ISA
Satirex. v, ^jîj, ,/*' sçay qu'ite uni brillé dam ce fameux comhat
Oit .sorts Vu h des Va fois Htaptieu smtva tEtat.
L'autheur entend parler du fumeux comliat deOrizoles que te (lomt d'Knguicii gagna le 1 4e d avril i544 sur le Marquis du ÛuâSt. RsgnM avoit dit dans sa satire *M :
Je ne sçaurois flatter et ne syav point comment U faut se taire accorf, ou parler uiussemcnl, Bénir les fa vu ri s cl*- geste et de paroles, Parler de Ivurs ayeuls au jour de Ccrisolles, Des hâtttS faits de leur race, et comme ils ont aquis Ce litre avec honneur, de Ducs et de Marquis.
v. 4*)1 - Maiê euttai-Je ùemme eu& deè Meuniers pour paretts,
Il en veut toujours au fameux Lull) ll.
Xi sur tout de souffrir, pur uu projùnr ustujeH Quà nifjiîst* jutuuis tfcvuuf le bleu jalotu\ v. 5o4„ Va fastueux carreau soit veu sous ses ffenoUZ.
Je ne sçay si <«■ vers «Ta point fait mppHisser les carreaux qui subsistent encore, ou s'il nVn a point aboli en partie la coutume : ,
A ftlftf, a lu Voue tut frottée, je f*artmift Ihs Feaitues tfottt le zèle est digne uu'ttu te loue, v, ThTi. Qui x'uvrttpçat du bien m tout temps, eu faut lieu. Jcnsçmè Une chérie et du Monde et dé Meu, ih/mh/e tluus tes tj ru tuteurs, stu/e tlaus lu fortune; {tut fjêutit* eotutue lis(ltet\ fie su tjtoire importa tu* ;
Tout le monde entend hien que laulhcur veut parler de M"*' île Mainlcnon.
Mais pour quelques Vertus si pures, si sincère?!
(fiuwieu tf trottve-f-oti tliut/ut^eafes Euussittres. v 5a3. (Jui sous uu eaiu dehors tfuustère piété
hr lents crimes secrets cherchent l'impunité,
Et couvrent de Dieu mime êmpromt eut leur visage
De leurs honteux plaisirs Vaffreux libertinage ?
(1) CoUt- allusion a Lully d**in !■■ \ m iw psaitt h tort pour «voir été meunier, nVsl pan dan» \v wmmvnU"'*' •!<■ Hn»fTt*ollc, mais elle *d trouve dan* ta Mb i«Vi>*i, Lully «liât mi libertin iloni lis vïTîi mih ruilk^N s »<piiI |»cu connus» 81 rODOQUOéç ffùmma musicien u tjijs^é tïitn* Vumïttt* rç
COHHKCÏIONS AUTOGRAPHES DE DKSI'HKAUX 121
satire A*. y a-t-il rien de plus horrible que l'hypocrisie ?
X'atten pas qu'à tes yeu.r faille ici/ l'étaler. Il vaut mieux le souffrir que de le dévoiler. v. f>2<). De leurs yalatts exploits les II assis, les lira a toutes Pouroietit avec plaisir te compiler des tomes :
Les Œuvres de Brantôme et de Bussy ont passé par les mains de tous ceux qui ont du goust pour la lecture. Mais qu'il est dangereux d'escrire sur les matières qu'ils ont traitées. Si les horreurs dont Brantôme nous a laissé les histoires, tout éloignez quelles sont de nostre temps, font encore tant d'impression, et causent encore aujourd'huy tant de scandales, que doit-on penser de l'Histoire amoureuse des Gaules composée par Bussy, luy qui n'a souvent fait que prester des noms aux caractères et aux actions qu'il a trouvées dans Pétrone ,h.
Sur vent pieux devoirs aux Saints elle est égale. v. .V|f>. Elle lit Rodriguez, fait V oraison mentale.
La perfection chrétienne de Hodriguez, jésuite, traduite en premier lieu par le P. H. et ensuite par l'abbé Hegnicr.
