‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 34 sur 96 · SA D · texte numérisé non relu

SA D

Ruffi, t. IL, p. 127. — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, & WT, p.173 et pl. LIX, n° 3. — De Jouffroy et Breton, Antroduction à l'histoire de France, pl. XXXVIT. — L'abbé Dassy, Revue de l'art chrétien, &. DE, p. 215. — Penon, Catalogue du musée de Marscille?, n° 195.— Garrucci, Storia del? arte cristiana, Teorica, p. 247 et t. V, p. 56, tav. CCCXXXIT, n° 1. — Appell, Monuments of early christian art. Sculptures and catacomb painting, p. k4.— (Ma planche XIL, fig. 4.)

Au musée.

«Tombeau de marbre blanc de deux vierges du nombre de celles qui souffrirent avec sainte Ursule;» ainsi est désigné par Rufhi ce sépulere provenant de la crypte de Saint-Victor.

Le Christ, debout sur la montagne d’où sortent les quatre fleuves, donne la loi à saint Pierre, placé à sa gauche et qui la recoit respectueusement dans un pli de son manteau. Le chef de l'Église est caractérisé par la longue croix qu'il porte sur son épaule”. À la droite du Seigneur est saint Paul. Au-dessus de sa tête, ornée du nimbe, la main de Dieu tient une couronne; il en est de même sur un objet contemporain, le grand médaillon d'or du trésor de Szilagy-Somlyo, représentant la main céleste couronnant Constantin". Dix apôtres sont répartis sous les six arcades de droite et de gauche. Au milieu du couvercle que Ruff a vu autrefois tout entier, deux génies soutiennent une tessère sans inscription, que surmonte le monogramme je accosté de VA et de l'W. De chaque côté, un dauphin tenant à sa bouche un petit objet de forme ronde, quelque aliment sans doute, dans lequel Millin et d’autres après lui ont arbitrairement voulu reconnaitre le statère trouvé dans la bouche d’un poisson (Matth., xvn, 26). Il y a là, je crois, une méprise. Souventles artistes, aux temps antiques, ont représenté le dauphin tenant une proie qu'il vient de saisir, quelque poisson et d'ordinaire un poulpe. Il en est ainsi pour celui qui forme Île pied d'un petit candélabre d'Herculanum”, sur une pierre païenne encastrée dans

? Voir Salazzaro, Studi e monument delP Italia meri- pas qu'elle ait jamais existé dans les catacombes de

dionale, 4° part., p. 5 et la planche; Garrucci, Storia, tv. IG et CIT; de Rossi, Bullettino, 1871, p. 156. Dans son Histoire de Dieu, p. 376, M. Didron a publié un dessin pris, dit-il, sur une fresque des catacombes et portant une croix placée entre quatre livres ouverts et nimbés qui représentent les Évangiles. M. de Rossi, auquel j'ai demandé où se trouve celte peinture, ne pense

Rome.

* Afin d’abréger, je ne citerai que ce catalogue, qui estle dernier paru.

® Études sur les sarcophages d'Arles, p. hh.

* Frühner, Les médaillons de l'empire romain, p.305. * Musée de Naples, petits bronzes, n° 72291.

l'anneau d'Adhémar, évêque d'Angoulême !, sur une édicule du musée du Vatican ?, et nous retrouverons plus loin ce même motif dans un bas-relief de Saint-Maximin ?. C'est à limitation des anciens que Raphaël, si familier avec leurs œuvres, nous montre, dans la célèbre fresque de la Farnésine, l'un des dauphins du char de Galatée saisissant un poulpe.

Sur la droite, aujourd'hui fort mutilée et où toutes les têtes manquent, à l’exception de celle du dernier personnage, un homme vêtu du pallium tendait le bras vers le monogramme central; on voit ensuite le Christ touchant de la main trois des urnes de Cana, puis la représentation, fort rare sur les sarcophages, des deux Israélites portant la grappe de la terre promise". À la gauche, des cerfs boivent aux quatre fleuves s’échappant du flanc de la montagne, sur laquelle l'agneau est debout entre deux palmiers, image en raccourci du cæleste nemus paradisi dont parle saint Paulin de Nole° et du lieu de délices où l'élu, suivant le mot de saint Augustin, ponit os ad fontem tuum, Domine, et bibit quantum potest®. J'ajoute que le verset du psaume xL1 : Quemadmodum cervus desiderat ad Jontes aquarum élait de ceux qui, dans les temps anciens, se récitaient aux funérailles?

Le sujet que présente notre marbre se rencontre une seconde fois à Marseille sur un sarcophage disparu, dont je parlerai plus loin. Comme plusieurs autres, ce type s'est perpétué dans l’art chrétien; nous retrouvons en effet au 1x° siècle, sur une mosaique de l'église de Sainte-Praxède, le groupe même de notre bas-relief, l'agneau sur la montagne aux quatre fleuves où les cerfs se désaltèrent*.

Je viens de rappeler au lecteur des textes qui montrent comment l'image du cerf peut se rattacher à une idée funéraire. Je n'ignore pas toutefois que ce symbole avait surtout des rapports étroits avec le sacrement du baptême, et je noterai à ce sujet un fait qui intéresse l'histoire de l'art chrétien sur notre sol. Un évêque de Viviers qui souscrivit, en l'an 517, au concile d'Épaone, saint Venance, fit

* De Rossi, Bullettino, 1870, tav. IV, n° 6.

* N° 91 de la galerie des inscriptions.

? PL LU, fig. 1. Voir encore de Clarac, Musée du Louvre, bas-reliefs, pl. DGVIIE, DOX, DCXXVIIL.

