LE PUY
Mangon de la Lande, Essais historiques sur les antiquités du département de la Haute-Loire, p. 111, 119. — Aymard, Congrès scientifiques de la France, 2° session, 1. If, p. 483; Annales de la Société académique du Puy, 1. XXNUE, p. 627, & XXIX, p. 553. — De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1865, p- 31. — Garrucci, Storia dell arte cristiana , 1. N, p. 143, tav. CCCXCVIIL. — Grimouard de Saint- Laurent, Revue de Part chrétien, juillet 1883, p. 369. —(Ma planche XVI, fig. 4.)
«Marie ayant été unie à Joseph se trouva être enceinte avant qu'ils eussent été ensemble, car elle avait conçu du Saint-Esprit. Joseph, son mari qui était un juste, ne voulant pas rendre le fait publie, résolut de la quitter secrètement, Mais, comme il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : «Joseph, fils de David, ne crains pas de garder ta femme Marie, car ce qui
par ? 1 «est né en elle est l'œuvre du Saint-Esprit...» Joseph, s'étant réveillé, obéit à l'ange du Seigneur et prit sa femme avec lui!.»
C'est ce trait, relevé par les païens et qu'un célèbre philosophe leur dénonçait comme un objet de risée?, c'est ce trait, dis-je, que nous montrent les deux pre-
ières scè l hage du Puy. On y voit, deva rti l imbé mières scènes du sarcophage du Puy. On y voit, devant un portique, l'ange nimbé
figuré sans ailes, suivant l'usage primitif”, apparaissant à saint Joseph endormi; puis le même ange debout entre les deux époux, qui se donnent la main. Un ivoire publié par Passeri et qui recouvre l'un des manuscrits de la Bibliothèque nationale représente de même le songe de saint Joseph". Les créneaux de la construction qui oceupe le fond du bas-relief sont taillés en forme de T. Ce détail d’architeclure militaire, très nettement marqué sur un sarcophage d'Arles où figure le passage de la mer Rouge’, est encore reconnaissable dans le bas-relief d’un tombeau de Nimes que nous verrons plus loin °. Il se montre sur des monuments d’une
date antérieure, les mosaïques de Pompéi? et trois médaillons du Haut-Empire ë
1? Matth., 1, 18-24.
* Origène, Contra Celsum , Wib. T, ed. Gantabr., p. 22 et 24.
5 Perret, Catacombes, t. HT, pl. XXVTI, et les nombreux sarcophages représentant le sacrifice d'Abraham , Daniel dans la fosse aux lions ( Études sur les sarcophages d'Arles, pl. III, VI, XX, ete.). L'usage de donner des ailes aux anges s’introduisit assez rapidement au temps du Bas-Empire et, quand vinrent les siècles suivants, on n'imagina pas qu'ils pussent être autrement représentés. Je rappellerai à ce propos qu'à la fin du xn° siècle les mots de l'Évangile de saint Matthieu : Eece mitto angelum
meum (x1, 10) ont été ins servant de contre-sceau à l'abbaye de Saint-Étienne de
ils sur une pierre antique
Caen el représentant une Victoire tenant une couronne. (Demay, Inventaire des sceaux de lArtois et de la Picardie, préface, p.x, n°64.)
“ PI. XII, à la suite du tome LIL des Diptyques de Gori.
5 Au musée d'Arles, chapelle 3, n° 37.
* Planche XXX, fig. 1.
* Pavé de la maison du sanglier; autre mosaïque transporlée au musée de Naples, salle des vases italogrecs.
5 Roman medallions inthe British Museum, par Herhert À. Grueber, édité par Reginald Stuart Poola, 1854, pl XIX; Donaldson, Architectura numismalica, n° 83 el
Le personnage nimbé qui termine à droite notre fragment se retourne en s'adres-
sant à deux hommes qui le suivent; peut-être est-ce le Christ et non plus l'ange, mais Je ne sau ais dire ce que signifie celte scène, dont deux arbres occupent le fond.
La partie inférieure du bas-relief a été récemment restituée. Il était autrefois encastré environ à vingt pieds de hauteur dans la partie méridionale de l'église de Saint-Jean-des-Fonts-Baptismaux; on l'en a retiré en 1825 pour le porter au musée. Près de ce marbre ont été placés quelques débris sculptés qui paraissent, d’après leur style, provenir d’un sarcophage chrétien.
(Ma planche XXXV, fig. 5.)
Deux savants archéologues du Puy, M. Aymard et M. Chassaing, ont bien voulu me faire savoir qu'en démolissant une vieille maison de la haute ville on a trouvé, en 1872, un fragment mutilé provenant de la partie antérieure d'une tombe antique .
