M] ABBAYE DE SAINT-RURF
Gazette archéologique , 1878, p. 73.— Garrucci, Storia del® arte cristiana, t. N, p. 148 et tav. CD, n° 9.—
(Ma planche VIT, Gg. 4.)
J'ai fait connaître, il y a quelques années, dans la Gazette archéologique, ce fragment, trouvé en 1835 à l'abbaye de Saint-Ruf, près d'Avignon, et conservé au musée Calvet *; le sujet qu'il représente avait depuis longtemps attiré mon attention, car c'est pour la première fois qu'il se rencontre sur un sarcophage. Le groupe principal nous montre un homme tenant par les jambes un personnage couché que l’on transporte, el dont le corps était évidemment soutenu par un ou deux autres individus. On éprouverait quelque embarras pour expliquer cette scène, si l'un des basreliefs de la célèbre cassette de Brescia ne nous l'avait donnée tout entière.
Il s’agit ici de l'histoire d’Ananias et de Saphira. Au moment où ceux des fidèles qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient et en apportaient le prix aux apôtres pour la communauté chrétienne, «un homme appelé Ananias et sa femme Saphira, disent les livres saints, vendirent un champ. De concert avec sa femme, Ananias déguisa le prix et n'en déposa qu'une partie aux pieds des apôtres. Mais Pierre lui dit : «Ananias, comment Satan a-t-il pu le persuader de mentir “au Saint-Esprit et de tromper sur le prix de ton champ? Ce n'est pas aux «hommes, c’est à Dieu que tu as menti.» En entendant ces mots, Ananias tomba et rendit l'esprit, et tous les témoins furent saisis d’une grande crainte, Des jeunes gens emportèrent le corps et l’ensevelirent. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, ne sachant rien de ce qui s'était passé. Pierre lui dit :rFemme, est-ce là le
© Bottari, Roma sotterranee, t. XXXV, et Garrucci, Storia, tav. CCCXXXI, n° sont courbés en avant. (Étude
.—* Ges derniers, sur les bas-reliefs, ur les sarcophages d'Arles, pl. VIE, et ci-dessous pl. XLIV, fig. 1.) —® Voir, sur l'église de Saint-Ruf, Révoil, Architecture romane du midi de la France, 1. 1, p. 34, 35.
«prix que vous avez vendu votre terre?» Elle répondit : «C'est bien là le prix.» Alors Pierre lui dit: « Comment vous êtes vous accordés ainsi pour tromper l'Esprit +de Dieu? Ceux qui ont enseveli ton mari sont à cette porte, et ils vont l'emporter +de même.» Elle tomba aussitôt aux pieds de l’apôtre et elle expira. Les jeunes gens, élant entrés, la trouvèrent morte, et, l'enlevant, ils l'ensevelirent auprès d'Ananias !. »
Tel était le sujet représenté sur notre marbre comme sur l'ivoire de Brescia, où l'artiste, soit dit en passant, a, suivant l'usage des temps anciens, réuni des faits non synchroniques, puisqu'il a placé dans le même cadre le mari expirant et la femme debout devant saint Pierre.
Pour la première fois, je le répète, nous voyons la mort d’Ananias figurée sur un sarcophage. À quel ordre d'idées peut se rattacher la représentation de cette scène exceptionnelle? S'il ne s’est borné à copier quelque modèle tombé sous sa main, pourquoi le sculpteur d’une tombe chrétienne nous montre-til ce grand exemple d’une punition céleste, comme ceux des sarcophages païens nous font voir les supplices d'Ixion, de Tantale et des Danaïdes? Serait-ce pour épouvanter ceux qui voudraient tenter de violer la tombe? J'abandonne à de plus habiles la solution de ce petit problème.
h4 TARASCON.
L'abbé Faillon, Monuments de l'éplise de Sainte-Marthe, p. 30. — Monuments inédits de l'apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, 1. 1, p. 574, 576. — Garrucci, Storia , t. V, p.57. — (Ma planche IX,
fig. 3.)
Le marbre mutilé que l'on connait sous le nom de tombeau de sainte Marthe est renfermé dans l'éplise de Tarascon, sous un monument de marbre blanc représen-
tant la sainte femme à son lit de mort. Un moulage en fonte du sarcophage est exposé dans le même édifice.
© Acta Apost., v, 1-10.
Voici les sujets qui y figurent :
Moïse tenant le volumen et faisant jallir la source, à laquelle se désaltèrent deux Juifs non coiffés du bonnet caractéristique; un troisième saisit le patriarche;
Le Seigneur multipliant les pains et les poissons;
Une orante debout entre deux bienheureux;
La renonciation annoncée à saint Pierre, qui lève le bras pour protester; aux pieds de l’apôtre est le coq, dans lequel M. abbé Faillon, trop préoccupé des légendes locales, a d'abord voulu reconnaître une image de la Tarasque;
La résurrection de Lazare, faisant souvent, comme nous le voyons ici, pendant au frappement du rocher!.
Les saints entre lesquels est placée l’orante accueillent l'âme dans le paradis, ainsi que le disent plusieurs inscriptions, et particulièrement celle de Cosercoli, où nous lisons les mots :
PAVLO fINIO MERENTI IN PA CEM TE SVSCIPIAN OMNIVM ISPIRI TA SANCTORYM ?