INTRODUCTION. V
aux îles Fortunées!, les griffons, ces immobiles gardiens des tombeaux de l'idolâtre, apparaissent dans les bas-reliefs?. Le sculpteur qui veut représenter la scène de la création de l’homme montre le Seigneur modelant, comme Prométhée, une figurine d'argile posée sur une base”; les vieilles images d’Icare servent de type pour figurer l’âme ailée d’un enfant chrétien montant au ciel“. Si parfois aux grandes têtes mythologiques qui terminent les couvercles des sarcophages les fidèles substituent celles des saints’, ils se bornent le plus souvent à reproduire à cette place les masques de Méduse et tous les autres modèles consacrés par un long usage. Il en est de même des sujels perdus, pour ainsi dire, dans les champs demeurés vides entre les arcades où les frontons qui, sur tant de tombeaux, surmontent les différentes scènes; le plus courant des motifs qui occupent ces étroits espaces, je veux dire la colombe becquetant des fruits dans une corbeille, n’a rien qui se rattache au nouveau cycle iconographique; c'est la simple redite d'un symbole funéraire adopté pour la décoration des stèles païennes°. Si, par grande exception, se montrent en ce même endroit quelques lypes rappelant les mystères de la foi’, les artistes l'ont surtout considéré comme un cadre perdu pour le regard, où l’on était libre d'introduire, avec les oiseaux, les corbeilles, les couronnes, les coquilles et les vases de l'ornementation courante, des dieux de la mer et des figures dépourvues de tout caractère chrétien. J'ai rappelé ailleurs les paroles indignées de Tertullien reprochant aux artistes, aux ouvriers, de travailler, quoique convertis, à fabriquer, à orner des idoles°. Un coup d'œil sur les monuments nous fera voir,
1 N° 914 et Études sur les sarcophages d'Arles, pl. IL, fig. 4, et pl. IX.
2 Études sur les sarcophages d'Arles, p. 8, 68, et ci-dessous, p. 57 et 109.
3 Page 80.
! Mélanges de P École française de Rome, t. IV, P: 379.
5 De Rossi, Bullett., 1864, p. A6.
5 Bouillon, Musée des antiques, t. Il, pl. 1h n® 56 et 60; À description of the collection of ancient marbles in the British Museum, part V, pl. V, fig. 4; pl. X, fig. 1. J'ai également relevé ce sujet sur plusieurs marbres païens : une stèle du columbarium de la via S. Sebastiano, à Rome (Corpus inser. Lat., t. V, n° A8A8); un couvercle d’urne cinéraire au
musée du Capitole, salle des Colombes, n° 9; un
autre chez M. Scalambrini, via del Babuino, isse funéraire à laquelle il
n° bo, posé sur une ca n'appartient pas et qui porte l'inscription suivante : DM | C:SALONIO | FARINO:*C:SALO | AVGVRINVS ET | SALONIA:COMICE | PATRI-B:M:FECE | RVNT.
7 Voir le sarcophage de Junius Bassus (Roller,
Les Catacombes, pl. LIX) et un autre au musée de
Leyde (Janssen, Grieksche en romeinsche Gra uit het Museum van Oudhenden te Leyden, pl. VHX). 8 Janssen, loco cit.; Études sur les sarcophages d'Arles, pl. IL et IX; Bottari, Roma sotterraneu, tav. XL.
9 Les chrétiens duns la société païenne aux premiers
âges de l'Eglise.
vi INTRODUCTION.
pour ainsi dire, à l'œuvre ceux contre lesquels s'irrite l'illustre Père. Leurs ateliers demeuraient en effet comme une sorte de terrain neutre, fourni au goût de tous les acheteurs, et où les types du paganisme se mélaient à ceux de la religion nouvelle. Ge fait d’une réunion qui nous étonne résulte de monuments nombreux : usine d’un fabricant de lampes possédait à la fois des moules portant l'image du Bon Pasteur et celles des grands dieux de lOlympe !; un motif des fresques de Pompéi accompagne sur un sarcophage l'arche de Noé?; une tombe de très basse époque montre en même temps les griffons classiques et Daniel entre les lions‘; la belle cassette d'argent du cabinet de Blacas, rare monument du v° siècle, nous offre des figures de ce temps avec des représentations mythologiques anciennes et de beau style". Le fait dont je parle est, à mes yeux, attesté plus nettement encore par le singulier mélange des sujets qui ornent le vase baptismal de Tunis, grande urne de plomb où le fondeur, employant les surmoulés de natures très diverses qu'il avait évidemment sous la main, a accolé ensemble le Bon Pasteur, une Victoire, une divinité marine, un Silène ivre, une femme tenant de chaque main des épis ou des fleurs, figure représentée dès Dioclétien sur les monnaies de Carthage, dont elle personnifie sans doute la Tüyn*, des paons, des cerfs buvant aux quatre fleuves du paradis, un athlète, un ours, deux chiens poursuivant un cerf, et un lion dévorant un taureau °.
