SATIRE III
Cette satire fut commencée en iGG/} {iK Le but de l'autheur n'est pas
sur de faire voir comme plusieurs se le sont imaginez, qu'il est délicat [pour les bons morceaux.
la table, qu'il n'y ait que les repas sans faute qui puissent luy convenir.]
d'attaquer ces délicats de profession qui s'affli- Au contraire son dessein est [de blasmer les gens qui croient qu'on ne gent d'uji mauvais repas qu'ils ont /ait comme d'un grand malheur. peut manger agréablement, sans se jetter dans une délicatesse scrupuleuse pour l'ordre, pour l'arrangement et pour le choix des mets.]
C'est par la lecture que l'on fit de cette pièce au Roy qu'il commença d'avoir de l'estime pour l'autheur. Dans cette pièce il y a deux Interlocu-
une espèce de teurs, le Poète sous la lettre A et [Le| Broussin sous la lettre P. Souvent
grand l'autheur m'a dit, Le Broussin faisoit l'homme de goust, et il n'en avoit point, Le Rancher son frère ne disoit mot, et c'estoit luy qui en avoit.
*i. Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère?
D'où vous vient aujourd'hui/ cet air sombre et sévère
Et ce visage enfin plus pasle qu'un Rentier, v. 4- A V aspect d'un arrest qui retranche un quartier? et. 5. Qu'est devenu ce teint, dont la couleur fleurie
Sembloit d'ortolans seuls, et de bisques nourie,
Où la joye en son lustre attiroit les reyards,
Et le vin en rubis brilloit de toutes parts ?
sur les de
En 1664, le Roy retrancha un quartier [des] Rentes [sur] l'Hostel de Ville.
(i) D'après Brossette, die aurait été écrite en if>G.">, mais les corrections de Doilcau ne permettent plus de discuter la date de iGG'|. Le Verrier nous apprend encore que grâce a la lecture qui en fut faite a Louis XIV, celui-ci en distingua l'auteur.
Satire III. qu{ vous a pfi plonger dans cette humeur chagrine?
v. 10. A-t-on par quelque Edit réformé la cuisine?
Dans la mesme année, le Roy fit beaucoup de réformes dans l'Estat.
N'y manquez pas au moins. J'ay quatorze bouteilles v. 22. D'un vin vieux... Boucingo n'en a point de pareilles :
Boucingo : fameux marchand de vin [et cabaretier de Paris.]
v. 23. Et je gagerois bien que chez le Commandeur, Villandri priser oit sa sève, et sa verdeur.
C'estoit le Commandeur de Souvré, Homme de très peu d'esprit, mais
avoit pour ainsi dire la qui tenoit une table magnifique, dont Le Broussin [estoit le gouverneur et surintendance.
l'ordonnateur. Il y a un mot fameux sur tout cela. Car on sçait que Souvré demandoit souvent au Broussin qui lui vantoit quelque mets nouveau : Auray-je bien du plaisir à manger de ce ragoust-là.] (1>
Le couvert estoit mis dans ce Lieu de plaisance. Où j'ai trouvé d'abord, pour toute connoissance, v. 43. Deux nobles Campagnards, grands lecteurs de Romans, 44. Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs complimens.
Un ne parloit presqu'alors que Roman. C'est ce qui enfanta les Précieuses de Molière.
J'enrageois. Cependant on apporte un potage. Un coq y paroissoit en pompeux équipage, Qui changeant sur ce plat et d'estat et de nom, v . 48 . Par tous les Conviez s'est appelle chappon.
L'idée de ce vers vient de D0111 Quichote qui ayant emploie beaucoup de temps a fabriquer une salade de carton, la mit en pièce d'un seul // faut retoucher coup, lorsqu'il voulut essaier si elle estoit à l'épreuve de l'estramaçon. Il e*a* la racommoda comme il put, et la réputa fin Heaume. C'est cette expres-
sion qui a donné lieu à l'autheur de faire ce vers
Par tous les Conviez s'est appelle chappon (->
(1) Lo Verrier raconte ici uno anecdote qui n'est pas dans le commentaire de Brossette. l») Cette remarque du Lo Verrier que Doilcau l'invite à retoucher n'est pas dans le commentaire de UroHMette.
