque grande, hyaline ou jaune citron très clair, ovale mais avec des contours généralement inégaux et parfois bosselés.

comprimée sur ses côtés, de manière à donner une section transversale elliptique-allongée ; formée d'écaillés plates, minces, irréo-ulières et souvent

anguleuses, se touchant KAiiï ,i,. sk

lâchement par leurs bords et souvent consolidées par des plaques plus petites, à cheval sur les angles de jonction des premières.

Fond de la coque large

et arrondi. Bouche ter- Nebela s'itrœa. — A droite, l'enveloppe vue de

minale, dépourvue de ^^^^'

collerette, d'ouverture plutôt faible, elliptique dans son contour, rendue dentée par les écailles, généralement fortes, qui la bordent. Plasma grisâtre, ne remplissant pas la coquille entière ; généralement deux vésicules contractiles, l'une près du noyau, l'autre au voisinage de la bouche. Pseudopodes larges, coulants, très actifs, renfermant généralement dans leur intérieur de petites particules qui, venant du corps, circulent entraînées par les courants internes. Noyau sphérique, à membrane nette limitant un plasma nucléaire cendré, dans lequel se voient un grand nombre de granulations pâles qui représentent les nucléoles, et qui dans la règle sont groupées en îlots ou en traînées dans le plasma nucléaire.

Longueur variable, de 155 à 231 a, le plus souvent de 170 à 200 p..

Habitat. Lac Léman, Genève, dans la profondeur. Loch Ness, Ecosse, 100-130 mètres de profondeur (petite variété).

Cette espèce présente certaines analogies avec la Nebela creniilata, caractéristique des tourbières. Elle en diffère par une taille beaucoup plus volumineuse (A^. creniil. 66 à 90 fjt, 111 u. dans une seule localité)^ par la teinte jaune citron qu'elle tend à revêtir, par ses grandes écailles plates et anguleuses, consolidées par des écailles plus petites, par une largeur relative

42 SARCODINÉS

moindre et par des contours beaucoup plus irréguliers. Il semble pourtant qu'il faille l'aire remonter l'origine de la A^. vitrœa h la N. crenulata, laquelle se serait fortement modifiée en descendant dans les grands lacs.

J'ai retrouvé celte espèce au marais de Gaillard, lequel est en commimication, très indirecte il est vrai, avec le lac par l'intermédiaire de l'Arve et du Rhône ; mais elle n'y était représentée que par quatre individus, mesurant respec-tivemenl 66, 77, 115 et 115 a. De plus, j'ai rapporté un jour d'un marécage (marais de Mategnin) un unique spécimen, de taille également très faible, que j'ai cru d'abord devoir assimiler à cette espèce, mais (jui aujourd'hui me semble n'avoir été qu'une Neb. crenulata. Dans aucune des autres localités où j'ai fait des recherches, et qui sont au nombre de plus de 60, je n'ai pu rencontrer de rhizopode que l'on pût rapporter à la Neb. vitrœa. Par contre dans le Loch Ness en Ecosse (récolte Scourfield), par 300-400 pieds anglais de profondeur, la Neb. vitrsea s'est revue, pas très rare, encore bien reconnaissable, mais plus petite, et plus régulière de forme que le type du Léman. (]hose curieuse, dans ce même Loch Ness tout entouré de tourbières, on trouvait également, mêlée à cette dernière espèce, la Neb. crenulata, laquelle provenait sans doute, au même titre que la plupart des sarcodinés rencontrés dans cette station, des sphagnuni qui bordent le lac. Les deux organismes se présentaient alors plutôt comme deux variétés d'une seule et même espèce.

Quadrula irregularis Archer, var. globulosa Penard.

Quad. irregularis i. p. Archer, Quart. Journ. Mie. Sci.. new ser., vol. 17, 1877. Q. globulosa. Penard, Arch. Sci. Pliys. nat., 3^ pér., l. 26, 1891, p. 141. Faune

rhizopodique, 1902, p. 380.

Q. irreg. var. globulosa. Penard, Arch. f Prolistenk., vol. 2, 1903, p. 263. Q. suhglobosa. Lagerhelm, Gcol. Foreii. Forhandl., n» 209, Bd. 23, 1902, p. 516.