* Ce sujet, auquel on a attaché diverses significations symboliques (le cardinal Pitra, Analecta spicilegio Solesmens parata, L. IL, p- 36, etc.) et qui se retrouve sur les lampes de terre cuite en Afrique (Mém. de la Société de Constantine, t. XX, pl. XIV, n° 481), comme en ltalie, a, paraît-il, plu aux faussaires. Il existe à Rome, chez

certains marchands d'antiquités, un grand nombre de lampes timbrées de ce relief et manifestement contrefaites. * Epist. xxx, ad Severum, $ 19.

® Confe

? Dom Martène, De antiquis Ecclesie ritibus misse

defunctorum , t. Il, 1081 : « Psal, Quemadmodum desiderat»; 1083et1087 : « Psal. Quemadmodum» ; 1119: « V. Sicut cervus»; 1114 : + Psal. Sicut cervus.»

$ Garrucci, Storia dell arte cristiana, tav. C:

* Voir, pour le lien qui me paraît exister entre les li- Studes sur les sarcophages d'Arles, p. xxi-xxxix. L'un des points sur lesquels je me suis appuyé pour établir cette connexilé est l'âge reculé de la prière qu'on nomme Com-

turgies funéraires et les bas-reliefs des tombeaux,

mendatio animæ : «Libera, Domine, animam ejus,» ete. Le fait de cette antiquité me paraît confirmé par l'existence d'un grafhto, par malheur mutilé, que j'ai copié à Rome dans la catacombe des saints Marcellin et Pierre, grafito qui nous donne les mots Domine libera. . . très probablement empruntés à l’oraison dont je parle.

élever et orner, dit l'auteur de sa vie, un sanctuaire dédié à saint Julien; dans le baptisière de cette église, il plaça un cerf de bronze de la bouche duquel s'échap-

pait un jet d'eau L

Dom Chantelou, Ercerpta e chartularis, necrologüs, elc., fol. 156 v° (Bibl. nat., ms. lat. n° 13820). — Mabillon, Annal. Bened., t. I, p. 90. — Rufli, Histoire de Marseille, t. IT, p. 128. — Notice des monuments conservés dans l'église noble et collégiale de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, p. 16. — L'antiquité de l'éplise de Marseille, par ME l'évêque de Marseille, t. 1, p. 91. — Grosson, Recueil des antiquités et monuments marseillois, p.162, pl. XXI, n° 2. — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, t. UE, p. 177 et pl. LVL, n° 9. — L'abbé Dassy, Revue de l'art chrétien, t. IN, p. 9. —

Le R. P. Cahier, Nouveaux mélanges d'archéologie, Décoration d'églises, p. 95.— Verlaque, Notice sur sainte Eusébie, p. 28. — Penon, Catalogue, n° 110. — Appell, Monuments of early christian art, p. Lo.

— Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 83 et tav. CCCLVIT, n° 9. — (Ma planche XIV, fig. 2.)

Sarcophage tiré de l'ancien cimetière de Paradis? et porté dans la crypte de Saint-Victor, où il était, comme on le voit pour ceux des catacombes romaines, «enchässé dans une sorte de niche». Sur la face de cette tombe, aujourd'hui conservée au musée de Marseille, on voit le buste d’un personnage décoré de la lena des clarissimes et dont le nez est mutilé, comme il arrive si souvent pour les figures antiques; au bas du cadre arrondi où se trouve cette image, l'artiste a représenté Jonas couché sous la cucurbita aux fruits pendants; devant lui, au milieu des lots, la tête du monstre qui vient de le rejeter; à gauche, Moïse frappe le rocher; à droite, le même patriarche recevant les tables de la loi. Tels sont les sujets fort clairs de bas-reliefs que les anciens auteurs ont expliqués de la façon la plus étrange.

Une légende locale se rattache à ce monument, décrit ainsi par dom Chantelou : eTumulus Eusebiæ abbatissæ monasterii S. Quiricii a S. Cassiano fundati prope urbem; quæ ne pudicitiæ suæ vis a paganis inferretur, nasum sibi præscidit; quam traditionem confirmat generosæ illius heroinæ efligies dimidia facie e naso præsciso supra tumulum posila cum epigraphe :

Per“ hic requiescet in passe Eusebia religiosa Magna ancela Dni

1 Vita S. Venant, $ à (Bolland. 5 Aug.) : «Nihilominus et baptisterium in ipsa supra memorata ecclesia cum labulatis et columnis marmoreis. . . . miro fundavit opere : sub terra vero aquam venientem in ipsam ecclesiam... deduxit : quam et per meatus plumbeos in altum respirans etiam æneus cervus in medio stans evomebat.» Plusieurs des baptistères de Rome étaient ornés de cerfs d'argent jetant de l'eau (Anastas. bibl., p. 36, S. Silvester; p. 57, S. Innocentius). Cf. Burmann, Anthol., t. IT, p. 623. Le cerf buvant à un cours d’eau figure sur une mosaïque trouvée à Valence (Drôme) et

que l'on croit avoir appartenu à un antique bapistère. (Garrucci, Storia dell arte cristiana, 1. IV, p. 95 et pl. GGLXXVIL.)

* CF Ruffi, £. IT, p. 1143 Grosson, p. 98.

* Grosson, p. 169; L'antiquité de l'église de Marseille, t. 1, p. 91. Cf. de Rossi, Roma sotterranea, t. UT, p. 4h et 445; Bulleuino, 1876, tav. XIL.

Cest le nan que dom Chantelou inter-

prète par le mot Per, dans une copie défectueuse qu'ont reproduite les Annales ordinis S. Benedicti.