Aux temps où nous reportent nos marbres, l'usage d’imiter les vieux types est un des traits marquants de l'histoire de l'art; il se continuera aux âges suivants, et les infatigables copistes dont je viens de citer les œuvres seront plus tard copiés à leur tour dans ce qu'ils auront pu créer. J'en vois, pour ma part, au xn° siècle, une preuve remarquable dans un bas-relief de la cathédrale de
dalen, pl. T, et p. 19, 30, 32, 38. Voir, pour les objets que tient la femme, les trois petits bronzes
! D'une lampe païenne portant la marque ANNI- SER. Cf. Homolle, Lampes à la marque ANNISER
(Bevue archéologique, janvier 1875 et juin 1876).
? Ci-dessous, p. 10.
% Ci-dessous, p. 55-57.
4 Visconti, Lettera intorno ad una supellettile d'argento. serait bien utile de donner une bonne photogravure de cette cassette, appartenant aujourd'hui au British Museum, et dont il n'existe qu'une reproduction dépourvue de caractère.
5 Eckhel, Doctrina numorum veterum, L.IV,p.158, et t. VIIT, p. 11; Cohen, Médailles romaines, Dioclélien, n° 322; Friedlander, Die Munzen der Van-
du Cabinet des médailles.
5 Ce vase a été publié d’abord par M. de Rossi (Bulletiino, nov. et déc. 1867), puis par le R. P. Garrucci (Storia dell arte cristiana, t. NE, p. 33, 34, et pl. CDXXVIII). Je viens de l'étudier moimême et de le reproduire dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire de l'École Jrançaise de Rome, LUE, p. 445, 446. Il m'a été impossible de savoir ce qu'est devenu ce monument, remporté à
Tunis après la grande Exposition parisienne de 1867, où il avait été fort remarqué.
INTRODUCTION. vil
Bäle, visiblement imité d’un modèle fort répandu en France aux temps mérovingiens, et qui se rencontre notamment sur un sarcophage de Clermont!.
En rappelant, comme je viens de le faire, les marques de l'influence professionnelle sur les artistes chrétiens et ce que la tradition de l’école antique leur a, pour ainsi dire, imposé, je n’entends pas nier que les enseignements de l'Église n'aient dirigé dans une large mesure la main des sculpteurs de nos sarcophages. Quoi que l’on ait pu écrire à ce sujet, ils gardaient toutefois leur liberté, comme nous en avons des preuves nombreuses ?, et alors même qu ils devaient représenter le plus important de tous les types, celui du Seigneur. Dominés par le souvenir de la prédiction d'Isaïe, les grands docteurs, saint Justin, saint Cyprien, Tertullien, Clément et saint Cyrille d'Alexandrie, Origène, saint Augustin, professaient que le Christ avait été dépourvu de beauté *. L'accord de ces maîtres vénérés, la science, la profondeur de leurs commentaires, demeurèrent sans action sur l'esprit des masses. Parler ainsi, c'était heurter de front une persuasion vieille de bien des siècles. « La beauté, disait un philosophe, est le caractère du divin; si donc le Christ n'a pas été beau, on ne peut le tenir pour un Dieu“. » Plusieurs Pères firent effort pour atténuer, sans oser toutefois y contredire, la portée du mot d'Isaïe®. L'instinct de la foule chrétienne alla plus loin : elle ne chercha pas à distinguer les heures où le Christ avait pu éblouir les regards par une majesté souveraine, celles où sa nature disgraciée l'avait exposé aux outrages; chez elle, comme chez les idolâtres, la conception de la divinité défigurée par la laideur ne trouvait pas créance, et lon avait peine à imaginer que toutes les perfections n’eussent pas été réunies chez le Seigneur. Tel est le sentiment dont les vieux sarcophages de la Gaule, comme ceux des autres contrées, attestent la prédominance. Sur ces monuments du vulgaire, les artistes du 1v°, du v° siècle, s’affranchissant des leçons de
! Ci-dessous, pl. XIX, fig. 1. Origen., Contra Celsum, 1. IN, p. 169; 1. VE, P (4 & F 0)
2 Études sur les sarcophag: "Arles, Introd., p. var. p. 327 (ed. Cantabr.).