COHHKCTIO.NS Al TOUIIAIMIKS DE DKSI'IIKACX X\
Satire ///. Foui'croy, célèbre avocat, j Iiomuie à bons mots et à lions tours, si on
en rroit les gens île Palais | aiant leu la description île ce ridicule repas, s'imagina d'en faire un encore plus ridicule. Car il copia celuv-cv à la lettre, et le donna à M. de Lamoignon, et à plusieurs amis de cet tt'tlanesvîi' illustre magistrat. Lautheur esloit un des convives. Fourcrov voiant que "M * ' 'tiu personne ne mangeoit, ne manqua pas de s'applaudir et de rire. Mais pour couronner sa plaisanterie, il lit apporter un pasté qu'il croyoit merveilleux, et qui devoit effacer le souvenir de son mauvais repas. Le pasté se trouva gasté entièrement. Tout le monde fronça le sourcil et se leva de table avec chagrin. ,h
Moy qui ne conte rien m le vin, ni la chère; Si Von n'est plus au large assis en un festin, v. Go. Qu'aux sermons de Cassa igné, ou de l'Abbé Cotin.
Ce fut Kuretière qui nomma Cotin à lautheur.
Sur ce que lautheur dit ici de Cassaigne, on sc;eut qu'il preschoit. Tant de gens se mirent en teste d'aller voir si son auditoire estoit hien rempli, (pie ce jour la il eut beaucoup de monde. II estoit de Nisuies. li)
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus, v. f>4. Avec des jaunes d\vufs meslez dans du verjus t
Ces potages se faisoient A l'Kcu d'argent :{l et l'authcur «lit qucThierrw son libraire, les met encore en usage avec un soin merveilleux.
v. 05. Ma fotj, vive Mignot, et tout ce qu'il appreste!
Mignot estoit Pâtissier et Traiteur ,4' [et fort amy de Quinault], ,5,
J'approuvois tout pourtant de la mine et du geste. Pensant quau moins le vin dùst réparer le reste. Pour m'en éc/aircir donc, j'en demande. Et d'abord. Un laquais effronté m'apporte un rouge bord v. ~'.ï. IX un Auvernat fumetw, qui mes/é de Lignage, ~f\% Se vendait chez Crenet, pour vin de Vllermitage:
U>I*c récit de Le Verrier se retrouve dans Bros set U\ mais .sans les détails do la lin qui expliquent la mauvaise humeur des convives !
\'D Celte anecdote sur l'aftluence du public a un des serinons de l'abbe UaNsague n'est pas dans le commentaire de Brossette.
i'A) Dans une note en marge, Le Verrier a écrit : A l'Escu d'argent, place Maubert. Il
fait ainsi connaître l'adresse et l'enseigne de ce traiteur. Brossctto avait parle seulement du quartier de l'Université.
v4) Dans une note en marge : Traiteur dans l'Université.
[j) Le Verrier a eu soin de barrer que Mignot était fort ami de Quinault. Brossette n'eu parle pa>.
Satire III. V. j3. D'Herbault, l'abbé de Bernay et Le Broussin ayant mené à Herbault l'autheur que les ridicules ont toujours saisi, on leur présenta d'un vin qu'on leur donna pour exquis, et pour estre fort seurement de L'hermitage, mais on découvrit que c'estoit du vin d'Orléans qui estoit
ce. a nés meH\£ ju vm (jc jeux crus tres fameux en ce pais là, sçavoir l'Auvernat int vrai. ^, ' . * %
et le Lignage. C'est par cette aventure que l'autheur apnt à les connoistre,
et qu'il connut aussy combien cette liqueur a de pouvoir sur certaines
personnes car au lieu de passer quelques jours à Herbault, comme on
l'avoit projette, tout le monde s'en revint a Paris.
V. j4- Crenet estoit un fameux cabaretier et marchand de vin à
Paris. C'est luy qui avoit fourni ce vin.
Mais qui Vauroit pensé? pour comble de disgrâce, v . 82 . Par le chaud qu'il faisoit nous n'avions point de glace.
11 n'y avoit pas alors plus d'un an que l'on avoit commencé à Paris d'establir des glacières. (,)
Autour de cet amas de viandes entassées, v . 94 . Régnoit un long cordon d'aloùetes pressées.