VIENNOISE. “ui

Qui in secullo ab heneunte etate sua vixit Secolares annus XIIT et ubi a Dno Ellecta est in monasterio sanctorum Cyrici Servivet annus quinquagenta recesset sub Die pridie kall. Octobris indictione sesta. »

Cette note et un mot inséré dans la première édition de Ruffi (1647) sont, à ma connaissance, les premiers textes où l’on mentionne la légende relative à sainte Eusébie, lévende probablement ancienne, mais dont il n'est toutefois pas question dans un bréviaire manuscrit donné, en 1497, au monastère de Saint-Victor !. Si une victime des Sarrasins descendus en Provence au vm® ou au 1x° siècle? a été, comme il est fort possible, et suivant un usage connu d'ailleurs, déposée dans un sarcophage antique, il nous faut toutelois reconnaître que nos pères se sont trompés en voyant, dans une figure masculine dont le nez est accidentellement mutilé, l'image d'une héroïne chrétienne. Quant à l'épitaphe placée autrefois au-dessus du tombeau et qui existe encore”, elle se classe par sa formule parmi les monuments du v° ou du w°siècle “; cette inscription est donc de beaucoup antérieure au lemps des invasions sarrasines.

Guesnay, 5. Johannes Cassianus illustratus, p. 3. — RuM, Histoire de Marseille, t. Il, p. 196. — Notice des monuments conservés dans l’église noble et insigne collériale de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, p- 18. — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, 1. NT, p. 176 et pl. LVI, n° 5. —L'abbé Dassy, Revue de l'art chrétien, t. VE, p. 225 et pl. VI. — Van Kothen, Notice sur les cryptes de l'abbaye de Saint-Victor-lez-Marseille, p. 64. — Le R. P. Cahier, Nouveaux mélanges d'archéologie, Décoration d'églises, p. 96. — Penon, Catalogue du musée d'archéologie de Marseille, n° 115. — Le R. P. Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 102 et tav. CGCLXVIIT, n° 1.—(Ma planche XVI, fig. 2.)

Un riche reliquaire de l'église contient, disent les chroniques de l'abbaye de Saint-Victor, la tête et un bras de saint Cassien, l'illustre fondateur du monastère. « Le reste du corps repose dans un tombeau de marbre de l'église inférieure, posé sur quatre colonnes et devant lequel la vénération des fidèles entretient une lampe qui brûle jour et nuit?.»

Rulli nous a gardé l'image de la tombe ainsi disposée; c'est un petit sarcophage porté sur une dalle à moulure que soutenaient, suivant la mode des temps mérovingiens, des colonnettes, aujourd'hui disparues °.

Le bas-relief de ce monument, conservé au musée de Marseille, a été très

* DeRey, /nvasions des Sarrasins en Provence, p. 144. =

* Reinaud, Jnvasions des Sarrasins en France, p. 137. et x. * On la trouvera dans mon recueil des Inscriptions * Guesnay, Cassianus illustratus, p. 3. chrétiennes de la Gaule, n° 545. ° Conf. ci-dessus p. 15.

Inscriptions chrétiennes de la Gaule, préface, p. 1x

IMPRIMERIE NATIONALE

diversement interprété. Dans le personnage du milieu qui prie, les bras en croix,

on a vu le Christ, Dieu le Père, un prêtre ou le jeune défunt. L'enfant tenu dans les bras de son père a paru aux uns être un oblat, aux autres le Christ porté par ses parents au temple. Un bienheureux, non caractérisé, debout à l'extrémuté de droite et tenant un pan de son pallium, a été présenté arbitrairement comme une image de saint Cassien.

C'est bien au Maître suprême que le jeune garçon est présenté ou offert par ses parents; le fait ne saurait être douteux, puisque le père, pour tendre en avant son enfant, s’est respectueusement voilé les mains, selon la coutume des âges antiques !. Par une bizarrerie qu'expliquent les irrépularités fréquentes dans les œuvres d'art de ce temps, l'être divin auquel s'adresse l'hommage n’est toutefois point représenté; on ne saurait le reconnaitre dans l’orant vers lequel le groupe est tourné, car les anciens sculpteurs n’ont point figuré le Christ en prière. J'ajoute que ce personnage central, dont le type ne rappelle en rien celui du Sauveur, est placé, comme le sont les défunts sur un grand nombre de tombeaux, entre deux saints qui l’accueillent en tendant la main vers lui; il en faut conclure, me paraît-il, que ce personnage est l'enfant admis inter sanctos, inter electos, ainsi que le demandent les prières funéraires .

La maladroite substitution d’un autre type à celui du Seigneur n'aurait rien qui pût me surprendre, car, sans parler d'autres erreurs commises par les sculpteurs

des tombes", nous rencontrons ailleurs la marque d’une distraction non moins étrange. On sait combien de fois les anciens ont reproduit l'image d'un enfant effrayant son compagnon avec un grand masque de théâtre. Celui qui recule, saisi par celte apparition inattendue, se rejette en arrière, les mains levées, tandis que l'autre marche vers lui caché par la larva gigantesque. Représenté seul et sans l’épouvantail, l'enfant effrayé n'aurait point de raison d'être; nous le trouvons pourtant ainsi sur plusieurs sarcophages que le savant M. Charles Robert a ingénieusement rapprochés des autres dans une planche dontil a bien voulu me communiquer l'épreuve*. Rien ne montre mieux le peu de réflexion avec lequel les sculpteurs de ces sortes de monuments ont parfois introduit, dans les bas-reliefs, des figures dont on s'efforce en vain d'expliquer la présence.

