‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 32 sur 96 · TRIGINTA ET GEMINOS DECIM VIX REDDIDIT ANNOS · texte numérisé non relu

TRIGINTA ET GEMINOS DECIM VIX REDDIDIT ANNOS

HYNC CITO SIDEREAM RAPTVM OMNIPOTENTIS IN AVLAM SINE FVNERE QVYAERVAT

La tessère où l'inscription figure est placée entre deux personnages debout, vêtus du pallium, qui lèvent la main vers elle. Près d'eux sont dix autres personnages de même type tenant des livres, des volumina, ouverts ou fermés; quatre faisceaux de ces volumina sont posés à terre. À l'extrémité droite du couvercle, on remarquera une patte de lion supportant un pupitre sur lequel est posé un livre ouvert. Un meuble semblable, dont la base seule reste, figurait en pendant à gauche.

Il ne me paraît pas douteux que les douze personnages à pallium ne nous offrent l'image des douze apôtres. D'après la place qu'ils occupent à la tête de chacun des groupes, ceux qui accostent le cartouche central doivent être saint Pierre et saint Paul. Leur geste caractéristique, dirigé vers l'inscription où se lit le nom du défunt, me semble indiquer qu'ils acclament ce dernier à son entrée dans le séjour céleste?. Nous retrouvons en effet ce même geste, cette-même attitude dans la fresque représentant sainte Pétronille accueillant un fidèle au paradis”, sur un sarcophage arlésien, où deux bienheureux saluent une âme chrétienne *, et aussi, à mon sentiment, sur une tombe du Gampo Santo de Pise où j'incline à voir l'image d’une morte acclamée par un chœur de saintes”. Si mon interprétation est exacte, le nom

! Planche [V. : Étud. sur les sarcophages d'Arles, pl. XIT,n° Letp. 37. C£ n° 44. $ La Vierge au ciel représentée sur un sarcophage an- * De Rossi, Bullettino, 1875, Lav. I. ique, p. b. (Revue archéologique, décembre 1877.)

: VIENNOISE. 33 du défunt recevrait donc ici les mêmes honneurs que nous voyons attribuer ailleurs à son image.

(Ma planche XI, fig. 2.)

J'ai indiqué ailleurs, parmi les marbres arlésiens, un fragment représentant les jeunes Hébreux dans la fournaise ! et donné, disais-je, par Montfaucon d'après Peiresc, avec celte note : « Monsieur Peirese ne dit pas où étoit cette figure; il y a apparence qu’elle étoit à Arles; du moins se trouve-t-elle entre d’autres figures dessinées dans la même ville. » Notre marbre, si, comme il le paraît bien, est celui dont parle Peirese, est encore plus mutilé qu'il ne l'était du temps de cet érudit. On n'y voit plus que deux des jeunes hommes et le personnage du fond. En tout cas, on sait l’origine du fragment d'Arles : M. Gauthier Denottes l'a rapporté, il y a environ trente ans, des Saintes-Maries, où il était encastré dans le mur d’une construction.

La représentalion des trois Hébreux miraculeusement sauvés des flammes me parait être, comme je l'ai dit ailleurs, un des nombreux types de salut que les fidèles rappelaient en priant sur les tombes ?. Dans tout le monde chrétien, le souvenir de ces jeunes vaillants était demeuré très vivace. I existait à Alexandrie un temple construit en leur honneur et appelé Ierpeoæérys, dénomination barbare formée des mots Tpeis aides, que précède l’article copte*.

A8 (Ma planche XIT, fig. 1.)

Fragment comprenant deux sections de la face d’un sarcophage à colonnes torses surmontées d’un arc et d’un fronton. Au-dessus de ces colonnes, des colombes becquelant des fruits qui s’échappent de corbeilles renversées, type qui, comme je l'ai dit plus haut", se rencontre souvent sur les tombes païennes.

Premier sujet : saint Paul arrêté par deux hommes à tunique courte et tailladée, dont l’un tient une épée.

Second sujet : le Christ remet la clef symbolique à saint Pierre, qui la recoit respectueusement dans le pli de son manteau.

Gomme on le voit souvent, saint Paul est ici représenté chauve, en face de saint Pierre chevelu®.

Ce marbre vient d'Arles: il a été donné, en 18/9, au musée d'Avignon, par

M. Clément, de Marseille.

1 Études sur les sarcophages d’Arles, p. 55, n° xuv. * Introduction, $ 1. * Ibid., p. xxvr, xxvn. * De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana 1864, * Quatremère, Mémoires géographiques el historiques p. 86 et lav., fig. 1; Garrucei, Verri, a° édit., P: 79: sur l'Égypte, t. I, p. 267. 80.

INPRIMERIE NATIONALE.

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