Et peut-il, dira-t-elle, en effet l'exiger? v. r>56. Elle a son Directeur, c'est à lui d'en juger.
On jugera aisément du pouvoir d'un Directeur si on fait réllexion au bizarre vœu que le Père..., autre jésuite, vient de recevoir de la Heine d'Angleterre dont il est confesseur (en septembre 1701). Parce vœu, elle s'oblige de ne rien apprendre ny de rien sçavoir sur quelque allai re que ce soit, qu'elle ne luy en fasse confidence <-*.
v. r»fi."i. Mais de tous les Mortels , grâce aux dévotes Ames,
Xul n'est si bien soigné qu'un Directeur de Femmes.
Le Père Bourdalouè estant à Basville, ii toussa un peu le soir. M,,c de Lamoignon luy lit porter malgré luy le lendemain matin un succulent bouillon, et il fut contraint de le prendre. Le premier Président de Lamoignon ayant aussy toussé à son tour, nostre autheur luy conseilla de suivre l'exemple du P. Bourdalouè, mais ce sa«ce Magistrat
(1) Voici une note que Doiieau aurait certainement corrigée, s'il n'était |»as passe rapidement sur les satires IX, X et XI. On a vu la leçon que Le Verrier s'était attirée en pariant «l'une facou peu avantageuse de l'Histoire amoureuse des (iaules, voir note du \ers \\ de la Satire VIII.
(a) Cette note était d'actualité en i;oi.
Satire X. luy fit cette réponse : Je ne suis pas encore assez dans le bon chemin pour mériter un bouillon tous les matins (1).
Quelque léger dégoust vient-il le travailler ? Une foible vapeur le fait-elle bâailler ? Un escadron coëffé d'abord court à son aide : Lune chauffe un bouillon, Vautre appreste un remède, v. 5^1. Chez luy syrops exquis, ratafias vantés, Confitures sur tout volent de tous costés :
Voilà peut estre la première fois que Ton a mis en vers le mot de Ratafia. C'est une liqueur composée d'eau de vie, de jus de serize, de canelle, de cloud et de sucre. On en usoit extrêmement lorsque cette satire fut faite. On s'en est fort désabusé {*K
Nostre Docteur bien-tost va lever tous ses doutes, Du Paradis pour elle il applanit les routes; Et loin sur ses défauts de la mortifier, Lui-mesme prend le soin de la justifier. Pourquoy vous alarmer d'une vaine censure ? v . 582 . Du rouge qu'on vous voit on s'étonne, on murmure, Mais a-t-on, dira-t-il, sujet de s'étonner? Est-ce qu'à faire peur on veut vous condamner?
On assure qu'il y a des Directeurs qui veulent que leurs Pénitentes soient parées quand elles s'approchent du confessionnal. Il y a même des gens qui prétendent que quelques-uns de ces Directeurs veulent que cela aille jusqu'aux Perles et autres Pierreries. S'il y en a de ce caractère, c'est de ceux-là dont l'autheur fait icy la satire (3).
Le plus grand jeu joué dans cette intention, Peut mesme devenir une bonne action.
Tout est sanctifié par une âme pieuse. v. 5<j8. Vous estes, poursuit-on, avide, ambitieuse,
Sans cesse vous brûlez devoir tous vos parens, Engloutir à la Cour charges, dignitez, rangs. Vostre bon naturel en cela pour Eux brille.
(1) I/anccdote relative au Père Bourdaloue et au Président de Lamoignon n'est pas dans le commentaire de Brossette.
(2) Celte petite remarque sur le mot Ratafia, sur la composition de cette liqueur et sur la façon dont elle était appréciée en 1701 n'est pas dans le commentaire de Brossette.
(3) Ces détails sur les exigences des confesseurs vis-à-vis de leurs pénitentes, ne sont pas relevés par Brossette.
r.ORKEOTlONS AUTOGRAPHES DE DESPRKAUX l $3
Satire X. Il entend parler de Mad. de Monchevreiiil m.
