‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 39 sur 96 · CLERMONT · texte numérisé non relu

CLERMONT

Les écrits de Grégoire de Tours abondent en mentions de tombes saintes que possédait autrefois Clermont. Trois églises surtout contenaient de ces sépultures, que les anciens Arvernes considéraient comme le plus ferme rempart de leur ville? : c'étaient les célèbres basiliques de Saint-Vénérand, de Saint-Cassius, de Saint-Illidius, nommée aussi Sancta Maria inter Sanctos.

L'auteur du livre intitulé De sanctis Ecclesiis et Monasterüs Claromontii énumère les bienheureux qui reposaient sous les voûtes de ces sanctuaires Ÿ. C'étaient, dans celui de saint Cassius, ce martyr même, qui avait habité le quartier de Clermont dit le bourg des chrétiens"; puis saint Victorin, mort avec lui; sainte Léogontie et sainte Géorgie, dont l'épitaphe nous est connue*. A l’un des sarcophages de marbre qu'abritait une crypte de cette église, et dont peut-être, sans le savoir, nous possédons quelque fragment, se rattachait un terrible souvenir : enfermé vivant dans ce sépulcre sur l'ordre d'un méchant évêque, et condamné à y mourir, un prêtre nommé Anastase n'en éfait sorti qu'avec l’aide de Dieu°,

Dans l'église que ses tombeaux avaient fait nommer Sancia Maria inter Sanctos, reposaient, avec Illidius son fondateur, les évêques Desideratus, Gallus, Avolus, Justus, Injuriosus, le sénateur dont le nom figure dans une fraîche légende?. Rien n'existe plus de ces monuments. Deux dessins grossièrement exécutés nous gardent seuls le souvenir d'une tombe du v° siècle, où fut déposé plus tard saint Justus de Clermont*, puis d'un bas-relief de mauvais style représentant une chasse et qui a pu appartenir à une sépulture chrétienne.

À l'église Saint-Vénérand, nous dit Grégoire de Tours, ces sépultures étaient

! De gloria confessorum, ch. on. 5 Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n° 560. * Savaron, Les origines de la ville de Clairmont, p. 13. ® Gregor. Turon. Hist. Frane., 1V, xn. * Ibid. , p. 348, 349, 350. 7 Ibid, 1, xun.

* Greg. Turon. Hist. Franc. I, xxxt. 5 Ci-dessous, n° 79 et 84. ft > TR.

nombreuses !. Là se voyaient, sous la voûte d'une crypte, une multitude de sarcophages de marbre appartenant à des fidèles, comme l'attestaient des bas-reliefs représentant les miracles du Christ et des apôtres; là, suivant une antique légende, s'était trouvé un sépulcre qui, brisé par hasard, avait laissé voir le cadavre d'une jeune fille inconnue, parée de bijoux, vêtue de soie blanche, et morte, croyait-on dès lors, & albis?. «Il y a dans ce même lieu, poursuit l'historien”, la tombe de saint Vénérand, surmontée d’une petite édicule dans le haut de laquelle est une fenestella qui permet de passer la tête pour adresser au bienheureux les supplications et les vœux; là aussi repose saint Népotien, homme d'une grande sainteté dans ce monde, et qui maintenant obtient du Seigneur les grâces demandées par son intermédiaire. À ces sépulcres, en effet, les fiévreux qui viennent prier recouvrent souvent la santé. »

Plusieurs fois reconstruites, les églises dont parle aussi l'illustre évêque existèrent jusqu'au temps de la Révolution et, avec elles, un grand nombre de leurs tombes. « On y voit, écrivait Ruinart, des sépuleres de saints et d’autres fidèles, tels que les décrit Grégoire de Tours #; ils sont surtout en grand nombre à Saint-Vénérand, où, sur plusieurs d’entre eux, est figuré le Christ enseignant, puis la multplication des pains et des poissons, d’autres traits de l'histoire sainte représentés selon le type des témps anciens, ainsi que l’on en trouve dans la Rome souterraine el parmi les autres monuments du premier âge. I n'en existe plus au dehors de cette église, soit que les tombes y aient été transportées, soit qu'elles aient été abimées sous les ruines des édifices détruits par l'invasion normande ?.»

Bien plus près de nous, l’antiquaire Tersan, qui vécut jusqu'en 1819, vit ces monuments, les remarqua, et quelques calques de dessins grossiers que ses papiers { | contiennent nous renseignent sommairement sur ce que pouvaient être plusieurs | des marbres aujourd’hui disparus et auxquels se rattachaïent tant de souvenirs ©, | J'y trouve d’abord la description et le «Plan de la chapelle de Saint-Vénérand , | à Clermont, et des tombeaux antiques qu’elle contient.» | « Gette chapelle, dit la notice explicative, a 30 pieds 7 pouces hors d'œuvre en He | longueur, sur 23 pieds de large, située dans le jardin du monastère de Saint-Allyre: | l'autel et le sanctuaire sont composés de six tombeaux ou sarcophages antiques dans l'ordre suivant:

+1. Murs de la chapelle, qui ont 3 pieds d'épaisseur.

* De gloria confessorum , c. xxxv. Natal., XI, v. 477 et suiv. et la dissertation de Mura- * Cf. Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n° 355. tori sur ce passage.)

1} * Cap. xxxvir. 5 Note dans l'édition de Grégoire de Tours, p. 1400. * Les cryptes des églises abritaient ainsi de nombreux ® Biblioth. nationale, département des manuscrits, (| sarcophages appartenant à de simples fidèles. (Paul. Nol. fonds francais, n° 6954, £. I, pièce 164.

1% AQUITAINE. 61 F2. Petit enfoncement profond de 5 pouces, haut de 10 pieds, cintre large de L pieds 2 pouces.

Fr

HICIACET PRI

MicikEL oë NE VE ABBAS-Q-0 AP 1642 HicAcerPRMI CHAEL BART HO MIT A684$ Q| 0-20-DFc1631

Page 1