‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 13 sur 43 · Mes jours pleins de loisir cou /croient sans envie · texte numérisé non relu

Mes jours pleins de loisir cou /croient sans envie

Il y avoit originairement :

Sans ce métier, hélas ! si fatal à ma joie, Mes jours auroient esté liiez d'or et de soit»,

M. D'Andillv dit à l'authcur, vous venez de reprendre ceux qui

1 1 1 lloileau confirme ici pleinement l'assertion de Brosselte sur la surprise éprouvée par La Fontaine <|tii croyait iui|»ossiblc de trouver une rime a Malherbe, mais il n'ot pas question de Molière cite également a ce propos par Drossettc.

Satire il. c'esi de iu{ ceue phraze « filés d'or et

prennent les phrases de Malherbe [et ces deux vers sont presque tout

de, SOI/t' »

entiers de luy. Du moins on eroiroit qu'ils en sont véritablement.] obligea V Auteur à

(l'est ce qui les [fit] changer [à M. Des Préaux.]

v. (>2. La nuit à bien dormir, et le jour à rien faire.

M. Des Préaux aiant sçeu que quelques Académiciens luy reproehoient de n'avoir pas mis la négative au dernier hémistiche, et de n'avoir pas dit le jour à ne rien faire leur fit connoistre que leur reproche étoit mal Fondé. Et depuis peu les trouvant à l'Académie, il fit convenir tout le inonde qu'en cet endroit il ne falloit point mettre la négative pour deux raisons :

| La première que Y et fait une disjonction qui sépare tellement les deux

itrctntnrhrr Hémistiches, qu'il met un espace infini entre l'un et l'autre. La seconde

mit </ui ne qu'en ne mettant point la négative, il donne une réalité et une occupation

/ />'/s fnrti. déterminée à rien faire comme à bien dormir.] La Fontaine dans son

epitaphe qu'il a faite luy-même depuis cette satire, a mis

Ouant à son temps bien sçeut le dispenser, Deux parts en fit dont il souloit passer, Lune à dormir, et l'autre à ne rien faire. (i)

v. 7^. Tous les jours malgré moi, cloué sur un ouvrage, Retouchant un endroit, effaçant une page,

Molière | fut frappé de cette expression cloué sur un ouvrage. 11] a

mais moins heureusement.

emplové le mot cloué dans une de ses pièces, [mais d'une manière bien dillcrenlej. (l'est dans les Femmes sçavantes (acte Ier, se. .V) où (Titandrc dit à Henriette qui luy recominandoit surtout de gagner sa mère et sa tante.

\)r son étude enfin je veux qu'elle se cache, Et qu'elle ait du sçavoir sans vouloir qu'on le sache, Sans citer les aulheurs, sans dire de grands mots, Et clouer de l'esprit à ses moindres propos. '-'

Sim.mt Hrnssriir, Hoileau mirait demande a l'Académie de se prononcer: « sur laquelle . > ilnix in.ini«-n- valoit le mieux, la sienne ou celle de La Fontaine. Il passa tout «l'une oiic la si. •nnr «luit la meilleure ». MM. Daunou et Hayuouard avaient mis en doute ce récit. Ci- rapprochement avec Molière n'est signalé ni par Hmssette. ni par Saint-Marc, ni par

Satire IL v. 87. Un Sot en écrivant fait tout avec plaisir :

11 n'a point en ses vers l'embarras de choisir, Et toujours amoureux de ce qu'il vient d'écrire. Ravi d'étonnement, en soi-mesme il s'admire.

Horace. Liv. II, Ep. 2, v. 12G.

Praetulerim scriptor delirus, inersque videri, Dum mea délectent mala me, vel denique fallant Quam sapere, et ringi

Mais un Esprit sublime, en vain veut s'élever v. 92 A ce dey ré parfait qu'il tâche de trouver : et suivants. Et toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaist à tout le monde, et ne sçauroit se plaire. Et Tel, dont en tous lieux chacun vante l'esprit, Vondroit pour son repos n'avoir jamais écrit.

[L'autheur a mis ces quatre vers parce qu'il a acoutumé de parler ainsv

de luy, lorsqu'à cœur ouvert il exprime ses sentimens à ses véritables

fut extrêmement frappé de ces i vers la première fois

amis]. Molière [de son costé estoit dans les mêmes sentimens. 11 admira

qu'il les entendit.

ces quatre vers dès qu'il les entendit lire,] et serrant la main à l'autheur,

Voilà [son action et ses paroles exprimèrent les sentimens de son cœur. Car dit-il une yrande vérité et pour moi je vous avoue que je na\j jamais rien faict Molière luy dit, vous venez de dire une des plus grandes vérilez que vous dontjaye esté content {l).

aiez jamais dites. En effet, je ne suis jamais content de moy dans mes ouvrages.)

Il) Boileau confirme ici la phrase prêtée a Molière daii> les notes de Hrussettc.

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