Mais dans ce doux étal molle, délicieuse, v. 626. Ijt hais-tu plus, dy-moy, que cette Bilieuse, Qui follement outrée en sa sévérité, Baptizant son chagrin du nom de piété, Dans sa charité fausse, où l'amour propre abonde, Croit que c'est aimer Dieu que haïr tout le monde?
Il parle de Mad. de Moussy, dont les manières l'ont choqué, quoique dans le fond il n'ait aucun sujet de s'en plaindre (i).
Voilà le Sexe peint d'une noble manière! v. 6/|f>. Et Théophraste mesmc aidé de la Bruyère,
Xe m'en pourroit pas faire un plus riche tableau.
La Bruyère a traduit les Caractères de Théophraste, et a fait luy-mcme les Caractères de ce siècle.
Et que seroit-ce donc, si Censeur plus tragique J'ai fois t'y faire voir l'Athéisme établi, Et non moins que l'honneur, le Ciel mis en oubli? v. 05y . Si j'allois t'y montrer plus d'une Ca panée, Pour souveraine loy mettant la Destinée, Du tonnerre dans l'air bravant les vains carreaux, Et nous parlant de Dieu du ton de Des-Barreaux ? a)
( 1 ) L'allusion à Madame do Monchevreùil n'est pas dans le commentaire de Brossette. (a) Brossette avait vu dans ces vers une allusion à la belle-sœur du poète, la femme de Jérôme Boileau. Madame de Moussy v sœur de Dugné Bagnoles, femme d'un maître des Comptes, avait été l'amie de Henry Hurault de Lhospital, sieur de Bel es bat, conseiller au Parlement, maître des requêtes, mort en 1684. Il en est question dans les Historiettes de Tallemanl. T. V, p. 38; et 3&). (3) Nous avons découvert les poésies libertines de Des Barreaux que l'on croyait perdues. Consulter : Une petite découverte bibliographique. Bulletin du Bibliophile (100I). Voici un sonnet de cet épicurien qui donne une idée de ses opinions philosophiques :
Mortels, qui vous croyez, quand vous venez à uaistre.
Obligez à nature, ô quelle trahison !
Se montrer un moment, pour jamais disparoistre,
El pendant que l'on est, voir des maux a foison.
Tenant plus du néant que l'on no fait de l'estre. Je l'ay dit autrefois et bien moins en saison, Estudions-nous plus à jouir qu'à connoistre. Et nous servons des sens plus que de la raison.
D'un sommeil éternel ma mort sera suivie. J'entre dans le néant quand je sors delà vie. () déplorable estât de ma condition!
Je renonce au bon sens, je hay l'intelligence. D'autant plus que l'esprit s'élève en'connoissance. Mieux voit-il le sujet de son affliction.
I2'| COMMKNTAIHK DE LK YEMIIKH AVEC
Satire A'. Mais, sans aller chercher cette Femme infernale,
Tay-je encor peint, dy-moy, la Fantasque inégale. Qui m* aimant le matin, souvent me hait le soir?
Il ne faut point douter que TA théisme n'estende son empire jusques sur les Femmes. Il y en a qui sont fameuses de ce costé-là, témoin la Choiïart, la Sanguin, et [La Louchaut], uni; femme de Senlis fort amie de Linière {U. C'est celle-cy qui a fait cette épigramme impie :
(Juand on parle aux sots de Lucifer,
Au diable, celuv qui raille.
Ils craignent tous sa fourche de fer
Avec sa grosse tenaille.
On a bien fait d'inventer l'Enfer
Pour étonner la canaille <-'.
Capanée un des sept chefs de l'armée qui mit le siège devant Thèhes. Il fut le premier qui planta l'échelle sur les murailles pour monter à l'assault. Mais il fut accablé d'une si grande multitude de pierres que Ton jetta sur luy, qu'il en mourut. Comme il estoit hautain, superbe et impie, les Poètes ont feint que Jupiter l'avoit puni de son impiété en le détruisant d'un coup de foudre (Ovid, liv. 4, Tristium).