3 Prophet. Isaie vin, 23 s. Justin., Dial. cum 5 S. Hieron., Épist. xv, $ 8, ad Principiam;
Testimon., Il, x;
Tryph., $ 85, 88; s. Cypr., Tertull., De idolol., xviu; De patientia, 1; Ado. Judeos, xx ; De carne Christi, 1x; Ado. Marcion., HI, xvu; Clem. Alex., Pædag., 1. HT, c. 1; Origen., Contra Celsum, ed. Cantabr., 1 IV, p. 169; 1. VI, p. 3273 1. VIE, p. 349; s. August, Sermo in Psalm. exxvir, $ 83 s. Cyrill. Alex., De nudatione Noe,
opera, ed, Paris., 1638: &. T, pars I, p. 43.
Comment. in Matt., 1. HT, ce. xx, v. 1538. Chrysost. Homil. xxvu, In Matih., e. n.
5 Une image apocryphe dont parle Antonin de Plaisance prêlait au Christ le type élégant, le beau visage, les cheveux légèrement bouclés que nous montrent les vieux marbres funéraires. (/tinerarium CXX TT)
vin INTRODUCTION.
l'exégèse biblique, ont paré le Christ de toutes les beautés où l’art en décadence pouvait alors atteindre '.
Pendant deux siècles entiers, plusieurs des bas-reliefs chrétiens de la Gaule sont demeurés, pour le plus grand nombre, comme autant d'énigmes indéchiffrables. Entre notre illustre Peirese et Millin, qui surent les rapprocher des marbres de lTtalie, peu d'hommes en comprirent les sujets, presque toujours pourtant faciles à reconnaître. Les explications proposées par quelquesuns sont des plus étranges. Pour eux, les souvenirs classiques existent seuls, el la pensée d'une représentation chrétienne ne leur vient même pas à l'esprit. Un contemporain de Peirese, Louis Chaduc, voit, dans les Juifs buvant à la source apparue sous la verge de Moïse, des païens qui se purifient avant d'offrir un sacrifice ?. Aux yeux d’un antiquaire marseillais, le même tableau représente une cérémonie d’affranchissement : « Les esclaves, dit-il, sont à genoux, et le préteur tient la baguette levée”; » des apôtres, que quelques-uns ont pris pour des saints du groupe des Sept Dormants*, lui paraissent un cénacle de savants ou de philosophes*; la scène des jeunes Hébreux dans la fournaise, derrière lesquels on voit le buste de Nabuchodonosor, devient un sacrifice aux dieux laresf. À Toulouse, la réunion du Christ et de ses disciples est regardée comme le conseil des duumvirs”; à Cahors, les figures si fréquentes d'Adam et d'Êve sont prises pour celles de Deucalion et de Pyrrhaf. Legrand Daussy déclame longuement sur un sarcophage de la cathédrale de Clermont où se voit, dans la forme ordinaire, le Christ ressuscitant Lazare debout dans son édicule, et devant eux Marie prosternée®. « À l’une des extrémités de la face antérieure et au bord de l'angle qu’elle forme, on remarque, dit-il, un temple dans lequel est une Isis enveloppée de bandelettes depuis le cou jusqu'aux pieds !°. L'une des
* J'ai déjà noté ailleurs (/nseriptions chrétiennes de la Gaule, Introduction, p. cz), en ce qui touche les inscriptions, des marques de ces sortes d'écarts entre les enseignements des Pères de l'Église et le sentiment du vulgaire.
? Ludovici Chaduci SXEAIASMATA, €. 1 (ms.
à Clermont, chez M. de Féligonde).
3% Grosson, Monuments marseillois, p. 169.
# Rufli, Histoire de Marseille, t. IL, p.127. Shi; pe 254.
5 Ibid., p. 108.
T Mém. de l'acad. de Toulouse ,1"° sér., t. 1, p.84.
5 Bulletin monumental , 1879, p. 579, 580.
9 Cette tombe a été transportée depuis dans la chapelle des Carmes déchaux. Voir ci-dessous. p- 67.
10 Une erreur semblable, dont Mabillon a fait justice, s'était autrefois accréditée à Rome, au sujet d'une figurine trouvée dans les Catacombes et représentant de même Lazare enveloppé de bandelettes. (Mabillon, Museum Tialicum, t. 1, p. 135; Boldetti, Osservaziont sopra à cimiteri, p. 523.)
