‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 3 sur 96 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

tains traits de l’histoire biblique : le frappement du rocher, le passage de la mer Rouge, les tables de la loi, la chute des cailles dans le désert, David et Goliath; puis la Nativité, le baptème du Christ; saint Pierre recevant les clefs célestes, le Seigneur lui lavant les pieds, lui prédisant la renonciation; la montagne aux quatre fleuves, avec le Christ qui la domine, les cerfs qui s'y abreuvent; le martyre de saint Paul, la résurrection symbolisée par la croix s’élevant triomphante au-dessus des soldats endormis. Indépendante par tant de côtés du type romain, la décoration de ces sarcophages s’y rattache d’ailleurs, comme je viens de le dire, par un trait assez inattendu : c'est l'emploi répété de motifs très antiques et dont les derniers même appartiennent en propre à l'imagerie païenne : les génies vendangeant el foulant le raisin, ceux qui tiennent en signe de deuil une torche renversée! et l’image des Dioscures?. Rien ne saurait attester mieux la vitalité de ces traditions d'atelier dont Jai tenté de faire ressortir les marques *.

L'écart profondément tranché entre nos sépulcres du Sud-Est el ceux du Sud- Ouest permet de reconnaître l'origine de plus d’un monument conservé dans des parties de la France où n'existe ni probabilité ni trace d'une fabrication locale. Pour ma part, je ne saurais douter qu'un marbre de Saint-Denys, un autre de Soissons nous représentent des produits de l’école aquitaine‘; leur mode de décoration et, pour le dernier, la forme évasée de la cuve sépulcrale ne me laissent suère de doute à cet égard®. Comme le tombeau de Charlemagne à Aix, celui de Louis le Débonnaire, à Metz, a sans doute été amené d’une contrée lointaine; le passage de la mer Rouge qui y figure, et qu’on remarque

! Sarcophages chrétiens de Toulouse, Saint- Gény, Agen, Cahors, Poitiers, Saint-Maximin.

L'emploi du dernier de ces sujets, fréquemment reproduit par les païens (Visconti, Museo Pio-Clementino, IV, 16; Lasinio, Raccolta di sarcofagi del campo santo di Pisa, tav. LXIII; un sarcophage inédit dans l'église d'Ajaccio, etc.), répugnait à quelques fidèles, car on l'a retrouvé martelé sur un marbre découvert à la catacombe de saint Calliste (de Rossi, Roma sotterranea cristiana, t. NL, p- 228); bien que courant dans l'iconographie des idolâtres (Monumenti inediti dell Instituto archeologico, t. TT, tav. V; Zoega, Bassirilievi, t. I, P- 129; Archæologische Zeitung, 877, taf. VIT; épitaphe d’Au-

relia Paulina, dans la galerie épigraphique du Valican, etc.) et reproduit par les Juifs eux-mêmes

(Garrucci, Storia dell arte crist., 1. VI, tav. CDXCI, n°19), le type des génies vendangeant a été dès les premiers âges adopté par les fidèles, auxquels il rappelait les métaphores évangéliques. (Cf. de Rossi, Bullettino, 1865, p. 41.)

? P.194. Cf., pour des types porlant de même la trace de l'influence antique, p. 80 et 195.

5 Mélanges de l'École française de Rome, 1883, p. 139 etsuiv.; 1884, p. 378 et suiv.

% Voir ci-dessus, p. xr.

5 Un sarcophage à cuve évasée existe en Provence (planche LV). II s’agit Ià toutefois, comme on le verra, d’un type absolument exceptionnel et qui ne présente aucun rapport avec les tombes du Sud-Ouest, auxquelles il est de beaucoup antérieur.

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