On a trouvé mauvais que fauteur ayt fait servir des alouetes [On a prétendu que l'autheur s'estoit mépris quand il a parlé d'aloùetes] dans un repas qui se faisoit au mois de juin. Boursaut a même fait une comédie toute entière pour blasmer cet endroit. Mais pourquoy tous ces gens là n'ont-ils pas voulu concevoir que l'autheur raille icy comme dans tout le reste de sa pièce.
v . 95 . Et sur les bords du plat, six pigeons étalez
Présentoient pour renfort leurs squeletes brûlez.
Horace. Sat. 8, Liv. 2, v. 90.
Tum pectore adusto
Vidimus et Merulas poni, et sine clune palumbes
v. io5. Sur tout certain Hâbleur, à la gueule affamée, Qui vint à ce festin, conduit par la fumée,
v. 107. Et qui s'est dit Prof es dans l'ordre des Costeaux, A fait en bien mangeant, l'éloge des morceaux.
V. io5. Ce Hâbleur s'appelloit Lionne, Président à la Cour des
(1) Ce détail n'est pas dans le commentaire de Brossette.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX ÔO
Satire III. Monnoyes. il} C'estoit un parent de l'autheur. Car souvent il ne sort point de sa famille pour prendre les sujets de ses satires. Kntr'autres bonnes qualitez dont ce Président paroissoit reveslu, c'estoit un des plus grands
tt Moucher parleurs et des plus grands parasites de Paris ; Kflronté, souffleur,
"' chicaneur et l'homme du monde le plus prompt à donner conseil. Comme
il estoità table chez M. Boileau, père de l'autheur, la Comtesse deCrissey entra comme une Bacchante. Sa fureur troubla tout le repas. On venoit de prononcer contre elle un arrest par lequel le Parlement, voulant donner un frein à (Inclination qu'elle avoit de plaider, Iuy avoit interdit la faculté d'exercer ce beau talent, sans le conseil et l'approbation de L'IIoste et D'Ausannet, deux célèbres avocats de leur temps. Ce fut là où se passa entre Lionne et la Comtesse cette scène fameuse (scène j,
lire n'est act. i) de la Comédie des Plaideurs de Hacine. Car la Comtesse se plai-
wnm'» relu. gllani aV(»c fmvur, et Lionne voulant luv donner conseil, ils prirent d'abord tout iWoti- , ., . . , ., ., v , ., . ...y
une espèce <1 amitié l un pour 1 autre, et tout a coup ils si» brouillèrent au
dernier point. Le Poète en a si bien fait le conte qu'il y auroit de l'imprudence d'en parler icy davantage. Mr Des Préaux qui avoit donné cette scène à Hacine, avoue qu'ils l'avoient exactement mise en prose, avant que l'on songeast a la mettre en vers.
Y. 107. Ceux que l'on regardoit comme les chefs de l'Ordre des
dont M le Costaux, estoient le Commandeur de Souvré, M' Mortemar, [depuis]
estait fils Duc de Vivonne, et Villandri ,£> : Ménage en parle autrement.
Je vous trouve aujourd'hui Vàme toute int/uiette, Et les morceaux entiers restent sur vosire assiette. v. 1 19. Aimez-vous la muscade? On en a mis par tout.
Ah! Monsieur, ces poulets sont d'un merveilleux yoùt.
C'est du Broussin dont on parle icy, parce qu'il mettoit de la muscade en toutes sortes de sausses et de ragoûts à cause du Commandeur de
(1) \jc Verrier met ici en tontes lettres le nom désigné seulement par des initiales dans le commentaire de Brossettc. Ce M. II. D. L., cousin issu de germain de Boileau, n'est autre que Ballhazar Lionne, Président en la Cour des Monnaies, né eu inihX, fils de Claude Lionne II, Secrétaire du Roi, et d'Isabelle de I^ongucil qui s'étaient maries en i"»u«>. Il ligure d'ailleurs dan* le tableau généalogique de la famille de Boileau dressé par Bcrriat-Sainl-Prix. Cet crudit a eu le tort de mettre en doute le fond même de cette historiette. jLrreurs de Brossette, T. 111 des* Œuvre» de Boileau, p. $77.»