Cum cecidit Capaneus subito temerarius ictu Et de là vient qu'on appelle Capanée ceux qui n'ont point de religion.
Tay-je fait voir de joye une Belle animée, Qui souvent d'un repas sortant toute enfumée, Fait mes me à ses Amans trop foihl es d'est omach v. (ij2. Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac!
La corruption a tellement gagné le dessus que les Femmes prennent autant de tabac que les Hommes, sans avoir égard ny à la délicatesse de leur sexe, ny à la propreté, ny à la mauvaise odeur que le tabac échauffé donne à toutes les personnes qui en prennent ,:". D'ailleurs les ragoûts
(i) Gmsultcr une liste de» poésies de Liniëres dans notre Bibliographie des rec. collectifs de poésie* publiés de i5o,7 à 1700, T. II III et IV. Ses pièces libertines ont été brûlées parle fils unique du Grand Coudé, Henry Jules de Bourbon, d'après une note de Bruzen de La Martinière (T. I, p. 3 7.1. du Nouveau recueil des Epigrammatistcs français anciens et modernes (Amsterdam, 172$). La \oici : «r Ses vers libertins ont été conservés parmi les personnes du même goût qui se les communiquent en manuscrit. J'en ai vu un gros recueil qui était tombé entre les mains d'un Prince qui le paia fort eber, apparemment pour le brûler. » Le grand Condc tout comme son ami Des Barreaux h'étail «onve rti dans sa vieillesse.
( 4) Gitto note de Le Verrier sur les femmes athées ou plutôt sur les libertines qui faisaient profession d'athéisme cite des noms et ineine des vers de Tune d'entr elles : La Louchaut. amie de Linière. Tout ceci est nouveau.
(J) Le Verrier généralise plus que Brossettc en ce qui concerne l'usage du tabac chez les feiiiiueh.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES I)K DESPRKAUX 1 ?.{)
Satire A. d'ail, ot tout ce qu'il y a de plus propre pour irriter 1 appétit des plus fameux débauchez, sontre cjui leur plaist davantage aujourd'hui*.
v. (i-3. Tay-je encore décrit la Dame brelandière, Qui des Joueurs chez sa y se fait Cabaret ière,
Il y a des femmes et même des femmes de condition chez qui on trouve un bon repas tous les soirs. On ne paye rien pour la table, mais on n'y est point admis que Tonne joue, et Ton ne peut jouer, sans paier.
v. C>-~. Ay-je offert à tes yeux ces tristes Tysi plumes <l .
Tisiphone, une des Furies, filles de l'Achéron et de la Nuit, (l'est elle
qui est chargée de punir les crimes. L'étimologie de son nom le porte.
Il en est parlé dans Horace, Sat. 8, Liv. 1, v. .Vj :
Vocat altéra saevain
Tisiphonein...
et dans Virgile, Kneid 10, v. jfu :
l'allida Tisiphone média inter millia saevit
etencore dans les Georgiques, Liv. .'->, v. "mi :
Saevit, et in lucem Stygiis emissa tenebris Pallida Tisiphone; Morbos agit ante Metumque Inquedies avidum surgens caput altius elîert Au reste, il y a trois furies Alecto, d'alpha privatif et de Xy^w desino :
Tisiphone, de tuo ulciscor et de sovy, caedes : M égara de ueyxtsu» invideo.
v. (>8.'*>. Et font de leur maison diyne de Phalaris, l'a séjour de douleurs, de larmes et de cris?
Phalaris, Tiran en Sicile. C'est cet homme détestable dont la cruauté est connue de tout le monde. Il avoit fait fondre un taureau d'airain dans lequel il enfermoit ceux à qui il vouloit donner la mort, et en mettant ce taureau tout en feu par le moyen d'une fournaise ; il les y bruloit. Il y fut brûlé luy-même dans une révolte qui s'éleva contre luy.
Enfui tu y- je dépeint la superstitieuse, La Pédante au (on ftei\ la llouryeoise ennuiense, v. 08-;. Celle qui de son chat fait son seul entretien.
Que je connois de femmes, et des femmes qui ont beaucoup d 'esprit.
