AUCH
Du Mège, Description du musée des antiques de Toulouse, n° 443.— Roschach, Musée de Toulouse, n° 811.— Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 25 et tav. CCCXIL. — (Ma planche XXV, fig. 1, 2, 3.)
L'examen des monuments funéraires mêne à constater que les sculpteurs reproduisaient souvent le même sujet dans la même forme; c’est ainsi qu'un modèle, sans doute venu de Rome, la scène de la piscine probatique, se trouve sans variations sur des marbres de Vienne, de Die, d'Arles, de Clermont et jusqu'en Espagne *. Le sarcophage d’Auch nous apporte, pour un atelier de notre pays, la démonstraüon du même fait, car sa face latérale et ses petits côtés répètent, sauf quelques détails, ceux d'un tombeau de Lucq-de-Béarn; oùtre la ressemblance des scènes, il y a identité dans le travail des deux marbres, produits sans doute d’un même ciseau grossier. Je renverrai done à ma notice sur le sarcophage de Lucq, et quelques lignes suffiront à décrire celui qui nous occupe.
© T. I, p. 36, col. a. — * Introduction, $ n. — * Cf. ci-dessus, p. 21.
NOVEMPOPULANIE. 97
À gauche est la résurrection de Lazare, dont la sœur se prosterne aux pieds du Christ; au second plan, un assistant se bouche les narines devant la momie déjà féüde, ainsi qu'il est dit dans l'Évangile. Viennent ensuite : une femme en prière entre deux personnages , sans doute des saints; la multiplication des pains et des poissons; le sacrifice d'Abraham, auquel assistent plusieurs personnages’, parmi lesquels un ange qui touche le bras du patriarche. La victime est debout, au-dessus de l'autel enflammé, et nous retrouvons à côté d'elle une figure féminine qui se montre de même dans le bas-relief de Lucq *.
Les petits côtés représentent, dans la forme ordinaire, l'image d'Adam et Eve et celle de Daniel entre les lions.
Cette tombe, tirée des ruines de l’église de Saint-Orens et transportée au musée de Toulouse, reçut, selon la tradition, Les restes de saint Clair, évêque d'Elusa; dom Brugèles nous apprend que ceux dont les yeux s'obscurcissaient venaient invoquer le saint, qui, d’après une lévende, aurait miraculeusement recouvré la vue “ et dont le nom pouvait leur sembler d'ailleurs de bon augure. On sait combien l'esprit des anciens s’est exercé sur le sens des noms et entre autres sur celui de Clarus°, qui peut rappeler les remèdes ad clarilatem si souvent mentionnés sur les cachets des oculistes romains °,
Lavergne, Revue de Gascogne, 1881, p. 494. —(Ma planche XXXV, fig. 4.)
Le couvent des Ursulines d’Auch possède un débris de sarcophage très probablement chrétien et représentant un berger debout, appuyé sur son pedum. Devant lui sont deux chèvres s'attaquant à coups de tête, et plus hautune brebis couchée ?. Ce marbre est encastré dans le mur de la salle capitulaire.
(Ma planche XXXV, fig. 2.)
Figure mutilée d’une orante que le sculpteur avait représentée, selon l'usage, debout entre deux bienheureux. Ge débris appartient à M. Couget, relieur à Auch. Ainsi que le précédent, il se rattache par son style aux monuments de la Provence.
Je dois à l'obligeance de M. Lavergne des moulages des deux fragments d'Auch.
! J'ai déjà eu l'occasion de signaler ailleurs cette irré- * Bolland., tome LIL de février, p. 53. gularité et d’autres de même nature (Études sur les sar- * Paul. Nol., £pist xxx, ad Severum, $ 6. cophages d'Arles, p. x). ® Corpus inseriptionum Latinarum, 1. V, n° 8194; ? N° 191, ci-dessous. Mowat, Bulletin de la Société des antiquaires de France, * Chronique ecclésiastique du diocèse d’Auch, p. 339; 1881, p. 109, ele. cf. Ballet, Vies des saints, h novembre. 7 Voir, pour ces scènes pastorales, ci-dessus, n° 7. SARCOPHAGES CHRÉTIENS. L 13
IMPRIMER NATIONALE
LES or Re
L'abbé Canéto, Sainte-Marie d'Auch, Atlas monographiqué de cette cathédrale, p. 141 et pl. XXXV, XXXVII; Notice sur le tombeau de saint Léotade. — Revue de l'art chrétien, 1.1, p.187. — L'abbé Cochet, Le tombeau de sainte Honorine, p. 21. — De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1 880, p. 155, notel. — Garrucci, Storia del? arte cristiana, LV, p. 130 et pl. CCGLXXX VIT, n° 5.
Pour ne pas augmenter outre mesure le nombre des planches de ce recueil, je me bornerai à rappeler ici, sans en reproduire le dessin souvent publié, un sarcophage à simples ornements, trouvé en 1856 dans une crypte, à Sainte-Marie d'Auch. Le monument, décoré de vignes et de rinceaux, est du type particulier au Sud-Ouest de notre pays; sa cuve est rétrécie par le bas et son couvercle en forme de toit. Au milieu de la cuve et du couvercle se voit le monogramme %. dont le rho affecte, comme nous le voyons fréquemment, la forme d’un R’. Cette tombe, d’après la tradition, a reçu les restes d’un évêque d’Auch, saint Léotade, qui mourut en 718. Je la crois antérieure de plus d'un siècle à cette date.
PONSAN-SOUBIRAN.
Génac-Moncaut, Voyage archéologique et historique dans les anciens comtés d’'Astarac et de Pardiac, p. 70.
Un débris de marbre, encastré dans la face sud de l'église, représente un double cep de vigne s'échappant d’un vase et s'étendant des deux côtés, entre des pilastres cannelés; c’est un type du n° ou du vn° siècle, souvent répété dans le Sud-Ouest de
la Gaule?.