Quant au fait de l'oblation de ce fils déjà grand et non point nouveau-né, je crois y retrouver la traduction faite pour les yeux d’une pensée familière aux premiers

* Les saints qui, dans les mosaïques, apportent des * Inscriptions chrétiennes de la Gaule, €. Il, p. 13 couronnes au Christ ont également les mains voilées. et275. (Garrueci, Storia, tav. COXXX VIT, CCCXLV, GCCXLIX. * Etudes sur les sarcophages d'Arles, p. van et 1x.

CCI, p. 185.) * Le savant allemand prépare, comme on le sait, un

© Études sur les sarcophages d'Arles, p.13 ,28, etc. grand recueil comprenant tous les sarcophages païens.

VIENNOISE. 43 chrétiens, et qui présentait la perte d’un enfant comme une offrande faite au Seigneur. ORBATI NON SVNT DONA DEDERE DEO, est-il dit des parents dans une inscription lyonnaise !; le marbre d’un fidèle enseveli aux catacombes porte les mots IS CRISTO DATVS?, et Marini a publié une autre épitaphe dans laquelle des parents disent avoir offert à Dieu, OBTV(ISSE DO, trois enfants dont ils pleurent la mort*.

Le marbre de Marseille nous donne un type des rares figures masculines représentées en prière sur les sarcophages.

Peirese, ms. 6019, fol. 98 (Bibl. nat., fonds latin). — Ruffi, Histoire de la ville de Marseille, t. I, p. 127. —Grosson, Recueil des antiquités el monuments marseillois, p. 151 et pl. XIX, n° 1.— Penon,

Catalogue du musée d'archéologie de Marseille, n° 17. — (Ma planche XVI, fig. 1.)

Marbre de même provenance, conservé au musée de Marseille. «Il a probablement, dit Grosson, été enlevé de l’ancien cimetière pour orner le tombeau que les moines de Saint-Victor disoient être celui de quatre frères du nombre des sept dormants. » Îl ne s'agit pas ici, comme l'ajoute l’auteur, d’une réunion de savants ou de philosophes; nous avons sous les yeux le débris d'une représentation fréquente sur les sarcophages chrétiens et qui montre, devant un fond d'architecture, le Christ au milieu des douze apôtres debout et tournés vers lui". Les personnages de notre bas-relief nous représentent une part des six apôtres groupés à la droite du Seigneur. Ainsi qu'on le voit souvent dans les figurations de l'espèce, l’un d'eux fait, en levant un bras, le geste de l’acclamation?.

Ruffi, Histoire de Marseille, t. I, p.126. — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, t. IF, p. 167 et pl. LIX, n° 4. — L'abbé Dassy, Revue de l'art chrétien, &. IV, p. 5. — Penon, Catalogue du musée d'archéologie de Marseille, n° 132. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 69 et tav. CGCXLIIT, n° 1. — Appell, Monuments of early christian art, p. ho. — (Ma planche XIII.)

Même provenance, Ge tombeau, déposé au musée de Marseille, est désigné par Rufli comme contenant les restes de saint Maurice.

Le Christ, imberbe, siège sur un lieu élevé entre ses apôtres, qu'il domine. Ses pieds sont posés sur une roche au bas de laquelle une brebis, image symbolique du défunt, lève la tête vers le Seigneur. Dans les retombées des voütes sont des dauphins, des couronnes à lemnisques flottants, des colombes becquetant des fruits dans des corbeilles.

! Inscriptions chrétiennes de la Gaule, &. I, p. 552. Jean et Garrucci, Storia, tav. CCCXXIV, CCCXXVI, ? De Rossi, Bullet. archeol. erist., 1899, p. 137. GCCXXVIIT.

* I papiri diplomatici, p. 286. Cf. Études sur les sar- 5 Études sur les sarcophages d'Arles, p. 27. Les Actes cophages d'Arles, p. 8. des Martyrs, supplément aux Acta sincera de dom Rui- * Voir ci-dessus, p. 1, lesarcophage de Moutier Saint- nart, S 4.

Un couvercle en dos d'âne, terminé, suivant la mode antique, par deux têtes de grande dimension, a été posé sur ce sarcophage; mais il ne lui appartient pas, comme le démontre, avec ses dimensions, la place des entailles où étaient scellées les agrafes de métal qui le reliaient autrefois à une tombe. L'épitaphe métrique qui figure sur ce couvercle, et dont j'ai parlé dans un autre livre ?, célèbre les vertus d'une noble et sainte femme appelée Eugénie.

Rufli, Histoire de Marseille, t. I,p. 126. — Millin, Voyage, ete., t. IT, p. 170 et pl. LVITE, n° 5. — Piper, Mythologie der christlichen Kunst, t. 1, p. 218. — L'abbé Dassy, Revue de l'art chrétien, t. HT, p. 209. — Penon, Catalogue du musée de Marseille, n° 159. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, 1. , p. 71 ettav. CCCXLVI, n° 1. — Appell, Monuments of early christian art, p. 40. — (Ma planche XIV. fig.1.)

Même provenance.

Tombeau conservé au musée de Marseille et ayant reçu, d’après la tradition, les restes des martyrs compagnons de saint Maurice. Ruffi, qui en donne une gravure, nous le montre avec un couvercle, aujourd'hui disparu, représentant de petits génies ailés faisant la moisson, la vendange et foulant les raisins dans la cuve; deux autres, debout au centre, soutiennent la tessère où devait être inscrite l'épi-

taphe.

Dans le compartiment central, le Christ imberbe, tenant le volumen roulé, est assis entre deux apôtres d’une taille inférieure à la sienne. Deux adorants plus petits encore, un homme et une femme, sont agenouillés à ses pieds. Sans que rien puisse justifier son sentiment, Millin propose de reconnaître dans ces deux personnages saint Joseph et la Vierge figurant deux défunts. Il n’en peut être ainsi, car, pour les sarcophages destinés à recevoir deux corps, la hauteur extérieure des cuves est, au minimum, de 70 centimètres, et celui dont je m'occupe n'en mesure que 56.