(i) Bn>M»elte a \u 1h une allusion a la premii-ri» fournie de M. ISoileau. père du |nM»te : Charlotte Urochartl ou tic Brochard. née \er* i *>**$, morte le i5 *»e|»tembre i Guy. Le Verrier n'en dit rien.
I5îf> COMMENTAIRE DE LE VEHIUEH
Satire A", dont pourtant on ne tireroit presque rien dans la conversation, si elles ne parloîentà leur chat et à leur chien (h.
v . 088 . Cette qui toujours parle et ne dit jamais rien ?
S'il y a des femmes qui parlent sans cesse et qui ne disent jamais rien, combien y a-t-il d'hommes qui ont le même défaut.
( i ) Le Verrier a noté lu une critique générale. Brosselte y a vu une allusion ù une sœur de Doileau, la veuve Manchon.
COMMENTAIHE DE LE VEIIMER AVEC
Satire XI. v. 3j. En vain ce Misanthrope, aux yeux tristes et sombres.
Veut par un air riant en éclaicir les ombres :
11 y avoit ce faux Caton. Du reste : ne nominetur in vobis.
v. t{.\. Le Xaturef toujours sort, et sçait se montrer. Vainement on Var reste, on le forte à rentrer,
C'est une pensée d'Horace que l'autheur, à sa manière ordinaire, se rend propre, et qu'il exprime merveilleusement. Ep. 10, Liv. 1, v. i!\. Naturam expellas furca, tamen usque recurret.
Mais V Honneur en effet qu'il faut que Von admire, Quel est-il, Val in cour ? Pouras-tu me le dire ? v. 5i . L'Ambitieux le met souvent à tout brider,
Amy de la paix, il regarde toujours Alexandre comme un Houssart qui est prest daller partout le flambeau et le fer h la main pour satisfaire son avarice et son ambition ,1'.
v. 5a. L'Avare à votr chez luy le Pactole rouler,
Pactole, (leuvc de Lydie qui roule des sables d'or le long du territoire de Smyrnc.
Ju vénal...
Ouod Tagus et rutila Pactolus volvit arena
Il en est de même du Tage, fleuve de Portugal. Nous avons en France des rivières et des fleuves où Ton trouve aussy de l'or. H y a au dessus de Toulouse une rivière qu'on appelle l'Ariège Aurigera. 11 est certain qu'on y trouve de l'or. Aussy voit-on sur ses bords des paisans qui n'ont d'autre mestier que de prendre dans une espèce de crible du sable de celte rivière, et de le passer en laissant tomber le plus fin de ce sable sur un morceau de serge blanche. S'il y a de l'or, on l'aperçoit aisément. Quelquefois ces paisans passent des semaines entières sans rien gagner. ( Quelquefois ils gagnent une pistole par jour. On le nomme cet or, l'or des paillettes et il n'y en a point de plus fin que celuv-là (-'.
Quoiqu'en ses beaux discours Saint -Evremond nous prône, v . 70 . Aujourd'huy j'en croirai Sénèque avant Pétrone.
(1) Cette appréciation prêtée a Boilcau sur Alexandre le Grand n'est pas dans le commentaire do Brossette.
"à) La partie de cette remarque de Le Verrier sur les rivières de France roulant de l'or n'est pas duus le commentaire do Brossette.
COIMIKCTIONS AUT0(ÏHA1»1IKS l)K DKSPRKAIX
1 ai)
Satire XI. J'en croiray malgré luy Sénèque avant Pétrone.
St Kvremond me paroist un vrav sophiste. Je ne suis point surpris qu'il trompe Lien des gens. C'est, selon moy, un autheurqui donne tout à l'imagination et à la déclamation, qui a fort étudié IVtrone, et qui rempli des maximes détestables de cet autheur tâche de les insinuer dans tout ce qu'il escrit. Je n'ay jamais esté admirateur ny de l'original nv de la copie. Les honnestes gens doivent se. avoir bon gré à nostre autheur d'avoir ataqué St Kvremond a forces ouvertes, pendant que d'autres personnes qui pouvoient faire voir que ce livre de Pétrone n'est pas si ancien qu'on se l'imagine th avoient le champ libre pour détruire l'opinion que l'on a dans le monde de Pétrone, et de St Evremond. H a fait une dissertation où il fait la comparaison de Sénèque et de Pétrone, et selon luy ce dernier doit avoir tout l'avantage. C'est ce que l'on alaque icv avec raison '-'.