Coque petite, hyaline, subsphérique, en général un peu comprimée (à section transversale elliptique); elle est composée

de plaques carrées, minces, disposées, mais sans grande régiilarilé, de manière à former des séries de bandes transversales et lon2:itiidinales se coii-

Quadrilla irresularis v. glohiilo.sa. — A droite, l'enveloppe vue d'en haut.

pant à angle droit. Ces plaques, de nature calcaire, reposent sur une pellicule interne très fine et incolore, chilineuse. Bouche arrondie ou elliptique dans son contour, dépourvue de collerette, à ouverture égalant le tiers ou la moitié du diamètre de la coque. Plasma et pseudopodes conformes à ceux du genre. Noyau sphérique, à grand nucléole central.

Longueur, 30 à 40 [x; largeur presque égale, plus souvent léo^èrement inférieure à la lonarueur.

Habitat. Lac Léman, profondeur et rivage. Lacs de Lucerne et de Constance, profondeur.

Cet organisme a été décrit en 1891 sous le nom de Quad. globulosa ; ce n'est que plus tard, en 1893, que, rencontrant dans les marais une forme analogue mais très fortement comprimée, je décrivis cette dernière comme Quad. discoïdes. Or il se trouva, et je n'en eus connaissance qu'en 1902, que Archer avait, en 1877 déjà, donné le nom de Quad. irregularis à une Quadrula ronde, plus ou moins comprimée, et qui correspondrait, en partie au moins, à ma Quad. discoides. Plus tard, en 1891, Cash avait à son tour décrit une forme à peu près identique comme Quad. monensis. Lagerheim enfin, en 1902, fit une Quad. subgLobosa, laquelle concorderait assez bien avec ma Quad. globulosa de 1891. Mais des recherches ultérieures m'ont amené à la conclusion qu'en réalité tout cela ne fait qu'une espèce, la Quad. irregularis de Archer, première en date, dont on peut séparer, à titre de variétés, une forme très fortement aplatie, qui serait la var. discoides, et une autre presque sphérique, la var. globulosa {Quad. subglobosa de Lager-

SARCODINES

heim). Celte var, globulosa est alors notre forme du Léman, pas très nette peut-être et reliée par des transitions avec des formes plus comprimées, mais en tout cas caractéristique pour notre lac, où, si j'ai bien observé, elle devient d'autant plus sphérique qu'elle descend plus bas. Elle présente également une taille légèrement supérieure à la Quad. irregularis ivpii^ue.

Cyphoderia ampulla Ehrbg., var. major Penard.

Cyph. margaritacea var. major. Penard, Mém. Soc. Phys., Genève, t. 31, 11° 2, 1890, p. 175. — Arch. Sci. Phys. nat., 3^ pér., t. 26, 1891, p. 146. Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 61. Faune rhizopodique, 1902, p. 475.

Coque en forme de bouteille ou d'ampoule, recourbée en forme de cornue à sa partie antérieure, jaunâtre ou brune, composée de très petits disques siliceux ronds, se touchant par leurs bords, solidement soudés les uns aux autres sur leurs points de contact; disposés en un ordre très régulier, et dessinant alors à la surface de l'enveloppe une infinité de petits alvéoles hexagonaux ; ces disques reposent sur une pellicule interne jaunâtre, chitineuse. Cette coque est forte, robuste, plus large vers son milieu, s'arrondissant de là en arrière, où elle se termine par un fond en dôme généralement peu régulier, parfois même repoussé à son sommet. En avant la coque se rétrécit, puis se recourbe d'un côté pour s'ouvrir en une bouche ronde, petite, dont le plan correspond à une face qu'on peut appeler ventrale, par opposition à une face dorsale plus renflée. Plasma grisâtre, plein de grains de différente nature, et souvent, à sa partie antérieure, de gros cristaux

Cyphoderia ampulla V. major.

à arêtes arrondies. Pseudopodes filiformes, vigoureux, très longs, droits, rarement ramifiés. Noyau sphérique, très volumineux (jusqu'à65|t/ de diamètre), renfermant, sous une membrane nucléaire bien nette, un plasma d'un gris mat, criblé de myriades de grains brillants extrêmement ténus, et dans lequel sont disséminés par-ci par-là des nucléoles très petits, arrondis, d'un bleu pâle, peu nombreux, homogènes ou souvent percés d'une petite lumière centrale.

Longueur moyenne, 200 à 220 [x.

