INTRODUCTION
des tombes comme des bêtes fauves; 1à, sous l’étreinte des crises se produisaient ces mouvements désordonnés, ces rotations de la tête, cette effrayante
contraction du corps se raidissant en arc pour rebondir comme un ressort d'acier, phénomènes que la science retrouve et étudie à cette heure même tels que les a vus et décrits un Père du v° siècle!.
Des guérisons miraculeuses s’accomplissaient devant ces sépulcres près desquels les malades venaient passer des jours et des nuits, espérant obtenir dans quelque songe une apparition secourable?, recueïllant, emportant comme de précieux remèdes, pro benedictione, suivant le mot d'alors, la poussière, les fragments mêmes détachés des marbres sacrés, malgré les châtiments terribles dont le ciel frappait, disait-on, une témérité si haute“, des débris de la cire de leurs cierges *, quelques gouttes de l'huile de leurs lampes’, l'eau miraculeuse dont plusieurs se remplissaient d'eux-mêmes”, celle qui les lavait aux jours de Pâques®. ;
Grégoire de Tours nomme une femme rendue à la santé après qu'on l'eùt étendue sur le sépulcre d’une sainte fille?; il était rare pourtant que lon tou-
1 S. Hieron., Epist. œvur, $ 13 : « Vidit [Paula] duodecim Patriarcharum sepulchra, ubi multis intremuit consternata mirabilibus ;nam cernebat ante sepulchra sanctorum ululare homines more luporum... alios rotare caput et post tergum terram vertice tangere.» Cf. P. Richer, Étude descriptive de la grande attaque hystérique, p. 51 : «Le corps de la malade est courbé en arrière en forme d’are, ne reposant sur le lit que par la tête et par les pieds.» P. 57 : « Elle pousse de véritables cris de rage ou des hurlements de bête fauve.» P. 58 : «La tête est animée d’un mouvement de rotation rapide.»
2? Greg. Turon., Gloria confess., xovi; Mirac. s. Mart., LL, xiv et 2x3 cf. Hist. Frane., NIE, xvi; Vita s. Licinii, $ 31 (Bolland., 13 febr.); Translationes et miracula 8. Filiberti, e. n,$ 29 (20 aug.);s. Basil., Homil. xxux, in s. mart. Mamantem, $ 1, etc.
% Greg. Turon., Mirac. s. Juliani, n, 51.
«Tempore Theudechildæ reginæ, Nonninus quidam tribunus ex Arverno de Francia, post reddita reginæ tributa revertens, Autissiodorensem urbem adiit, causa tantum religionis, provolutusque ad beatissimum Germani sepulcrum, cum diutissime orasset, extracto de vagina tigre, lapidem qui super vencrabile sepulerum habebatur, nemine vidente, percussit; de quo excussa parti-
cula modica, tanquam æneus diriguil, ita ut nullum membrum posset ullatenus vindicare, aut vocem emittere.» (Hericus monachus, Miracula s. Germani Autissiodorensis, 1. I, c. v, $ A1. Bolland.. 34 jul., t. VIL, p. 263.)
5 Greg. Turon., Wirac. s. Juliani, xx.
$ Mirac. s. Martini, I, 13 De gloria confess., ax. Cf. ma Note sur une fiole à inscriptions portant l'image de saint Ménas.
7 Le fait est en même temps cité pour des tombeaux d'Arles, Arles-sur-Tech et Bordeaux (Séguin, Les antiquités d'Arles, 1. II, p. 32; Caumont, Bulletin monumental, t. XXIIE, p. 444). Voir, en ce qui touche Ja dernière ville, une ancienne gravure portant cette légende :
marbre
«Tumbeau de ans le beau cimetiere de l'église collégiale de Saint-Saurin, que l’empereur Charlemagne fist eslever sur deux piedestals, où l’on voit à tous les renouveaux et pleins de lune la tumbe pleine d’eau laquelle est souveraine pour guérir les maladies des yeux.» (Bibl. nat., dép. des estampes, Topographie de la France, Gironde, 3° arrondissement de Bordeaux, II.) Les pèlerins emportent de même l'eau de la tombe de saint Nicolas de Bari.
$ Greg. Tur., Mirac. s. Mart., IL, 13 LL, xxxuv. % De gloria confess., XxIv.