INTRODUCTION. Ix
femmes est prosternée aux pieds d’un des hommes, et elle a l'air de le supplier. Si l’on en croit ces sortes de savans que rien n’embarrasse, qui ne doutent de rien et savent tout expliquer, cette femme est une vestale coupable qui, condamnée à mort pour avoir laissé éteindre le feu sacré, demande sa grâce; car, selon eux, Isis et Vesta n'étaient à Rome qu'une seule et même divinité. Par une métamorphose bien singulière, ce monument payen, qui représente probablement un mystère d'Isis, et qui jadis renferma le cadavre de quelque idolâtre auvergnat ou romain, devint dans l'église cathédrale un monument sacré destiné au mystère réputé le plus saint de la religion romaine. Sans sa forme, on l’eût probablement détruit et mis en pièces, il y a longtemps. Heureusement il exista une circonstance où l’on eut besoin d’un autel. On trouva que le sarcophage pouvait en faire un, en l'élevant sur un socle. En conséquence, il fut placé dans la chapelle appelée du Saint-Esprit, et, quand je le vis, on y disait journellement la messe. De pareilles sottises excitent à la fois le rire et la pitié!. » Quelques-uns s’étonnent devant l’image de Jonas rejeté par le monstre. « C’est, dit-on, une figure couchée qui semble faire des efforts pour écarter un dragon; allégorie inexplicable, à moins qu’on n’ait voulu représenter l'état de contrainte de l'homme en servitude?.» Dans un groupe mutilé où figure la croix surmontée d’une couronne, on a imaginé de voir «les restes d'un sujet obscène*»; les trois Hébreux dans la fournaise et le buste du roi sont devenus les rois anges de Sodome avec la statue de sel“. Saint Pierre tenant un pli de son manteau est pris pour Judas, la bourse à la main°. À Narbonne, sur une tombe décorée de divers sujets bibliques, des archéologues du dernier siècle ont cru voir la représentation des noces d'Ataulphe et de Plaaidie°. .
Je n'arrête dans l'énumération d'erreurs dont quelques curieux de notre pays, privés des points de comparaison qui abondent en Italie, ne se sont pas seuls rendus coupables”. Si singulières qu’elles nous paraissent, nous devons
! Voyages faits en 1787 et1788 dans la ci-devant haute et basse Auvergne, par le citoyen Legrand, l'an nr de la République française, t. I, p. 37, 38.
? Grosson, op. cit., p. 163; Notice des monu-
ments conservés dans l'église noble, insigne et collégiale de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, p. 17.
3 Même notice, p. 18; van Kothen, Notice
les cryptes de Pabbaye de Saint-Victor-lez-Marseille , P- 6g-
4 Montfaucon, Antiquité expliquée, supplément, t. IT, p. 5o, 51.
5 Notice des monuments conservés dans l'église de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, p.18.
6 Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, t. I, p. 119; cf. Tournal, Catalogue du musée de Narbonne, 1864, p. 102.
7 Pour ne parler ici que des anciens, on sait lexplication donnée par Bottari d’un des bas-re-
INPRIMERIE NATIONALE.
x INTRODUCTION.
en toute justice une part de gratitude à ceux qui, sans êlre armés, préparés comme on l'est à cette heure, ont les premiers tenté l'étude des monuments antiques. « Nous avons aux anciens, écrit spirituellement Fontenelle, l'obligation de nous avoir épuisé la plus grande partie des idées fausses qu'on se pouvoit faire ; il falloit absolument payer à l'erreur et à l'ignorance le tribut qu'ils ont payé, et nous ne devons pas manquer de reconnoissance envers ceux qui nous en ont acquittés. Ilen va de même sur diverses matières, où il ya je ne sais combien de sottises que nous dirions si elles n'avoient pas été dites et si on ne nous les avoit pas pour ainsi dire enlevées !.»