Habitat. Lac Léman, Genève, dans la profondeur. Lacs de Xeuchàtel, Morat, Zoug, Zurich, Lucerne, Thoune, Brienz, Constance, partout dans la profondeur. — ? Loch Xess, Ecosse, 120-150 mètres de profondeur.

La description qui vient d'être donnée pourrait s'appli(juer, dans la plupart de ses détails, à la Cyph. ampulla typique. Nous n'avons en effet ici qu'une variété, qui, à part son volume beaucoup plus considérable, ne diffère du type que par des caractères peu importants, guillochage d'aréoles plus grands, largeur relative plus forte, fond plus trapu, dos plus renflé. Mais il n'en est pas moins vrai qu'au fond du Léman comme dans les autres lacs suisses, cette variété se distingue au premier coup-d'œil de sa congénère; elles vivent le plus souvent mélangées, et cette dernière semble être alors une race naine, nettement distincte de la géante. Il est bon d'ajouter que la Cyph. ampulla typique est extrêmement variable de sa nature, et qu'au fond des lacs elle semble se montrer représentée par différentes formes ou races encore mal fixées, et dont les caractères ne sont pas faciles à préciser; et dans ce mélange de types la var. major apparaît bien nette et comme un organisme à part. C'est là également un des rhizopodes les plus abondants de la profondeur, et qui paraît absent des rivages, où je ne l'ai pas trouvé.

Cette variété parait donc caractéristique des lacs, et pourtant c'est de la plaine que provenaient les exemplaires qui lui ont valu son nom : en 1890 en effet, j'avais trouvé soit dans

46 SARCODINÉS

quelques étangs, soit dans les sphaignes aux environs de Wiesbaden, des individus d'une taille exceptionnelle, et que j'avais alors considérés comme représentant une variété spéciale, la var. major. Plus tard, j'avais un peu hâtivement assimilé la grande l'orme du Léman à la var. major de Wiesbaden; mais pourtant les deux organismes différent. En parcourant mes notes de 1890, je trouve que tous les individus examinés à Wiesbaden se distinguent par leur seule taille, très forte relativement à l'espèce type, mais toujours bien inférieure encore à celle du Léman; la plupart des individus ne dépassaient en effet pas 150 /!x, bien que quelques-uns arrivassent à 180^. Aujourd'hui je serais porté à croire qu'il existe réellement une variété major, fixée au fond des lacs, mais qui n'a rien à faire avec les individus de plaine trouvés en 1890.

Dans les récoltes de M. Scourfield, provenant du Loch Ness, la Cyphoderia ampulla, assez abondante et de structure particulière (voir note), semblait, au contraire de ce qui se passe dans le Léman, tendre peu à peu à la var. major, dont il était parfois difficile de la séparer, mais sans arriver à en revêtir compètement ni la taille ni la lorme typiques.

Cette var. major existe également dans la plupart des lacs suisses, toujours nettement distincte du type (que du reste on y trouve fréquent aussi), mais un peu variable d'un lac à l'autre et surtout dans sa taille ; dans le lac de Zurich, elle m'a paru figurer deux séries parallèles, représentées l'une par des exemplaires de 200 à 260 u, l'autre par une forme plus petite (de 150 à 160 u), parfois pointue en arrière ; dans le lac de Thoune, on trouvait une variété qui avec la taille faible de la Cyphoderia typique avait la forme large et trapue de la var. major^.

* La Cyphoderia ampulla est une espèce assez variable, polymorphe, revêlant suivant la localité des apparences spéciales, que l'œil reconnaît mais qui la plupart du temps ne peuvent se traduire sur le papier. Pour ce qui concerne le Léman, on peut séparer les individus en deux groupes, le premier homogène, et représentant la var. major, le second nettement séparé du premier mais hétérogène, comprenant plusieurs petites formes peu précises, vagues, en apparence non fixées. Si nous allons plus loin, et que nous nous adressions aux

Cyphoderia calceolus Penard.

C. calceolus. Pexard, Revue suisse de Zool.. t. dique, 1902, p. 483.

', 1899, p. 70. Faune rhizopo-

Go(}ue très claire, transparente, jaunâtre, en Ibrnie de croissant, montrant une face dorsale renflée, qui décrit un arc à peu près régulier, et une (ace ventrale légèrement concave mais renflée dans sa partie médiane.

Cette face ventrale est parcourue d'une arête longitudinale, qui manque à la face dorsale, arête qui provient de ce que les parois latérales sont quelque peu étirées et se rejoignent sous un certain angle ; la section transversale de la coque, dans son milieu, est ainsi plus ou moins cordi forme-triangulaire.