fj» Brossette avait nommé le Marquis de Sillery comme l'un des chefs de l'ordre dos Costeaux : Le Verrier, corrigé par Boileau, désigne a sa place Villandry. Ce Villandry était lils de Baltazar Le Breton, seigneur de Villandry. Conseiller d'Ktat et gentilhomme de la Chambre du Koi. Boileau en avait déjà parlé dans la satire NI, vers \\. Cependant un fragment d'une lettre de Des Maizeaux invoquant l'autorité de Saint-Kvrcmoml qui faisait partie île l'Ordre des Costeaux cite, avec lui, le Comte d'Olonuc et le Murqui* de Laval-Boisdauphin iVoir la note de l'éd. Saint-Marc).
MtMMRNTATRE DE LK VERRIER AVEC
Satire III. Souvré qui avoit lé goust tellement usé « 1 1 1 i t failoit toujours luv duun< quelque chose de piquant. ''
Quand on parié dé sauce if faut ou* an y raffine. Puurm&i, jttitm* surtout que fe paivrey domine
J'en suis fourni. DiêU **uit< et j'ai tout pelletier
Roulé dans wdw office w cornet* de papier*
Pelletier faisuit au moins un sonnet pat jour.
v. î/Ji. Quand tm des Conviez, d'un ton Mtlfanvolitpti\
LamentûHt tristement une eluttisuti hat/ttffur; Tous mes Sots à la fois ravis de té coûter, Ut'tuutiftttt fie fotirrrf, s*' nullcnt ù chauler*
a en 14' i en cette }f* ceint uni depuis a
V. i4i. L'autheur [parle îcy] de La Chapelle '-' (qui estoil controlleur épousé sa nièct\ C'est lui qui a ccmpcêé te* faux reUt tuais des campagnes des Bastimeus du Roy et qui avoit épousé une nièce clé M. Des Préaux. de lîocroy et r/** Fribourg, (Htvragei fort estimes* Il avoU e.rteètnement ff esprit La Chapelle n'avoit jamais ri qu'avec un froid à glacer* Cependant pour et la voix fort belle, m&Ù il chûntoii irixlcment.
faire le plaisant par art, il ne manquoit pas a la lin du repas de deniamln un verre, et d'entonner une chanson bacchique. Il avoit une fort belle voix, mais la chanson la [dus animée, il la Hinulmt d'un Ion si froid et si lugubre qu'il n'y avoit pas moien d\ tenir.]
v. i5i. Un va/et le portait, marchant ù pas contez,
Comme un Recteur suioi des quatre Facilitez. ^^
Horace. S. 8, Liv. 2, v. i3.
Ut Attica virgo
Cum sacris Cereris, procedit fuscus Hydaspes Ca*cuba vina ferens
(1) Le Verrier explique ici l'épigramme contenue dans le vers 119, Brosscttc a ignoré cette allusion malicieuse.
<:" Brossette ayant mis M. de la C..., neveu de Boileau, les commentateurs qui sont venus apr»-> lui avaient appliqué, avec juste raison, ces initiales à Henri do Bessé de La Chapelle- .Milou, marié a Charlotte Dongois, veuve tiaultelier. Bcrriat-Saint-Prix (Erreurs de Brossette, T. III, p. '|~3, «les (Kuv, de Boileau) s'appuyant sur ce que Henri de Bessé n'avait épousé la nir«c «lu porte «pie le \ novembre 1668, c'est-à-dire trois ans après la publication do la satire III, eu a < <mh lu qu'il ne pouvait être question de celui-ci dans celte satire. Mais Boileau lui-mémo vient eoulinuer iei «le la façon la plus catégorique l'assertion de Brossette, non seulement en ce qui enueerue li> personnage mais encore en ce qui a trait à la manière de chanter d'Henri de Bessé.
M. le Vieointe «le Grouchy a publié le contrat de mariage de Charlotte Dongois, nièce do Boileau, avee Henri «le Bessé. (Bulletin du Bibliophile, 189.3, p. 193.)
