LOUDUN
P. Le Proust, Commentaire sur les coustumes du pays du Loudunois, 1619, in-4°, p. 10. — Congrès archéo-
logique tenu à Poitiers, 1843, p.23-24. — À. Poirier, Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest,
1846, p. 105. — Longuemar, Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1859, p. 443, et Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1879, D. 193. — (Ma planche XXII, fig. 1, 2, 3.)
Ce marbre, depuis longtemps regardé comme le tombeau de saint Philbert, formait l'autel qui lui était dédié dans la chapelle de l'ancien château de Loudun. Abandonné aujourd'hui dans le jardim et rongé par la mousse, il achève de se détruire. Je ne le connais que par une photographie due à l'obligeance du savant P. Camille de la Croix, auteur de tant de belles découvertes dans la région de Poitiers.
La face principale, très mutilée, est divisée en sept compartiments, dont les trois principaux, placés au centre et aux deux extrémités, représentent des scènes bibliques. Le sujet de gauche paraît être la guérison d'un aveugle; je crois voir de l'autre côté le paralytique emportant son grabat. Au milieu sont deux personnages vêtus du pallium et devant eux un plus petit, entièrement nu, debout sur un socle comme une statuette; le personnage de droite pose la main sur la tête de ce dernier. Autant que je puis en juger sans avoir vu l'original, il s'agit là d’une scène déjà signalée sur un autre sarcophage : la création de l’homme par le Seigneur, en présence d'une des personnes de la Trinité’. Ce monument nous montre de même une figurine nue, posée sur une base el à laquelle Dieu paraît travailler comme ferait un sculpteur?. Sur un troisième marbre, nous trouvons de même l'Éternel modelant la femme. On se souvient involontairement, devant notre sarcophage, d'un type païen souvent reproduit, dont la tradition semble ici s’êlre perpétuée, celui de Prométhée venant d'achever une figure humaine debout près de Jui sur un socle “.
A Na nr ; n £ Ram o £ Voir la Genèse, xxvi, et les commentaires des Musée du Capitole, sarcophage n 88, gravé dans
Pères sur les mots «Faciamus hominem». Cf. Renan, le Museum Capitolinum de Bottari et Foggini, t. IV,
L'Église chrétienne, p. 264. p. 25; au Louvre, deux autres sarcophages venant, Tun
® Garrucci, Storia dell arte cristiana, tav. CCCIC, de la villa Borghese, l’autre d'Arles. (De Clarac, Musée , pl COXV, n° 433; pl. CCXVI,
Vu) du Louvre, bas-relie
* Ibid., tav. COCXOVI, n° ». n° 768.)
Quatre sujets placés entre ceux dont je viens de parler paraissent être des scènes champêtres; sur les petits côtés se trouvent deux représentations de cette sorte et Daniel priant, debout entre les lions.
Le style de ce marbre, exécuté au wi siècle, est celui des sarcophages de la contrée !.
Le tombeau de Loudun appartient à la famille de la Tourette.