En arrière renvelopj)e est ter-

Cyphoderia calceolus.

minée par un rudiment de tube, précédé dans la règle d'un léger

marécages de la contrée ou encore mieux à des pays lointains, la complication deviendra plus grande encore. C'est ainsi que dans le Loch Xess, où la Cyph. ampulla n'était pas rare, on y remarquait surtout une tendance générale de lenveloppe à se revêtir de disques, non plus semblables à des sections de cylindre et accolés les uns aux autres par leurs bords, mais biconvexes et imbriqués ; l'espèce tendait également d'une part à se reprocher de la var. major, d'autre part à revêtir une forme spéciale, qui rappellerait la Cyph. trochus. Dans les marais aux environs de Genève, il existe également une Cyph. à disques biconvexes et imbriqués ; mais cette forme, d'un aspect et de contours tout spéciaux, et rappelant également beaucoup la Cyph. trochus dont elle est peut-être la souche, n'est plus reliée à la Cyph. ampulla par les mêmes transitions que dans le Loch Ness. A Genève, celte forme à disques biconvexes paraît fixée ; dans le Loch Ness il existe trop de termes de passage pour qu'on puisse y reconnaître deux organismes différents.

48 SARCODINÉS

étranglement; en avant, elle s'ouvre par une brusque troncature en une bouche relativement très grande, ronde, dont le plan est à peu près ventral. Cette coque est composée de petites écailles ou disques, minces, plutôt elliptiques que ronds, disposés sans imbrication les uns contre les autres dans un ordre peu régulier. Plasma grisâtre, ne remplissant qu'une partie de l'espace interne, montrant, près de la bouche, une vésicule contractile d'un volume relativement énorme, et en arrière un noyau sphérique, grand, à membrane très fine, entièrement rempli d'un plasma pâle et poussiéreux dans lequel nagent, en nombre restreint, des nucléoles ronds et très petits. Pseudopodes filamenteux, longs, droits.

Longueur 155 à 185 jx en général.

Habitat. Lac Léman, Genève, à 30, 40 mètres de profondeur. Lacs de Neuchâtel, Zoug, Zurich, Constance, toujours dans la profondeur.

Cette espèce n'est pas très rare dans le Léman, et, bien que présentant d'un individu à l'autre des différences de détail, se montre toujours nettement distincte dans ses caractères spécifiques. Je ne l'ai jamais trouvée sur les rivages.

Cyphoderia trochus Penard,

C. trochus. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 72. Faune rliizopodique, 1902, p. 485.

Coque transparente, incolore ou revêtant une teinte d'un jaune citron très pâle; en forme d'ampoule, rer;ourbée en avant, large, turbinée ou ombiliquée, rarement simplement pointue en arrière. En coupe transversale elle est partout bien ronde, sauf au col, qui est quelque peu comprimé sur ses côtés, et se termine en une bouche à ouverture elliptique et dont le plan est plus ou moins ventral. Cette enveloppe est composée

d'écaillés hyalines, rondes, épaisses, beaucoup plus grandes que dans les autres espèces du genre, biconvexes, imbriquées de manière à former des dessins en fleurons parlaitement symétriques. Plasma gris, renfermant souvent en arrière des cristaux fusiformes, puis un noyau grand, sphériqiie, rempli d'une pâte poussiéreuse dans laquelle nagent des nucléoles en nombre restreint. En général deux vésicules contractiles, une en avant et l'autre en arrière. Pseudopodes fins, longs et droits.

Longueur, 110 à 120 a en moyenne.

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur à partir de 15 mètres ; lacs de Zoug (40 mètres) et de Lucerne (30-40 mètres).

Cyphoderia trochus.

Cette espèce, rare et sporadique, mais partout bien nettement distincte des autres Cyphoderia, et revêtant une physionomie très spéciale, ne s'est pas montrée jusqu'ici sur les rivages. Cependant, en 1901 et dans les années qui ont suivi, j'ai récolté, soit à la Pointe à la Bise (rivage) soit dans diff'érents marécages, une forme qui présente certaines analogies avec la C. trochus; elle est pointue en arrière, et les écailles qui en composent la coque sont régulièrement imbriquées. Cependant ces deux organismes se distinguent immédiatement l'un de l'autre ; la Cyph. des marécages est beaucoup plus étroite et plus frêle, plus étirée, d'une teinte brunâtre que la C. trochus ne revêt jamais, et faite d'écaillés de moitié plus petites.