J'ai déjà eu l’occasion de parler de la taille supérieure donnée par les fidèles des premiers siècles au Seigneur et aux saints; les artistes païens distinguaient de même les mortels des Dieux et des héros. La tendance à faire de la sorte se retrouve encore aujourd'hui chez les peuples neufs; c'est ainsi que les scènes de martyre

© J'ai donné ailleurs le dessin d’une de ces agrafes (Études sur les sarcophages d'Arles, p. 23). — ? Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. IL, n° 543.

peintes dans l'extrême Orient nous montrent le chrétien d'une taille infiniment plus haute que celle des bourreaux qui le supplicient !.

Les sujets sculptés sur la gauche du sarcophage de Marseille sont difficiles à déterminer. Le personnage à demi chauve tenant un volumen et qui, sous la première arcade, converse avec le Christ, semble bien être saint Paul, si on en compare le type avec celui d’un sarcophage de la même ville où la représentation de l'apôtre est certaine?, Il reparaïit dans la deuxième scène entre deux hommes figurés tête nue dont l'un tient deux pierres et l’autre une seule, qu'il lève avec un geste menaçant; ce dernier est armé d'une épée. Le Rév. Père Garrucei pense qu'il faut voir ici d’abord le Ghrist apparaissant et parlant à saint Paul sur le chemin de Damas. puis la lapidation de l'apôtre par les Juifs à Lystra. É

Les deux scènes de droite, fort souvent répétées sur les tombes, montrent le Christ amené devant Pilate, auquel un esclave apporte laiguière et le bassin. Sur un trépied posé à terre, le sculpteur a placé, suivant l'usage, un vase que le même savant a inexactement, à mon avis, considéré comme l’urne destinée à recevoir les tablettes des votes émis par les différents juges *. On n'était plus, lors du procès du Christ, au temps des questiones perpetuæ; le gouverneur jugeait alors assisté de son consilum, avec lequel 1l se bornait à conférer avant de prononcer la sentence.

Dans les retombées de voûtes sont des couronnes à lemnisques, des corbeilles renversées d'où s'échappent des fruits, et d’autres dans lesquelles becquètent des colombes “,

Les faces latérales de la tombe portent de simples imbrications.

5 8 Ruffi, Histoire de Marseille, t. I, p. 130. — Notice des monuments conservés dans l'église noble et insigne collégiale de Saint-Victor de Marseille, p. 18. — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, t. UE, p. 181 et pl. LVL, n° 4. —F. Piper, dans le Cours d’antiquités monumentales de M. de

Caumont, t. VI, p. 213 et pl. XCIV, fig. 3. — L'abbé Dassy, Revue de Part chrétien, L. V. — De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana , 1867, p. 71. — Van Kothen

Notice sur les cryptes de l'abbaye de Saint- Victor-lez-Marseille, p. 69. — Penon, Catalogue du musée d'archéologie de Marseille, n° 139. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 78 et tav. CCCLIT, n° 1. — (Ma planche XI, fig. 3.)

Au musée; même provenance.

Grégoire de Tours raconte par quel miracle un navire apportant à Marseille les reliques des saints Chrysanthe et Darie fut sauvé d’une tempête furieuse5. Ces reliques ou d’autres des mêmes saints reposaient, d’après la tradition, dans la tombe dont je reproduis l'image.

? Ma notice intitulée Les martyrs de l'extrême Orient © Sioria del? arte cristiana, 1, L, p. 386. et les persécutions antiques. (Revue de l'art chrétien, 1877.) * C£ Introduction, $ n. * Planche XI, fig. 3. * De gloria martyrum, e. 1xxxu.

ET es a

Le groupe central, très mutilé et qui, selon une croyance bizarre, aurait contenu un sujet obscène, représentait en réalité une couronne à lemnisques flottants, sous laquelle était la croix’, dont les points d'attache se voient encore entre les deux cerfs qu'elle surmonte; au-dessus d'eux, selon toute apparence, le monogramme * était inscrit dans cette couronne?. C'est aux quatre fleuves du paradis que boivent les cerfs symboliques.

Par une disposition correspondant à la place donnée communément, sur les sarcophages, aux princes des apôtres, les trois sujets de gauche sont relatifs à saint Paul, ceux de droite à saint Pierre. Les premiers représentent saint Paul avec le soldat qui va le décapiter au lieu dit les Aque Salviæ. D'après l'usage suivi pour indiquer les fleuves et les sources, le sculpteur a figuré ici une tige de roseau *; l'avant d’une barque tracé de même au dernier plan rappelle que le lieu du supplice était voisin du Tibre“, La seconde scène nous montre l'apôtre aux mains d'un homme non caractérisé par son costume et qui lui a passé une corde au cou. La présence d’une femme debout auprès d'eux à été diversement interprétée. Deux chrétiennes tiennent une place importante dans lhistoire de saint Paul : sainte Thècle, dont les actes présentent tant de marques d’antiquité ; Plautilla, qu'un autre écrit apocryphe, attribué au pape saint Lin, nous montre assistant au martyre de saint Paul. Des maîtres en archéologie chrétienne, le R. P. Garrucci et M. de Rossi sont divisés sur ce point : le premier voit ici sainte Thècle; le second, à l'avis duquel s'est rattaché dom Guéranger”, pense que le sculpteur a représenté la noble Romaine. Le choix est assez difficile entre les deux opinions opposées, mais la juxtaposition de la seconde scène à celle de la décollation me porte à penser qu'il s'agit plutôtiet d'une image de Plautilla. Dans les deux cas, nous aurions à noter un emprunt de plus fait par les artistes chrétiens à la littérature apocryphe?.