Le Keeueil tle Connut, T. IX, p. 353 (Bibl. de l'Arsenal X° 54i8) renferme une égloguc en m rs par La Chapelle- Bessé : Berger que je me plais en ces aymables lieux
Satire III.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX 3j
Le vin au plus muet fournissant dos paroles, Chacun a débité ses ma. ri tuas frivoles, Réglé les intérests de chaque Potentat, Corrigé la Police et réformé V Estât:
Puis de là s' embarquant dans la nouvelle guerre, v. 166. A vaincu la Hollande, ou battu l * Angleterre.
[Parmi les pots et les verres, on rèjçle volontiers l'Kstat.] Dans ce
la protection des Hollandais contre lot temps-là le Hoy avoit pris [le parti de la Hollande contre l'Angleterre.] Amjlois et avoit marché avec ses troupes au secours des premiers. ("estait en i6(i/| et i6(>5.
Im, tous mes Sots enflez d'une nouvelle audace, v. 170. Ont jugé des Auteurs en maistres du Parnasse.
Perse. Sat. 1, v. !îo, a dit
Erce inter porula quaerunt
Homulidac saturi quid (lia poëmata narrent.
v. 1 ~\\. Quand un des Campagnards relevant sa moustache, Et son feutre à grands poils ombragé d%nn pennache% Impose à lotis silence, et d'un ton de Docteur, Morbleu! dit-il, La Serre est un charmant Auteur! Ses vers sont d'un beau stile, et sa prose est coulante.
MT de Bauyue Ce campagnard si bien dépeint s'appelloit de [Bauve] gentilhomme champenois, parent «■»
[de Champagne qui avoit épousé une] parente de Tautheur.
Im Pucelle est encore une œuvre bien galante, v. 179. Et je ne sçai pourquoi je baaille en la lisant.
Ce qui a donné occasion à l Auteur de mettre ici cette plaisanterie, rest une
[Ce que Ton met icv dans la bouche de ce campagnard sur le poème
naïveté que dit une Demoiselle de VHostel de Rambouillet ■-• qui avoit
de La Pucelle est un mot fameux d'une Demoiselle de l'IIoslel de
(1) Boilcau n'a pas écrit « parent » de sa main, mai* il a supprime IV du texte tic Le Nerrier.
Berriat -Saint-Prix t Erreurs de Brossette, T. III. t p. \~3^ n'est pas heureux «m contredisant Brossette qui, cette fois encore, avait mis seulement des initiales. Il est vrai qu'aucun des commentateurs n'était arrive a les identifier. Il s'agit «le M. de Baugucs . Bogues, d'après Berrîat- Saiiit-l*rix>, parent de Hoilcau. Charles de Bogues, seigneur de Villecresne, Maréchal ireinT.il des liyis de la cavalerie légère, né en !<*>t."i, marie en ili.Yï a Marie Langault, \eu\c Lagucau. Roileau n p«*ut-ètre été mal servi par sa mémoire eu le qualili.iut de gentilhomme champenois, mais sa femme était née a Chàlous-stir-Marue et c'est hien de lui dont il s'agit.
(•à) D'après» Brossette, cette demoiselle serait Madame «le I^ongueville.
38 QOMMSffTAl&B de le ver ni En avec
Satire III. entendu la lecture de ta PurelU- ri a tjtti un la vantail fort* H est vrat, dit-elle^ Rambouillet qui eo portait re beau témoignage. Des Beaux en avait fait que cela est fort hetm* maïs cela est bien ennaieux* le conte à Patru, et Patru à Taulbeur.]
v. 180. Le Pal$ sans mentir, est un bougon plaisant i Mais je ne trouve rie/t de hetm dans re Voiture* Ma fOtt le jwjrttteiit sert bUft dans la ferhirt\ A mon t/ré% le Corneille est joli t/ueft/ttefais. Iù* vérité pour moi, jointe A* hetm Françoif*
Tout ce qu'on lit icy depuis le vers i8o jusqu'au vers 200e est copié d'après nature, L'aulhcur a voit compose relie Satyre» lorsqu'il fut prie par La Fontaine d'aller passer quelque temps ;i I . Ihâteau-Tliierry aven
t/ ruerai Racine. La partie sa lit et s'exécuta. Le Lieutenant [criminel] du lieu l! prit l'autheur eu amitié, et luy ayant donné à mangera luy seul sans prier
général La Fontaine ni Racine, ce fut ;i ce repas la que ce Lieutenant [criminel] naïvetés [trorinaales et il ciianara
dit toutes les [extravagances] que l'autheur met icy à proffit [d'une manière pour cela tout &on Dialogue qnll avait faïct dune autre manière. si agréable. Les coups de maistres qu'il remarqua ^ dans ce magistrat de campagne luy firent changer presque tout ce dialogue. Que l'un est heureux quand on peut trouver de tels originaux et qu'ils sont heureux eux-mêmes quand ils tombent en si bonne main,]
v. 1 85. Je ne sfai pOS pourquoi tûn vante fWfrjwndre : Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre : Les Héros chez Quinaut parlent bien autrement, Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement.