Nous avons vu plus haut (p. 47, note) que dans le Loch Ness la Cyph. ampulla montre généralement des écailles imbriquées, et que souvent elle tend à revêtir une forme qui rappellerait celle de la C. trochus. De même, au marais de Gaillard

,Oo A/

of^

Ll 3 R A R Y r

SARCODINES

(lequel est indirectement en continuité avec le lac par TArve et le Rhône), j'ai récolté plusieurs coquilles dont la forme se rapprochait de plus près encore de la C. trochus ; elles ne se distinguaient plus alors de cette dernière que par des écailles plus petites et par l'absence d'ombilic ou prolongement postérieur. Il est donc probable que la C. trochus, très nette et caractéristique au fond du Léman, absolument distincte de la C. ainpiilla qui s'y trouve aussi, dérive cependant de cette dernière par toute une série de transitions dans lesquelles cette forme spéciale des marécages serait comprise. La C. trochus du Léman serait alors le terme de la course, un type définitif maintenant fixé au fond des lacs, et qui par là a tous les droits à une dénomination spécifique particulière.

Cyphoderia lœvis Penard.

c. Isevis. Penard. Faune rhizopodique, 1902, p. 489.

Coque petite, incolore ou à peine jaunâtre, parfois à reflets rosés, trapue, subpyriforme, arrondie en arrière et portant

normalement dans cette région quelques petits grains agglutinés à sa surface; dépourvue de col véritable, à peine recourbée à sa partie antérieure, ti'onquée brusquement pour s'ouvrir en une bouche arrondie, dont le plan est très légèrement incliné sur la face ventrale. Cette enveloppe, dont la coupe transversale, prise en son milieu, est arrondietriangulaire (grâce à une faible indication d'arête courant le long de la face ventrale), paraît au premier abord parfaitement lisse et homogène, mais représente

Cyphoderia Ixvis.

en réalité une membrane dans laquelle sont noyés, se touchant par leurs bords, des disques extraordinairement petits (1 ix. environ), arrondis ou ovales sans grande régularité. Corps mou ne remplissant qu'une partie de l'enveloppe, étiré dans la règle en arrière d'un large prolongement de plasma clair qui va rejoindre le fond de la coque. Vésicule contractile antérieure très volumineuse. Noyau sphérique, entièrement rempli d'un plasma poussiéreux, dans lequel sont logés un ou parfois deux nucléoles extrêmement pâles et petits. Pseudopodes droits, très fins, très actifs ; généralement un seul dans la marche rapide.

Longueur 35 à 50 [x.

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur et rivage (Pointe à la Bise).

La CypJioderia lœvis est une espèce de faible taille, à caractères très nets, et qui au premier abord semble n'avoir rien à faire avec le genre dans lequel elle a été placée; en 1899, j'avais cru devoir la rapporter au genre Platoum. En réalité on peut en faire une Cyphoderia, mais très éloignée des autres espèces du genre. Cette année j'ai eu l'occasion de l'étudier de plus près, et j'ai pu y constater des traits de rapprochement nouveaux : la vésicule contractile, relativement très grande, rappelle celle de la Cyph. calceolus : le plasma renferme un certain nombre de ces petits grains jaunes, caractéristiques de la famille des Cyphoderia et que Rhumbler a appelés « Phéosomes » (Zeitsch. fur wiss. Zool., vol. 61, 1896, p. 55) : le noyau représente une grosse masse de plasma cendré et ponctué, dans lequel on ne distingue pas d'abord de nucléoles; mais, sur plus de 6 exemplaires colorés au carmin, j'ai pu m'assurer de la présence constante de 1 et rarement 2 nucléoles extraordinairement petits, nageant dans le plasma nucléaire ; le type du noyau est en somme absolument le même que dans les Cyphoderia en général, mais dans les autres espèces les nucléoles, plus nettement visibles, sont aussi plus nombreux.

SARCODINES

Campascus triqueter Penard.

C. triqueter. Penard, Arch. Sci. Phys. Nat. , 3* pér., t. 26, 1891, p. 147. — Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 127. Faune rhizopodique, 1902, p. 466.

Campascus triqueter.