La troisième division et la quatrième représentent saint Paul et saint Pierre acclamant le signe du Christ, qui occupait le centre. Viennent ensuite l'annonce du son bonnet. Des arbres

reniement et saint Pierre arrêté par un Juif que caractéri dont les feuillages se rejoignent séparent les scènes que je viens de décrire. Autour de deux de ces arbres s’enroule un serpent qui menace un nid. J'ai fait observer ail-

leurs que ce motif me paraissait purement ornemental, et qu'il était hasardeux de lui

! Études sur les sarcophages d'Arles, pl. XIV. Mêmes accessoires sur un sarcophage de Saint-Maximin © Jbid., pl. XIE, fig. 0. (ci-dessous, pl. LIV, fig. 1) et ailleurs. * Zocpa, Bassirilievi di Roma, t. IL, tav. LV; de * De passione Pauli, lib. IL. (Bibl. maxima veterum Rossi, Bullet. dé archeologia cristiana, 1872, tav. Il; Patrum, ed. Lugdun., t. IT, p. 72.) Garrucci, Storia dell arte cristiana, tax. GGCXXIV, ® Histoire de sainte Cécile, éd. Didot, p. 104. n° 9, etc. 7 Cf. de Rossi, Bullettino, 1865, p. 30 et 31; Ch. “ Prudent, Peristeph., xx, v. 7e Bayet, La peinture et la sculpture chrétiennes en Orient,

p.114; Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. IE, p. 280

Scit Tiberina palus quæ flumine lambitur propinquo Binis dicatam cæspitem trophæis. et 281.

prêter un sens mystique '; j'en dirai autant du colimaçon qui monte au tronc d'un arbre placé à gauche, et dans lequel on a voulu voir un autre symbole; il n'y a là pour moi qu'un accessoire insignifiant introduit par la fantaisie de l'artiste. Je le retrouve dans un coin de paysage représenté sur une tombe dont M. Roller a publié la photogravure? et dans un autre relief sculpté en bois sur les portes de Sainte- Sabine, où le mollusque figure à côté d'un lézard.

Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, t. M, p. 177 etpl. LIX, n° ». — L'abbé Dassy, Revue de Part chrétien, t. NT, p. bol. — Penon, Catalogue des objets contenus dans le musée d'archéologie de Marseille, n° 82. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. N, p. 68 et tav. CCCXLIT, n° 1. — (Ma planche XI, 6g. 1.)

Au musée.

Sarcophage de pierre incomplet, tiré de même des cryptes de Saint-Victor. Le Christ imberbe, nimbé, tenant un livre, était assis entre six apôtres, dont le dernier de gauche a disparu. Sur la face latérale de droite, seule conservée, se détache en relief un très grand monogramme cruciforme accosté de l’À et de l'U; l'extrémité du rho de ce chiffre se recourbe extérieurement, comme nous le voyons ailleurs en Gaule, dès la fin du rv° siècle ÿ.

Une lettre où Scipion Maffei parle à la marquise de Caumont des sarcophages antiques de Saint-Victor mentionne un tombeau disparu qui n'est signalé nulle part ailleurs : «À un autre, qui est, dit-il, dans l'église souterraine, on voit l'enlant Jésus dans le berceau, qui est cependant gâté et rongé, les mages sans COuronne, les anges en l'air et deux animaux en bas qui paissent". » Ces deux derniers détails ne se rencontrent sur aucune tombe des premiers âges chrétiens; à les tenir pour exacts, ils devaient done donner au marbre de Saint-Victor un prix tout parüiculier.

Peirese, Bibl. nat., ms. 6012 du fonds lat., fol. 103. — De Rossi, Bull. di archeolopia cristiana, 1866. p. 46 et be. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 12 et tav. CCCLXXXIV, n° ».

Peirese indique comme se trouvant à l'abbaye de Saint-Victor (ad Sancti Vicboris) un couvercle de sarcophage dont il donne le dessin, Le milieu du marbre est

1 Études sur les sarcophages d'Arles, p. 8. Gaule, pl. L,n° 292.) Cf, Garrucci, Storia dell arte cris- ? Les catacombes de Rome, pl. XXXHT. tiana, t. V, p. 83; de Rossi, Bulletino di archeologia * Voir, à Vienne, l'inscription de Fœdula, qui fut cristiana, 1880, p. 154.

baptisée par saint Martin. (Inscriptions chrétiennes de la * Gallie antiquitates, p. 151.

occupé par une tessère sans inscriplion , que soutiennent deux génies nus et ailés; à gauche on voit Jonas vêtu, rejeté par le monstre, puis endormi sous la cucurbite

devant la porte de Ninive; à la droite, Daniel, nu et debout, les bras en croix, entre les lions. Aux extrémités sont les bustes de deux personnages barbus, vêtus du pallium, les deux premiers doigts étendus. J’y reconnais, avec M. de Rossi, des images de saint Pierre et de saint Paul, substitués iei, comme ailleurs, aux masques où aux têtes de grande dimension que les païens et les fidèles avaient coutume de sculpter aux extrémités des couvereles des sarcophages. Cette représentation et celle de la porte de Ninive distinguent notre marbre de ceux du type commun.

Peirese, Bibl. nat., fonds français, ms. n° 9530, fol. 138.