C'est l'Alexandre de Racine que Ton jouait dans ce temps-là.
On dit qu'on Va drapé dans certaine satire,
Qu'un jeune Homme. . . Ah !je sçai ce que vous voulez dire,
A répondu nostre Hoste, Un Auteur sans défaut,
La Raison dit Virgile, et la Rime Quinaut.
ii\ Hrossotte avait dit: un officier de robe. Le Verrier précise en désignant le Heutenantgéuérnl «le Château-Thierry. H nous apprend que les incidents du repas de Boileau avec ce magistrat lui liront recommencer le passage de cette satire 111 écrit de toute autre manière.
(ai Le Verrier avait d'abord écrit: a Le naturel qu'il trouva ».
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX ,5<j
Satire III. Justement. A mon gré, la pièce est assez plate :
Et puis blâmer Quinaut... Avez-vous vu l'Astrale? C'est là ce qu'on appelle un ouvrage achevé. v. icj6. Sur tout /'Anneau Hoyal me semble bien trouvé. Son sujet est conduit d'une belle manière. Et chaque acte en sa pièce est une pièce entière : Je ne puis plus souffrir ce que les autres font. Il est vrai que Quinaut est un Esprit profond :
Il faut voir l'Astrale de Quinault, act. l\, scène 2. Je le marque précisément. Car si par hazanl quelqu'un a la curiosité de consulter l'original, je suis bien aise qu'il ne luy en couste pas ce qu'il m'en a cousté, et de luy épargner le dégoust de lire une pièce si peu digne d'estre leue. Le Poète feint dans cette pièce; Kl que n'y feint-il pas à tort et à travers. Il feint, dis-je, que la Heine estoit lille d'un Hov usurpateur qui en mourant luy avoit recommandé d'épouser Agénor, Prince de son sang. Dans le temps qu'Agénor croit l'épouser, elle déclare à Astrale, lils inconnu du véritable Hoy à qui l'I usurpateur avoit osté la vie, qu'elle l'aime et quelle veut en l'épousant le mettre sur le trosne. Kt tout à coup sans sçavoir trop nv pourquoy ny comment, la confidente de la Heine découvre à Astrate que la Heine vient de témoigner à son Hival tout ce
maîtresse qu'une passionnée peut témoigner de soins et d'empressemens à un amant : (v)ue vous diray-je enfin ? La première des marques Que l'usage en ces lieux veut qu'on donne aux Monarques L'anneau roial, déjà jusqu'en ses mains remis, Fait trop voir quel espoir luy peut estre permis. l'n moment après, et dans la scène 3° de l'acte 3 Agénor sort de l'apartement de la Heine et rencontre Astrate. Agénor fait briller son anneau royal. Il le montre à son Rival qu'il insulte. II tombe d'accord qu'Astrate a le cœur de la Heine, mais que pour luy il va la posséder réellement, elle et son trosne :
Kt vais enfin au gré de mes transports pressans, M 'assurer d'estre heureux sur la foy de mes sens. Quelle expression. Elle nie paroist toute nouvelle à moy qui sca\ trop et t/ai ne sçauroit lire mes mes sex oprni. mal mon Quinault. [Je scav que ses opéras sont pitoiables, mais j'avoue qu'il ne m'estoit pas entré dans l'esprit que ses tragédies fussent de ce caractère. L' Astrate m'a détrompé.] ,!'
(i) Le Verrier, sans et re contredit |»ar Iloileau. traduit ici toute l'ammonite de ce dernier contre Quinault et dont Hrossotte s'était déjà fait l'écho.