‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 21 sur 96 · METZ · texte numérisé non relu

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Mabillon, Annales ordinis S. Benedicti, t. Il, p. 619 , 613.— Histoire de Metz par les Bénédictins, t. 1, p.263 et 560. — Boblaye, Notice historique sur l'ancienne abbaye royale de Saint-Arnould, p. 27. — Prost, Le tombeau de Louis le Débonnaiïre (Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, t. XI, { p- 133). — Garrucci, Storia dell arte cristiana, &. V, p. 139 et pl. CXXXIX. — (Ma planche IT, fig. 2,3, 4, 5.)

Le sarcophage dont je reproduis quatre fragments a servi de sépulture à Louis le

1 P. 161et 168.— ? N° 71 et 146.—° Evang. codex græcus Rossanensis, ed. Gebhardt et Harnack, taf. XVI.

Débonnaire. Placé d'abord dans l'abbaye de Saint-Arnould, «il y resta, disent les Bénédictins, qui en donnent une gravure, jusqu'à ce que Charles-Quint étant venu

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mettre le siège devant Metz en 1559, et le duc de Guise ayant résolu de faire raser l'église et le monastère de Saint-Arnoul, de crainte que l'ennemi ne s'y logeät, ce dernier fit transporter solennellement dans l’église des Frères Prêcheurs, aujourd'hui de Saint-Arnoul, le corps de Louis le Débonnaire, de la reine Hildegarde, de Drogon, évêque de Metz, de ses deux sœurs et de ses deux tantes.» Lors de la Révolution française, le sarcophage fut vendu à un marbrier de la ville, qui le débita, comme fit, à Dijon, le marbrier aux mains duquel tomba le sépulcre de saint Andoche !. Trois fragments déposés au musée de Metz viennent de cet ouvrier; la même collection possède le moulage d'un quatrième débris, publié par le R. P. Garrucei d’après un dessin pris à Metz par le R. P. Martin, chez M. Colchen. Cest celui qui porte dans ma planche le n° 3. L'original de ce morceau et deux autres avaient passé dans la collection de M. Paguet, vendue aux enchères, à Paris, en février 1867. On ne sait ce qu'ils sont devenus.

L'authenticité de l'attribution du monument est appuyée d’abord, comme on l'a vu plus haut, par le fait de la translation solennelle de 1552; elle est également confirmée par le rapprochement des fragments conservés avec les gravures données par Mabillon, les auteurs de l'Histoire de Metz, et aussi avec un dessin exécuté sur place, vers 3770, par dom Dieudonné?. Un document du xur° siècle, dont je dois la connaissance à M. Prost, mentionne le tombeau de Louis le Débonnaire;

* Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 1. 1, p. 8. — *? Bibl. de Metz, ms. n° 901, fol. 5a. Ce dessin a été reproduit dans la Notice de M. de Boblaye.

c'est un cérémonial de Saint-Arnould appartenant à la bibliothèque de Metz! Nous lisons dans ce manuscrit: «Sacerdos primo thuriferat Corpus Dominicum super altare S. Johannis Evangelistæ. .. postea. .. illud altare. .. deinde. .. altare S. Arnulphi et locum ubi S. Arnulphus jacet et tumbam Hildegardis reginæ et altare S. Martini, et tumbas Drugonis archiepiscopi et Reinaldi comitis et postea, in dextro latere, altare S. Stephani et tumbam imperatoris Lodowicr, » etc.

L'ensevelissement de Louis le Débonnaire dans un sarcophage antique nous montre une fois de plus combien ces riches monuments des anciens furent recherchés aux siècles de décadence. Au contraire du tombeau qui reeut le corps de Gharlemagne, et sur lequel est représenté l'enlèvement de Proserpine, celui-ci porte un sujet biblique : on y voit l'armée de Pharaon s'abimant dans la mer Rouge, que Moïse touche de sa baguette; derrière lui est la colonne lumineuse; les Hébreux qui le précèdent ont à leur tête sa sœur Marie, qui joue du tympanon ?. Deux figures couchées représentant, suivant l'usage antique, l'Égypte et la mer Rouge, se voient sous le groupe des soldats égyptiens.

Ge sujet, qui me semble, comme je l'ai dit ailleurs, inspiré par la liturgie funéraire Ÿ, se rencontre souvent en Gaule. Aux types que j'ai déjà notés pour notre pays, il faut ajouter un sarcophage de Moustier, dans les Basses-Alpes 4, À Rome, où le passage de la mer Rouge paraît avoir été moins souvent représenté, j'en ai relevé récemment deux reproductions inédites, l’une chez un marchand d'antiquités de la via del Leone, l'autre au cimetière de Saint-Laurent-hors-les-Murs, dans un dépôt des marbres antiques que lon trouve en cette place lorsqu'on y creuse des tombes.

Rien ne nous autorise à croire que le sarcophage de Louis le Débonnaire ait été fait dans le nord de la Gaule; il me paraît s'agir ici d’un monument sculpté dans la région du Sud, peut-être à Arles, d'où il en a été apporté un si grand nombre, etamené à grands frais jusqu'à Metz, pour recevoir les restes du souverain.

* Ancien fonds, n° 132, fol. 2 recto. —? D'après la gravure donnée dans les Annales ordinis S. Benedicti, le mono-

gramme R aurait existé sur ce tympanon. Je n’en vois pas trace sur l'épreuve photographique du débris conservé à Metz, — * Etudes sur les sarcophages d'Arles, p. xxvr et xxx. — * Ci-dessous, n° 198.

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