«À Saint-Victor-lez-Marseille, 15 décembre 1626.» Telle est la note jointe par Peirese à deux croquis des plus grossiers qui nous rappellent l'existence d’un couverele de forme assez rare; ainsi que celui de quelques tombes païennes de Pise et de Rome! et d’une autre trouvée à Marseille même?, le nôtre représentait un toit couvert de tepulæ et d'imbrices. « Le dessus du couvercle, écrit Peirese, est à dos d'asne. À un bout dudit couvercle qui est comme en triangle, il y a comme audessus d’une coline ou d’un autel un mouton ou un taureau, et aux deux costés deux brebis, à peu près comme ci-dessoubs. »

Si grossier que soit le dessin, on reconnaît facilement ici un sujet familier aux artistes chrétiens : l'agneau debout sur la montagne d'où s'échappent les quatre fleuves du paradis et au bas de laquelle se tiennent deux brebis.

Pour épuiser tout ce qui m'est connu des marbres chrétiens de Saint-Victor, je noterai deux fragments existant encore à cette heure sur la plate-forme de l'église. Le premier est un débris de tombeau, large de 60 centimètres et représentant deux apôtres debout, séparés par une colonne torse; le second, qui mesure 60 centimètres dans sa longueur, provient de la partie gauche d’un couvercle de sarcophage; on y voit trois arcades soutenues par des colonnettes et sous chacune desquelles est

? Lasinio, Raccolta di sarcofagi del campo santo di particularité, qui n’est sans doute pas sans quelque rap- Pisa , tav. XLI. Un très beau sarcophage d'enfant récem- port avec la formule DOMVS AETERNA que les ment trouvé par M. Maraini dans sa fouille de la villa anciens gravaient sur les tombes.

Bonaparte, sur la via Saluria nuova, présente cette même ? Grosson, pl. XXVIIE, n° 3.

sculptée une brebis regardant vers la droite; comme sur l'autel de Marseille, dont il m'a paru intéressant de faire graver les faces sculptées’, ces brebis figurent les apôtres.

Les deux fragments dont je viens de parler sont les seuls monuments qui restent à l’abbaye de Saint-Victor, autrefois si riche en marbres antiques.

Penon, Catalogue, n° 195.

Au musée.

Fragment de tombeau provenant du bassin du Carénage. Autant que lon en peut juger, malgré de nombreuses mutilations, il a représenté le Christ tenant de la main gauche un volumen roulé, et posant l’autre main sur la tête d’un aveugle, figuré, selon l'usage antique, de petite taille. La scène est traitée de la même manière sur un sarcophage romain dont M. Th. Roller a publié une héliogravure ?.

Les sujets de la tombe de Marseille étaient séparés par des colonnes torses supportant des arceaux. Une corbeille renversée d'où s’échappent des fruits est sculptée dans une retombée de voûte.

Penon, Catalogue, n° 85.

Fragment de couvercle venant d'Arles et déposé au musée de Marseille.

Abraham, vêtu du pallium, va frapper le jeune Isaac, garrotté, nu et à genoux sur l'autel même, comme le dit la Genèse (xxn, 9). À la suite, un personnage vêtu comme le patriarche et tournant le dos à cette scène porte en avant le bras droit.

Penon, Catalogue, n° 117.

Débris de couvercle provenant de l’ancien musée. La grande tête qui le termine à gauche, et dans laquelle M. de Rossi a ingénieusement reconnu une image de saint Genès, peut permettre de penser que le marbre vient des ateliers d'Arles, où cette

? Voir ma planche X, n° 2, 3,4. Ce précieux autel, pent les quatre fleuves; de l'autre côté, le monogramme dont j'ai autrefois publié l'inscription grecque( Inscriptions za lacé entre douze colombes. D'autres ] F E BEC] # PF" p À P chrétiennes de la Gaule, t. Il ,n° 547), porte sur ses deux EX colombes, des vases et des rinceaux 7) 1 QT 7

tranches principales les images symboliques du Christ et des apôtres. C’est, d’un côté, l'agneau divin au milieu de la table sainte. de douze brebis et debout sur la montagne d'où s’échap- * Les catacombes de Rome, pl. LXXXVIL, n° 4.

de vigne décorent les faces latérales

IMPRIMERTE NATIONALE,

PE ET = ee RE US

figure du patron du pays à été souvent représentée ainsi !. Derrière cette tête, on voit un homme debout, étendant le bras droit et aux pieds duquel est sculpté un faisceau de volumina. À la suite est un arbre, puis un groupe très mutilé de trois personnages qui peut avoir représenté une femme en prière entre deux saints ?.

Penon, Catalogue, n° 170.

Fragment du couvercle d’un sarcophage appartenant par son style à l'époque chrétienne. I n’en existe plus que la partie droite, où nous voyons d’abord la moitié d’une tessère destinée à recevoir l'épitaphe et que soutient un génie nu et ailé. A la suite, dans un cadre rond qu'accostent deux autres génies, est le buste d’un homme tenant un volumen roulé, sur le haut duquel il appuie deux doigts. La tessère mutilée porte en lettres du xrv° siècle :

IACOBUS MAKES D& 60RRACRO

On avait donc, suivant un usage assez répandu au moyen âge”, employé un sarco- ;

phage antique pour ensevelir les restes d’un certain Jacques Machet ou Maquet, de

Tournai.

Je n'ai pu savoir la provenance de ce fragment, noté dans le catalogue comme

Il F le) ,

faisant partie de l’ancien musée.

Peirese, ms. 6012, fol. 93, Bibl. nat., fonds latin.

«Massiliæ apud Tuselium “.» Telle. est la lépende d'un dessin compris dans le

AE TT de (tee 65

recueil où sont relevés tant d’autres monuments chrétiens. Un bas-relief central,

* Bullet. di archeol. crist., 1864, p. 46:1866, p.59. * Introduction, $ 1. * Etudes sur les sarcophages d'Arles, [he Hatibi “ Le savant archiviste de Marseille, M. Blancard, a 55, etc. bien voulu m'adresser au sujet de ce nom la note sui-

encadré, à droite et à gauche, de strigiles, nous montre le Ghrist barbu, nimbé, assis sur un siège, et posant le pied gauche sur le scabellum. Deux apôtres, plus petits que lui, sont à ses côtés, et il remet à celui de droite la loi, que ce dernier reçoit avec respect dans un pan de son manteau.

