V. 3i. Imitation de Juvénal. Sat. 10, v
Promptius expediam, quot amaverit Hippia mœchos, Quot Themison aegros Autumno occiderit uno. V. 32. Guénaud estoit médecin de la Reine-Mère Anne d'Autriche. de la Faculté C'est le premier médecin qui ait mis l'antimoine en usage. Il n'y avoit
ce quils appellent avant luy que les Charlatans qui s'en servissent.
v. 33. Et combien la Neveu devant son mariage, A de fois au public vendu son P *** .
Cette Misérable estoit dans son temps la plus fameuse Courtisanne
oncle du Roy de Paris et la plus débordée. Le [vieux] Duc d'Orléans [l'avoit entredans sa première jeunesse Vemploioit à ses débauches et la promenoit quelque tenue. A quelles horreurs et à quels excez de débauche ne s'est-il point fois la nuit toute nue dans les rues de Paris (1>. porté pour cette malheureuse créature.]
v. 3y. Tous les hommes sont fous : et malgré tous leurs soins. Ne diffèrent entre Eux que du plus ou du moins. Comme on voit qu'en un bois, que cent routes séparent, Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent ; L'un à droit, l'autre à gauche, et courant vainement, La m es me erreur les fait errer diversement.
(1) Les détails donnés par Boilcau ne sont pas dans le commentaire de Brossellc, mais Berriat-Saint-Prix les cite d'après une note médite.
Satire IV. V. 39 Vitiis Nemo sine nascitur : Optimus ille est
Oui minimis urgetur (Horace. L. 1., S. 3, v. 68.)
Desipiant omnes ;equc ac tu, qui tibi nomcn
Insano posuere. Vclut sylvis, ul>ï passim
Palantes error certo de tramite pellit.
Illc sinistrorsum, hic dextrorsum abit : Unus utrique
Enror, sed variis illudit partibus. [foc te
Crede modo insanum, nihilo ut sapientior illc
Qui te deridet, eaudam trahat
(Id., Liv. II, S. 3, v. /,;.)
Sans mentir, V avarice est une étrange rage, v. G;. Dira cet autre Fou, non moins privé de sens, Qui jette, furieux, son bien à tous venans, Et dont Vàme inquiète à soi-même importune, Se fait un embarras de sa bonne fortune.
veut ici désigner neveu de M1 Hennequin%
L'autheur [parle icy de] l'abbé de Bernay, [qui estoit un Hennequin, Doyen du Parlement, xi fameux pour sa bonne table. Cet abbé extoit un homme homme fort extraordinaire, s'il y en eut jamais. Il ressembloit un peu a fort extraordinaire, prodigue à ïexcez. et d'une si grande inquiétude que sans Tigcllius; aujourd'huy prodigue», et demain avare, et avare à un point avoir aucun sujet
que lorsque son accez d'avarice le prenoit,] il avoit accoutumé de dire : Si je pouvois me trouver demain mort dans mon lit, je serois bien content, car je ne dépenserois rien.
Mr Racine a logé deux ans chez luy, peu de temps après que cet illustre Poète fut sorti de Port-roial. L'abbé de St-Homain, célèbre par ses ambassades [et surtout par celle de Suisse], a aussi logé quelque temps chez cet abbé [de Bernay].
L'abbé de Ilaqueville estoit aussy fort ami de l'abbé de Bernay.
et qui mangeoit souvent chez Vuhhè GYstoit encore un homme d'esprit, [riche en bénéfices, et qui pourtant de Bernay.
ne tenoit «l'autre table que celle qu'il trouvoit à crédit chez l'abbé de Bernay.] '*'
<U Le Verrier écrit en toutes lettres les noms dont Rrossette avait mis les initiales ; l'abbé de B.... II...: les autres commentateurs de Boileau n'ont pas cherclie a 1rs identifier. Il y ajoute quelques détails, particulièrement sur le séjour que Racine lit elle/, l'abbé île Bernay. ÎVoir sur ce dernier les Historiettes de Talli mant des Beaux. T. V., p. ffl. éd. Paulin Paris.'
Satire IV. Qui des deux en effet est le plus aveuglé?
Uun et Vautre à mon sens ont le cerveau troublé, v. j3. Répondra chez Fredoc, ce Marquis sage et prude, Et qui sans cesse au jeu, dont il fait son étude, Attendant son destin, dun quatorze ou d'un sept, Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet.
Cela est superflu Sous le nom de Marquis, l'autheur peint son frère aisné, qui estoit t ne dit rien. sage en toutes choses, hors au jeu où il estoit fou jusqu'à la fureur. II
n'est pas concevable jusqu'où elle alloit, dez que le jeu luy estoit contraire. Il semble qu'icy le Poète se sert des privilèges et des ressorts de son art, pour exagérer les emportemens d'un joueur extraordinaire. Cependant il peint d'après nature. Peut estre mesme n'a-t-il pas assez atrapé le naturel qui alloit au delà de toute expression. Une personne qui devoit à ce frère aisné, noyé dans le jeu, une rente assez considérable estant venue pour la luy payer, ce débiteur se présenta si malheureusement dans le temps qu'il jouait aux Dames, jeu qui estoit alors plus à la mode qu'il n'y est maintenant, ce joueur furieux dit à ce païeur de rentes, peut-on aporter de l'argent à un homme qui a une dame à damer. M
Chapelain veut rimer, et cest là sa folie, Mais bien que ses durs vers dépithètes enflez, Soit des moindres Grimauds chez Ménage siflez : Lui-mesme il s'applaudit, et dun esprit tranquille, Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile. Que feroit-il, hélas ! si quelque A udacieux Alloit pour son malheur lui désiller les yeux : Lui faisant voir ces vers et sans force et sans grâces, v. y8. Montez sur deux grands mots, comme sur deux échasses; Ces termes sans raison Vun de Vautre écartez, v. ioo. Et ces froids ornemens à la ligne plantez?