Coque rigide, mince, jaunâtre ou brune, en forme d'ampoule ou de cornue; composée de petites écailles siliceuses sans forme précise, serrées les unes contre les autres, et associées à d'autres écailles plus grandes (particules de limon, etc.) qui les recouvrent par-ci parlà et donnent à la surface une certaine rugosité. Cette enveloppe est irrégulièrement renflée-bosselée, et on peut y distinguer une face dorsale plus convexe et une face ventrale souvent déprimée ou même parfois repoussée en dedans. En arrière elle est rétrécie, pointue-arrondie, en avant elle se prolonge en un col très court, recourbé, s'ouvrant en une bouche ronde, à plan ventral, et qui s'évase brusquement en une large collerette plate, chitineuse, transparente, jamais colorée (la collerette, fragile, disparaît parfois avec le temps). Cette coque est vaguement comprimée-anguleuse sur ses côtés, de manière à présenter une section transversale triangulaire avec angles arrondis . Plasma ne remplissant qu'une partie de la coque, renfermant généralement de gros cristalloïdes caractéristiques, et les grains jaunes (Phéosomes) particuliers à la famille des Cyphoderia. Une vésicule contractile, parfois deux ou trois. Noyau sphérique, grisâtre, poussiéreux, à petits nucléoles peu apparents. Pseudopodes longs, droits, délicats. Longueur 90 à 120 ju, plus généralement 100 à 110 /ut. Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur à partir de 10 mètres ; lacs de Neuchâtel, Zurich, Lucerne, Thoune, Constance, dans la profondeur.

Le Campascus triqueter est assez commun dans le Léman ; je l'ai trouvé à toutes les profondeurs de 10 à 50 mètres. Il se rapproche d'assez près du Camp, cornutiis trouvé par Leidy au fond d'un petit lac de l'état de Wyoming (Uintah lake), à 10000 pieds d'altitude, et qui diffère du nôtre par une taille supérieure (112 à 140 |u), par une enveloppe dont la section transversale est arrondie et non triangulaire, et par l'existence de prolongements postérieurs en forme de cornes. 11 serait intéressant de savoir quelle est la superficie, aussi bien que la profondeur, du lac dans lequel Leidy a récolté son Camp, cornutus, qu'il n'a revu nulle part ailleurs.

Campascus minutus Penard.

C. minutus. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 58. Faune rhizopodique, 1902, p. 469.

Coque plus claire, plus lisse et beaucoup plus petite que dans l'espèce précédente, plus régulière en général, formée d'écaillés très petites et difficiles à distinguer, noyées dans un ciment jaunâtre. La forme est celle d'une cornue ou d'une bouteille à goulot court et recourbé. Le fond est rond ou un peu bosselé-ondulé, très souvent repoussé en son centre comme pour un commencement d'invagination. La section transversale, prise vers le milieu de la coque, donne une figure presque ronde, à peine triangulaire. La face ventrale est creusée à la naissance du col d'un arc rentrant fortement prononcé. Bouche ronde, à plan presque ventral, entourée d'une collerette hvaline délicate, incolore, de même nature que celle de l'espèce précédente. Plasma peu abondant, renfermant dans la règle d'énormes

Campascus minutus.

54 SARCODINÉS

corps brillants, cristalloïdes; noyau sphérique, à plasma grisâtre, avec un ou plusieurs petits nucléoles pâles. Pseudopodes longs et délicats.

Longueur 50 à 60 ^, parfois moins.

Habitat. Lac Léman, Genève; lacs de Neuchâtel, Zoug et Lucerne, partout dans la profondeur. Loch Ness (Ecosse), 90 à 130 mètres de profondeur.

Cette petite forme est assez commune dans le lac aux environs de Genève. Je l'avais d'abord considérée comme une variété de la précédente, ou comme représentant des individus jeunes; mais j'ai été conduit, dès 1899, à y voir une espèce spéciale. Ces deux organismes se trouvent il est vrai le plus souvent mélangés, mais toujours nettement distincts; parfois au contraire on ne voit que l'un d'eux. Au Loch Ness (récolte Scourfield), il s'est rencontré quelques exemplaires de C. minutus, et sans que le C. triqueter y fût représenté.

Le C. minutus ne s'est jamais montré dans la plaine, à une exception près; je l'ai en effet récolté, en 1901, en abondance au marais [de Gaillard. Mais il faut se rappeler que ce marais est lui-même une dépendance de l'Arve, rivière qui se jette dans le Rhône en aval de Genève, et est ainsi en communication indirecte avec le lac.