J'ai relevé à Ravenne un autre exemple de cette disposition exceptionnelle, le volumen étant remis ordinairement à l’apôtre qui figure à la gauche du Ghrist ?.

Peiresc, ms: 6012, fol. 92. Bibl. nat., fonds latin. — Grosson, p. 109, 110 et pl. XIX. — Montfaucon, Antiquité expliquée, suppl., t. IT, p. 5o et pl. XVII. — Rouard, Rapport sur des fouilles faites à Aix en1843 et 1844, p.11 et 19.—Garrucci, Storia dell arte cristiana t. V, p. 141, ettav. CCCXCVIT, n° 2. — H. Gibert, Le musée d'Aix, p. 103. — (Ma planche XII, fig. 2.)

+Ce bas-relief, écrit Grosson, a été trouvé aux environs de la cathédrale et a été longtemps placé sur le mur d'une maison de la rue de la Foire, qui appartenoit à la famille de Gasnay; il en a été enlevé depuis longtemps. J'en ai récupéré le dessin dans les portefeuilles d’un artiste de cette ville, le sieur Nicolas, peintre qui s'étoit plu à former une collection de tout ce qu'il avoit trouvé de bon goût. »

Les explications les plus étranges ont été autrefois données sur cette sculpture.

Ainsi que le regretté M. Rouard l’a reconnu le premier, elle offre l'image bien connue des trois jeunes Hébreux se dirigeant vers la fournaise enflammée, après avoir comparu devant Nabuchodonosor; le buste qu'ils ont refusé d’adorer se voit derrière eux. La scène, ici très mutilée, se retrouve tout entière sur des sarcophages d'Arles, de Saint-Gilles et de Syracuse *.

Acquis par M. de Saint-Vincent, ce marbre a passé, en 1821, avec les collections de ce savant, dans le musée d'Aix. Ainsi qu'un autre fragment dont je viens de parler, il est indiqué par Peirese comme ayant existé «apud Tuselium ».

Parmi des copies de monuments relevés à Marseille, je dois signaler deux dessins d’une tombe chrétienne aujourd'hui disparue. L'un nous est conservé dans le

vante : «Les Tusel où Tuselli sont originaires du Pié- 1 Études sur les sarcophages d'Arles , p. 20 ; ci-dessus ; mont. Jordan Tusel, fils d'Antoine, gouverneur du chà- p. 20.

teau de Demonts, suivit le comte de Tende en Provence * Gazette archéologique, 1882, p. 131, 132.

et se fit naturaliser en 1550. Il eut entre autres enfants 5 Études sur les sarcophages d’Arles, pl. VIIL et un fils nommé Jean-Baptiste de Tusel. C’est probable- XXVI; ci-dessous, pl. XXVI, fig. 23; Revue archéoloment ce membre de la famille que Peiresc visita à Mar- gique, 1877, pl. XXII.

seille, où il habitait.»

recueil formé par l'organiste Marchand ’; l’autre, que je reproduis, se trouve dans l'exemplaire du livre de Ruffi appartenant au savant abbé Albanès?.

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Au milieu, dans une couronne que soutiennent deux génies ailés semblables à des Victoires, est le Christ imberbe, nimbé, assis sur un siège à scabellum; il étend le bras droit et tient de la main gauche le livre de la loi. Entre les génies et la couronne se détachent deux palmiers. Aux extrémités, deux apôtres tournés vers le Seigneur l’acclament en levant la main; celui de droite est saint Pierre, caractérisé, selon la coutume, par la longue croix posée sur son épaule. Au sommet de celte croix, le rho du monogramme se recourbe en forme d'R 5. Dans le dessin ajouté au livre de Ruffi, deux pilastres séparent les apôtres du sujet central; d'après la copie de Marchand, deux autres pilastres auraient terminé le bas-relief.

Aucune note ne nous dit où se trouvait ce tombeau.

(Ma planche XIT, g. 3.)

Fragment trouvé à Marseille et donné en 1849 au musée d'Avignon.

Saint Pierre, suivant le type ordinaire, lève la main droite pour protester contre la parole du Christ qui lui annonce, en lui montrant trois doigts, sa triple renoncation *. Aux pieds de l’apôtre est le coq.

Le recueil de Peirese, fonds français, n° 9930 de la Bibliothèque nationale, donne, au folio 54, sans aucune indication de lieu, le rapide dessin d’un marbre

© T. Il, p. 92. — * Voir ci-dessus, p. 35, note 3.— * Voir ci-dessus, pe 47.—" Études sur les sarcophages d'Arles, p. 65.

chrélien aujourd'hui disparu. Je le classe, sous toutes réserves, parmi les monuments de la Provence, dont le célèbre antiquaire nous a gardé tant de copies. Il s’agit de la partie droite d’un couvercle de sarcophage. Au milieu se voyait le cartouche desüné à recevoir l'épitaphe et qu’accostaient deux génies ailés. Venait ensuite la représentation si fréquente de la Nativité; trois mages, guidés par l'étoile en forme de roue’, s'avançaient en portant leurs présents vers le nouveau-né, couché dans une crêche, auprès de l'âne et du bœuf; entre la Vierge assise et l'enfant, on voyait un berger debout tenant le pedum; le premier des mages portait la couronne représentant, selon toute apparence, l'or offert au Christ?.

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