Je viens de noter quelques-unes des erreurs commises par les modernes dans l'interprétation des sujets figurés sur les sarcophages. Il serait certes intéressant de savoir comment les païens, inquiets, irrilés, mal instruits des choses chrétiennes, devaient s'expliquer les représentations du nouveau culte. J'ai, dans un travail déjà ancien, parlé de l'accusation de magie sans cesse reproduite contre les fidèles, contre le Christ surtout, dont les miracles paraissaient aux perséculeurs des œuvres de pure sorcellerie. Une série de sujets représentés par les arlistes chrétiens m'ont semblé avoir pu confirmer les Gentils dans cette pensée : ce sont les peintures, les bas-reliefs où l'on voit le Seigneur tenant à la main une baguette, cet instrument classique des enchanteurs, et en louchant les pains qu'il multiplie, les momies de Lazare et du fils de la veuve, les urnes de Gana?. Une particularité notée par saint Auguslin, dans son traité de l'Accord des Évangélistes , montre que desreprésentations courantes chez les premiers fidèles ont, en effet, mené les païens à imaginer que Jésus-Christ m'avait élé qu'un magicien habile. Telle est la scène dont le type, autrefois fréquent dans les peintures murales , nous est aujourd'hui conservé par les sculptures des sarcophages , les mosaïques et les dessins des verres à fond d’or; c’est celle où nous voyons le doux Maitre remettant à saint Pierre le volumen de la loi nouvelle. Le Seigneur, écrit saint Augustin, a, selon le dire des Gentils, composé
liefs où l'on voit l’assesseur à côté de Pilate: il reconnait, dans ces deux personnages, le Procurateur représenté deux fois, d'abord lorsqu'il hésite à condamner le Christ, puis se décidant à céder aux cris des Juifs. (Sculture e pitture sacre della Roma sotterranea, À. HA, p. IV.) Voir aussi la bizarre interprétation donnée par Ciampini (Vetera monimenta, L. 1, p. 8) d'un marbre de Ravenne représentant l'Annonciation.
1° Digression sur les anciens et les modernes (OEuvres de Fontenelle, 6. de 1758, t. IV, p. 179, 180).
? Recherches sur l'accusation de magie dirigée contre les premiers chrétiens, p. 36; Les Actes des martyrs, supplément aux Acta sincera de dom Ruinart, $ 38.
3 Voir mes planches XIT, fig. 4; LI, fig. 9;
LVI, fig. 1, ete.
INTRODUCTION. XI des lraités de magie; plusieurs croient qu'il les à transmis aux princes des apôtres. Ce rouleau déployé que reçoit de ses mains saint Pierre, c'était, répétait-on, le livre contenant le secret de ses miracles el remis à ses successeurs comme un écrit à leur adresse, tanquam epistolari titulo prænñotatos. «Ils ont bien mérité, ajoute l'illustre Père, de devenir le jouet d’une erreur ceux-là qui veulent s’instruire des choses du Christ et de ses apôtres par les peintures murales, au lieu d'en chercher la connaissance dans l'étude des saintes Écritures !.»
Un fait déjà signalé, en ce qui touche la numismatique, l'architecture el même les monuments de l'épigraphie, n'apparaît pas moins clairement lorsque l'on étudie nos bas-reliefs chrétiens ? : la différence des contrées se marque par la dissemblance des styles, et ce trait particulier de l'art antique n’est nulle part plus saisissable qu'en France.
Le lype adopté dans le bassin du Rhône procède des modèles romains; des rapports faciles et fréquents par la voie de la mer et du fleuve ont effacé presque toute différence ; à peine en reconnaît-on quelqu'une entre Les marbres chrétiens d'Arles et ceux de Rome. Il en est autrement pour le style des tombeaux appartenant au sud-ouest de la Gaule. À la réserve d'un trait dont je vais parler, l'influence de la métropole ne s'y fait que rarement sentir, et l'on pourrait se demander si le pelit nombre de ceux qui en portent l'empreinte n’y sont pas venus des bords du Rhône. L'âge aussi bien que la distance ont amené la dissemblance si nettement marquée entre les monuments des deux parties de notre sol; la plupart de ceux du Sud-Ouest, œuvres d’un travail barbare, sont à coup sûr les derniers en date, comme le démontre évidemment le style des personnages qui s’y rencontrent. Ce qui distingue tout d’abord les œuvres de cette contrée, c'est la forme particulière des cuves sépulcrales, étroites par la base, s'évasant par le haut; un système de décoration composée de simples ornements ou les associant aux figures", l'absence d'un grand
nombre de sujets adoptés en Provence et parmi lesquels il faut compter cer-
l De consensu Evanpelistarum, ib. [, cap. 1x je n'occuperai ailleurs, ne se sont encore rencon-
et x trées que dans la région du Jura.
2 Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. I, p.151 5 Page xur. et suiv. Je dois noter ici que les agrafes mérovin- 4 Pi. XXVIIT, fig. 1, XXXIIT, fig. 1; XXXVI,
giennes représentant Daniel entre les lions, et dont fig. 1; XXXVIIT, fig. 1; XLVE. fig. 1.