Euglypha aspera PE^ARD.

E. alveolata var. aspera. Pexard, Arch. Sci. Phys. Nat., 3« pér., t. 26, 1891.

E. aspera. Penard, Revue suisse de Zool. , t. 7, 1899, p. 75. Faune rhizopodi-

que, 1902, p. 497.

Coque très grande, incolore, ovoïde-allongée, très large relativement aux autres espèces du genre, non comprimée, régulière mais paraissant dentée en scie d'avant en arrière et sur

Euglypha aspera. — A droite, en haut, une des écailles de la bouche; en bas, une des écailles ordinaires.

toute sa longueur; composée de grandes écailles siliceuses. Ces dernières sont en forme d'écusson, en avant très minces et creusées d'une échancrure peu profonde et arrondie, renflées et fortes dans leur milieu, et parcourues d'une arête dorsale mousse, peu prononcée, et qui déborde en arrière sous la forme d'une pointe courte. Bouche terminale, grande, entourée d'écaillés dont le bord antérieur est convexe-conique et finement denticulé. Plasma pur, rempli de grains brillants, pourvu en arrière d'un noyau sphérique, volumineux, avec un nucléole bleuâtre et franc. Parfois une vésicule contractile, près du noyau. Pseudopodes longs et droits, souvent très nombreux.

Longueur 140 à 150 ^j. en moyenne ; parfois moins, et la largeur est alors relativement forte (p. e. 135 ix longueur, 83 u largeur), rarement plus, jusqu'à 170 ^ '.

Hahilat. Lac Léman, Genève, 20 à 50 mètres de profondeur. Lac de Thoune, 40 à 100 mètres de profondeur.

ISEuglypha aspera, toujours rare et sporadique, est sans doute le plus beau et le plus grand représentant du genre; la plupart des individus montrent une longueur de 150 ^ environ, tandis que les plus belles variétés de VEuglypha alueolata n arrivent guère au delà de 100 [x. Leidy donne cependant pour cette dernière espèce une limite de 152 |u, atteinte par une forme spéciale, trouvée dans un étang à sphagnum de Tobyhanna, Pokono mountain, Pennsylvania ; cette forme, prolongée en an ière de 4 épines (PI. 35, fig. 2 de Leidy), rappellerait assez

* En 1899 et 1901, j indiquais une longueur habituelle de 150 à 170 n ; des mensurations sur 10 individus pris au hasard m'ont fourni cette année un minimum de 134 ft et un maximum de 165 j*.

sarcodinp:s

bien, sauf ce dernier caractère et une rugosité moindre, notre Euglypha aspera.

Dans le lac de Thoune, VEuglypha aspera, bien que nettement caractéristique, est d'une taille inférieure à celle du Léman (115 ^ environ).

Placocysta lens Penard.

Euglypha lens. Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 78. Placocysta lens, Penard, Faune rhizopodique, 1902, p. 514.

Enveloppe hyaline et très claire, incolore, largement ovale, parfois presque ronde, terminée en avant par une large troncature droite qui indique la bouche. Cette enveloppe est fortement comprimée, et ses deux faces forment en se rejoignant une arête latérale qui fait le tour de la coquille. En section soit transversale soit sagittale, la forme est alors celle d'une lentille biconvexe. Cette enveloppe est composée d'écaillés siliceuses elliptiques, régulières dans leur contour, mais inégales de grandeur, imbriquées d'avant en arrière A droite, l'ani- sans grande régularité, si minces et si transparentes qu'on ne les voit en général qu'avec la plus grande difficulté, et que l'enveloppe paraît lisse. Aux approches de la bouche ces écailles deviennent brusquement très petites, rondes, et elles disparaissent sur le bord du péristome, qui semble formé d'une membrane hyaline et très mince, sans indication de dents ou d'aspérités quelconques, mais droite ou légèrement ondulée, et sou-

Placocysta lens.

mal vu par son côté étroit

vent terminée sur ses côtés par une commissure anguleuse. Plasma très clair et pur, renfermant à sa partie antérieure un grand nombre de vacuoles rondes, serrées, dont l'une ou l'autre fonctionne comme vésicule contractile; généralement aussi une ou deux autres vési(^ules volumineuses, en arrière près du noyau. Ce dernier est grand, discoïde, rempli d'un plasma cendré et fourmillant de granulations extrêmement petites, parmi lesquelles se voient quelques nucléoles arrondis, pâles, très petits. Pseudo|)odes très fins, droits, nombreux.