Vu injuste Guerrier terreur de l'Univers, Qui sans sujet courant chez vent Peuples divers, S'en va tout ravayer jusqu'aux rires du Ganye, v. 78. S9 est qu'un plus yrand Voleur que Du ter te et Saint Anye.
Duterte et Saint-Ange estaient deux fameux voleurs de grand chemin qui vi voient vers le milieu du dernier siècle.
Mais dans quel Tribunal, juyé suivant les Loiv, Eust-il pu disculper son injuste manie i v. 8» . Qu'on livre son Pareil en France à La lleynie,
La Reynie, limousin et lieutenant-général de Limoges, bon juge, mais sévère. Ce caractère plut au Ministre Colbert qui le lit Conseiller d'Etat et Lieutenant général de police à Paris. 11 s'en est parfaitement bien aquité. Je ne sçay pas si à force d'exactitude, il s'est aquité de la même manière des commissions qu'on luy a données pour interroger plusieurs prisonniers de la Bastille et de Vinecnnes. C'est un homme qui, selon son caprice, d'un éléphant fait une mouche et d'une mouche un éléphant ,3'. Du reste tout le monde entend bien que c'est du Prince d'Orange que ('autheur veut parler K
(1) Le Verrier a effacé la phrase suivante : Pourquoi M. Dacier l'a-t-il laissé eu repos.
(1) Celte appréciation île lloileau sur Saiiit-Ëvrciiimid est confirmée par Brossette mais ici le ton «*st Itcaucoiip plus vif.
i.'f) Le Verrier ajoute un trait de caractère à la note île Hroasette sur La lleynie.
(ï)Bmssctte n'a pas donné la clef décrite allusion : l'émule d'Alexandre le Grand était. suivant \a" Verrier, le Prince d'Orange.
Satire XI. Dans trois jours nous verrons le Phénix des Guerriers
v . 84 . ÏMisser sur l'échaffaut sa teste, et ses lauriers.
Le Sénat et le Peuple firent un décret qui ordonnent que Jules César porteroit toujours une couronne de lauriers. Ce fut pour luy le plus agréable présent qu'on luy pust faire. César estoit chauve, et pour le cacher il portoit une couronne de lauriers. C'est ce qu'un de nos poètes françois a si bien exprimé :
Sur son front couronné des mains de la Victoire Les cornes s'élevoient à l'envi des lauriers. Ce sont ces deux vers de ce poëte à présent inconnu qui ont formé le tour, Tharmonie et la force de ceux de nostre autheur '*».
v. 8.">. C'est d'un Roy que Von tient cette maxime auguste,
Que jamais on n'est grand qu'autant que l'on est juste.
Les Asiatiques appelloient le Hoy de Perse, le Grand Hoy. Agésilas leur dit : Pourquoy celuy-là est-il plus grand que moy, s'il n'est ny plus juste nv plus sage. Apophtegmes des anciens.
Rassemblez à la fois Mithridate et Sylla, Joignez-y Tamerlan, Genseric, Attila; Tous ces fiers Conquérans, Rois, Princes, Capitaines, v. tjo. Sont moins grands à mes yeux que ce Bourgeois d'Athènes.
On a déjà veu les sentimens que l'autheur a de Socrate, et combien il le met au dessus d'Alexandre '-1.
v. 99. Et tel, qui n'admet point la Probité chez lui, 100. Souvent à la rigueur l'exige chez autrui.
