SATIRE Y
Cette satin» est en partie dans l'air de Juvénal, et en partie dans l'air d'Horace.
Elle fut commencée en iGG3 avant celle à Molière, et achevée en 1664 après celle à Molière. L'authcur avoit alors M'y ans.
Quand elle parut, on trouva fort extraordinaire que l'autheur l'eust adressée à M. Dangeau quoiqu'ils fussent amis, mais M. Dangeau estoit jeune. Il avoit l'honneur de jouer avec le Roy et avec Mlle de La Valière au Palais Rrion, à la vérité on ne le regardoit point comme [un Héros, ny comme] un homme d'une qualité très distinguée, quoiqu'il soit
d'abord d'ancienne noblesse et allié des Du Plessis-Mornav. Il est vray que
M l'intention de l'autheur [estoit] d'adresser cette pièce à M. le Duc de La
Rochefoucault [à qui il s'en expliqua ouvertement] mais son nom de
en ay jn- quatre sillahcs fut un obstacle invincible. [Ce Dur dont la naissance, le
i«m dit à rang et plus que tout cela le mérite dévoient mettre le nom à la teste de
cette satire fut assez galant homme pour entendre raison là-dessus et
pour approuver les excuses de nostre autheur. D'ailleurs l'autheur ne
manqua pas d'apuier ses raisons d'un exemple fameux dans l'ancienne
Rome. Virgile avoit en effet commencé un poème des Rois d'Alhe. Leurs
noms mal propres à entrer dans la mesure du vers luv firent abandonner
cet ouvrage et c'est ce qui a produit l'Enéide.]
M. Dangeau s'estant mis à lire cette satire au Roy pendant qu'il
joiioit, le Roy en fut frapé, et quitta le jeu pour l'entendre avec plus
d'atention. Il la loua extrêmement, M. de Montauzier même la trouva
fort car il a toujours fort approurê les our rayes de l'Auteur quoiqu'il le
belle [du moins dans ce moment-là.]
blâmait d'avoir attaqué Chapelain et les autres ,ii.
\i\ Cette* satire a été rniiiposéc, suivant Hrossette, en idfût : d'après l«e Verrier, appuyé par lloileau. elle fut commencée en littui et achevée en iC»f»'|, aprc> celle a Molière. Le \errier continue la note inédite dont parle llerriat- Saint -Prix sur ce qu'elle devait être adressée a M. de La Rochefoucauld, mais ce nom de quatre syllabes y mit obstacle. l*es détails sur l'impression ressentie par I^ouis XIV en l'entendant lire par Dangeau et sur l'appréciation qu'en lit Mr de Montauzier ne sont pas dans Brosscttc.
5. Mais je ne puis souffrir qu'un Fat, dont la mollesse N'a rien pour s'appuier qu'une vaine noblesse, Sépare insolemment du mérite (F autrui, Et me vante un honneur qui ne vient pas de Lui.
3t M. de Courtenay dont parle icy l'autheur.