SATIRE IV
retoucher Cet abbé Le Vayer estoit fils du fameux La Mothe Le Vayer. Tout
, Molière abbé qu'il estoit, jamais homme ne fut plus passionné pour la comédie.
m severe ^j estoit amj je Molière qui malgré son humeur sévère à l'égard des
s. Je nés- Comédiennes, souffrit que cet abbé allast dans leurs loges, et c'estoit luy
ni assidu qui mettoit la paix entre elles. Car à coup seur elles sont toujours
nédies de brouillées ensemble. L'autheur estoit de son costé fort assidu aux
TorMière Comédies de Molière qu'il estimoit, mais peu familier avec les Comé-
«wi là en diennes. Cependant La Torillière, homme naïf, le voulant remercier de ce
qu'il avoit soutenu le Tartuffe chez M. le Premier Président de Lamoi-
gnon luy dit, Monsieur, contez que nous vous regardons comme un
homme de nostre Trouppe.
Cette Satyre fut faitte immédiatement après celle qui est adressée à Molière, et avant celle du Festin. L'abbé Le Vayer avoit extrêmement
que rauteur lui adressa celle-cy.
loiié celle à Molière m. C'est ce qui (ist [mettre à la teste de celle-cy le nom de cet abbé.] Il avoit de l'esprit, et on voit de luy une traduction de Florus ; quoiqu'il eust découvert plusieurs fautes dans celle de Coeffeteau, la sienne a disparu, et celle de Coefleteau est demeurée.
mettre en Comédie Molière avoit eu dessein de [traiter dans une Comédie] le sujet de et de faire des visionnaires plu* naturels que qui sont tous des
cette Satyre. [Mais] les Visionnaires de Des Marets [l'en détournèrent extravayans quon n a jamais veus. Il en a même donné quelque trait dans son parce qu'il a mis une partie de ce sujet dans sa comédie. Cependant ce Tr'motin oh les Femmes sçarantes sont de véritables visionnaires. même sujet avoit tellement frapé Molière qu'il n'a pu s'empêcher d'en toucher quelque chose dans son Trissotin ou les Femmes sravantes.]
Un Bigot orgueilleux, qui dans sa vanité, Croit duper jusqu'à Dieu par son zèle ajfevté,
{i) Le Verrier nous apprend que les éloges de l'abbé Le Vayer sur la satire 11 oui engagé Boileau à lui dédier celle-ci.
Satire IV. Couvrant tous ses défauts d'une sainte apparence,
v. 22. Damne tous les Humains, de sa pleine puissance.
Ce vers a été imité par Molière dans son Festin de pierre quand Dom Juan dit dans l'acte 5e, scène 2 : « Je vais prendre le parti d'estre Hvpo- « crite... Je seray le vengeur de la vertu opprimée et sous ce prétexte « commode, je pousseray mes ennemis. Je les accuseray d'impiété et « sçauray déchainer contre eux de zélez indiscrets, qui sans connoissance « de cause crieront contre eux, qui les accableront d'injures, et les « damneront hautement de leur autorité privée. »
En un mot qui voudroit épuiser ces matières, Peignant de tant d'esprits les diverses manières : v. 3i. Il conteroit pMtost, combien dans un printemps, 32. Guenaud et V antimoine ont fait mourir de gens :