Longueur, 65 à 75 fx en général.

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur à partir de 10 mètres.

(]e joli petit organisme, dont l'enveloppe, d'une pureté remarquable, est si fine qu'on prendrait parfois l'animal pour un rhizopode nu, n'est pas très rare dans le Léman, mais échappe facilement à la vue. Il ne rappelle que de très loin la Placocysta spiiiosa de Leidy, mais peut cependant être considéré comme appartenant au même genre, caractérisé par la possession d'un péristome lisse, et non dentelé comme dans \es Euglypha.

Dans les récoltes de M. Scourfield (Loch Ness, 100-130 mètres de profondeur), il s'est trouvé deux ou trois coquilles vides qui rappelaient celles de cette espèce, mais plus étroites, beaucoup plus épaisses, et sur lesquelles les écailles se voyaient sans difficulté et nettement une à une.

Pseudodifflugia Archeri Penard.

Pseudo. amphora. Leidy, in Penard, Revue suisse de Zool., t. 7, 1899, p. 80. P. Archeri. Penard, Faune rhizopodique, 1902, p. 456.

Enveloppe ovoïde, noirâtre à un faible grossissement, plus ou moins régulière, ronde en section transversale, parfois subcylindrique, rarement acuminée en arrière d'un court prolon-

58 SARCODINÉS

geineiit, plastique au voisinage de la bouche; composée dun feutrage épais de grains siliceux très petits (2 jtx environ), amorphes, plats, globuleux, etc.

«^sj-^l li^^^'^^'^v^ Plasma assez fortement va-

ê!r''kHi''i-^^i, M-'.- .■-''■■■%», cuolisé à sa partie anté-

j rieure, et de plus renfer-

lV;'?;:''f iK'-^-^^^!ÎÏ>^ 'w niant presque toujours de

^^■,v:y:JJ^%y \4|ï^?5?èr4'' grands cristaux brillants a

"^^"^'* facettes régulières. Pseu-

Pseudodifflugia Archeri. - A droite, as- dopodes très fins, nompect de l'organisme sur une préparation breux, SOUVeut bifurqués,

an baume. prenantgénéralementnais-

sance sur un magma étalé au-devant de la bouche ; cette dernière est petite, arrondie et susceptible de s'étaler quelque peu, ou au contraire de se fermer. Noyau sphérique, grand, rempli d'une poussière de granulations, avec quelques nucléoles en nombre restreint.

Longueur variant le plus souvent entre 80 et 100 //, mais pouvant descendre à 50 et monter à 170 p..

Habitat. Lac Léman, Genève, profondeur et rivage (Pointe à la Bise), Lacs de Zoug (40 mètres de profondeur) et de Thoune (40 à 100 mètres).

Cette espèce n'est pas très rare dans le Léman, mais elle reste facilement inaperçue ; comme elle déploie très rarement ses pseudopodes, on la prend volontiers pour un objet étranger, déjection de ver ou de petit crustacé, etc. En 1902, et plus tard encore, j'ai reconnu que la présence des cristaux caractéristiques dans le plasma pouvait être considérée comme normale; tous les individus examinés sous ce rapport, après écrasement, les ont montrés, soit mal formés et irréguliers, soit très beaux, généralement bicuspides avec troncature à leurs sommets, et couleur d'aigue-marine; parfois on les voit striés en travers, ou bien aussi pourvus d'une rainure médiane transversale qui sur les angles se dessine comme une échancrure peu profonde.

La Pseud. Archeri, si l'on voulait chercher son origine, pour-

rait peut-être être considérée comme dérivée de la Pseiid. horrida Penard\ avec laquelle elle présente certains rapports. Dans le Loch Nes,s (récolte Scourfield), il s'est trouvé, en assez grande abondance, une PseudodifJUigia dont l'enveloppe rappelait celle de la P. Arckeri, tandis que par son plasma c'était nettement la P. ]iorrida ^.

Dans le lac de Thoune, la P. Archeri, moins rare qu'à Genève, s'est montrée plus régulière de forme, souvent acuminée en arrière, ou pourvue d'une ou même de deux cornes postérieures très courtes.

Clypeolina marginata Penard.

Page 1