Cest le reste d’une imago clypeata sculptée vers la fin du nv° siècle; elle est bordée d'un cercle perlé et contient les bustes de deux époux. Le mari, sur la poitrine duquel se remarque la lœna, pose, comme on le voit souvent dans ces types, la main sur un volumen. La femme, placée à sa droite, le regarde et porte le bras en avant. Ses cheveux, nattés sur le front, tombent en bourse par derrière. Elle est parée d’un double collier de perles.
Ces sortes de groupes se rencontrent parfois sur les tombeaux païens, mais ceux des fidèles nous en offrent un bien plus grand nombre; c'est pour cette raison que je signale, mais sous toutes réserves, le marbre du Puy.
Un sarcophage trouvé dans la catacombe de Prétextat et transporté au musée de Latran porte deux figures du même type formant une imago clypeata. est de l’année 353 !; notre marbre et un autre que nous verrons plus loin * appartiennent probablement à une époque voisine de cette date.
93 07e MENDE ET GOUDARGUE.
Une lettre adressée, en décembre 1881, à la Société des antiquaires de France
! De Rossi, Inscriptiones christianæ , t. 1, n°118. —° PI, XL, fig. 3.
par son zélé correspondant, M. Germer Durand, signale deux débris de sarcophages aujourd’hui disparus.
«Il y a quelques années, dit-il, en démolissant un bâtiment appelé le Cloitre, adossé à la cathédrale de Mende, on trouva un fragment de marbre blanc qui n'atira pas l'attention, mais qui n'était autre que la partie inférieure d’un sarcophage chrétien, le fond de la euve avec la partie attenante de la face antérieure. Ce morceau resta plusieurs années dans une cour de chantier. C'est là que nous l'avons dessiné, et réclamé en vain pour le petit musée de la Société d'agriculture de la Lozère. Il a disparu en 1879, sans qu'il ait été possible de le retrouver.
«Le second fragment est aussi la partie inférieure d'un autre sarcophage de ne : per U es
marbre blanc, dessiné par nous en 1862 dans une maison attenante à l'ancien monastère de Notre-Dame de Goudargue !; mais nous ignvrons ce qu'il est devenu depuis cette époque. Dans le bas et sur le socle est un buste émergeant; les bras ont été cassés; celui de gauche tenait à la main une tige ou un roseau, circonstance qui permet d'y voir la symbolisation de la mer ou d'un fleuve; par derrière, il semble qu'on ait voulu représenter les ondulations des flots. À côté et au-dessus se
distinguent les pieds de deux personnages placés à des hauteurs différentes, l'un sur le bord de la mer et l'autre sur une partie plus élevée. »
Le premier débris, où M. Germer Durand voit la guérison d’un enfant aveugle agenouillé devant le divin Maitre , ne peut être expliqué aimsi, les aveugles guéris par le Christ étant représentés debout ?; 1l appartenait à un bas-relief où figurait le sacrifice d'Abraham et dont nous retrouvons le type sur un sarcophage arlésien.
! CG dom Vaissete, Histoire de Languedoc, 1. T, p. 478. — * PI XVIT, XX, XXX, XL, LIT, etc.
restitution de ce relief et dans celle qui va suivre, la
Le pied qui subsiste à gauche marque la place qu'occupait le patriarche; la pelite figure agenouillée était celle d'Isaac; l'autel et le bélier avaient été sans doute placés, là comme ailleurs, dans le haut du tableau !. Le personnage debout à
droite et dont on ne voit plus que la partie inférieure se rattachait à une autre scène.
Le second fragment faisait partie d’un sujet représenté sur un célèbre sarcophage de l'an 359°. La figure qui s’y retrouve est celle du ciel symbolisé, ici comme ailleurs, par un buste d'homme, les bras écartés, tenant de chaque main
l'extrémité d'un voile déployé au-dessus de sa tête et dontles plis ont paru être des ondulations de flots. Le pied qui se voit plus haut était celui du Christ assis au-dessus de cette image, qui lui servait de scabellum. L'autre pied qui subsiste seul à droite était celui d’un des apôtres entourant le doux maitre, saint Pierre sans doute,
! Études sur les sarcophages d'Arles, pl. XXI, etc. Je
partie représentée par le dessin de M. Germer Dufais ressortir par des traits plus marqués, dans ma
rand,
© Roller, Les catacombes de Rome, pl. LIX.
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comme l'indique cette place d'honneur. Nous possédions une fois déjà en Gaule un type de cette représentation empruntée par les artistes chrétiens au canon de l'imagerie païenne !.
Si l’on en juge par leur style, les deux sarcophages dont M. Germer Durand a eu le louable soin de signaler les débris provenaient sans doute d’un centre voisin, les grands ateliers d'Arles.
’ è ? Études sur les sarcophages d'Arles, p. 2.
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