Par le nom de probité, l'autheur entend toutes sortes d'excez dans la morale. Personne n'ignore le nombre excessif des galanteries du Marquis de La Chastre. Uavoitun domestique qu'il aimoit fort et qui luy estoit très nécessaire. 11 apprit que ce domestique avoit une galanterie et il luy donna son congé. J'estois spectateur de cette expédition. Je ne pus m'empecher de rire, et de dire au Marquis que je le trouvois bien exact pour les autres pendant qu'il ne l'estoit pas trop pour luy. 11 me répondit
(1) Cette dernière citation n'est pas dans le commentaire de Brossette.
(a) Itrossette ne nous donne pas cette appréciation de Boileau sur Socrate et Alexandre.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX l3l
satire M. qu'il vouloit Lien eslre débauché, mais qu'il ne vouloit pas que ses gens le fussent comme luv {U.
Im distance est deux fois plus longue, à mon avis, v . 1 1 6 . Que du Pôle Antartique au Destroit de Davis.
Le détroit de Davis est sous le pôle artique, près la Nouvelle Zeml>le.
v. 1 4C> - L'Honneur, cher Valincour, et V Equité sa Sœur De leurs sa y es conseils éclairant tout le Monde
Voyez de quelle manière Régnier parle du faux Honneur dans sa sixième Satire.
v. i.^r». Im Vertu n'estoit point sujette à l'ostracisme, i /|G . A7 ne s'appelloit point alors un Jansénisme.
Ostracisme est un mot grec qui signilie reléguer, et de ce nom d'ostracisme on appelloit une lov par laquelle les Athéniens avoient droit de reléguer tel citoien d'Athènes qu'ils vouloient, lorsqu'on le soupeonnoit ou decahaler, ou d'estre si riche qu'il pouvoit faire quelque entreprise contre l'Estat, ou enfin lorsqu'il estoit trop vertueux et trop aimé du Peuple. Car de tout temps la vertu a esté l'objet de la haine du vice, c'est à dire que la pluspart du monde y a attaché sa haine. Virtutem incolumeni odimus Sublatam ex oculis quu»rimus invidi.
(Hor. Liv. .'t, od. i.'i, v. !h) A ces traits si marquez qui ne reconnoist tout ce que la cabale a fait contre des gens pleins de vertu et de religion.
v. 168. Et le Mien et le Tien deux Frères pointilleux, Par son ordre amenant tes Procès et la Guerre, En tous lieux de ce pas vont part a y er la Terre,
Cette idée du Mien et du Tien est prise de Régnier, Sat. G* : Ainsy la Liberté du monde s'envola ; Ht chacun se campant, qui deçà, qui delà, Et de hayes, de buissons remarqua son partage, La Fraude fit alors la figue au premier âge Lors du Mien et du Tien naquirent les procez1-'.
(i) (Ictto définition do la probité cl l'anecdote sur le Marquis do La (Ihastrc ne sont pas dans le commentaire do Brossette.
(•i) Cette citation do Régnier n'est pas dans le commentaire do H rosse t te, mais elle est dans celui de Bcrrial-Saint-Prii.
»VJt//* A/
/<// *'/// //* ' ou* mander enfanta te* Tyran*. * . i^î * //" Tana** au Xtt porta le* Cona»^ran$ :
Sou* le fleuve Ta nais, qui efet un fleuve du pais des Sotties, et divise I A*ie de l'Kurope, I aulh'-ur entend |*arler des Scvthes qui selon Justin au <;*ymmefj<ement de toit Histoire, furent les premiers conquérants. Le Nil e*t, <;omme tout le monde le s<;ait, un fleuve de l'Egypte, et I'autheur •M: >î'-rt de 'ea mots pour dire que Tanaus, Koy des Scvthes, porta ses ro«qu«-M.e« jusque* dans l'Kfrypie.
L'A m hit ion passa pour la Vertu sublime : v . 1 80 . Ae ('rime heure us fut juste et cessa d'est re crime.
Il v<*ut parler de César et du Prince d'Orange, mais encore plus de ce dernier M .
|OtV«c .iUumoii a iV^ir fi au IViiuv d'Oranp* hVm |sih ttgrnjW dans le coninicntairr de