‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 8 sur 43 · REMARQUES · texte numérisé non relu

REMARQUES

Mr Des Préaux naquit le prr de cJbrr de l'année mil six cens trentesix. Les premiers momens de sa jeunesse ont donné des préjugez qu'il

dès lors seroit un jour grand Poète. Dès le collège, et [tandis| qu'il n'estoit encore commença dont le sujet était pris d'un

qu'en troisième, il [composai une Tragédie. [A cet âge, il fut plus lloman de chevalerie errante car en ce temps là il aimoil fort la lecture de heureux que quelques-uns de nos Poètes qui ont fait beaucoup de ces sortes de livres. Il m'a conté lui-même que ce début était fort puéril pièces de théâtre, et qui n'ont pas fait un seul vers. Sa pièce estoit mat* qu il y avoit pourtant un vers qu'il croyait pouvoir mettre en parallèle intitulée Houssardan t Roy de Grilfalar » ",. On voit parce litre que. . . avec le plus beau des vers de Uoyer à choisir entre plus de quatre vinyl mille que ne luv déplaisoit pas. Ce Hoy et son frère estant sur le point d'en lioyer a faicts. C estoit un lioy qui parlait en se mettant entre trois géans venus à venir aux mains, leur Gouverneur paroist sur le théâtre, et entr'autres son secours qui avaient pris querelle et estaient prests à se battre. Voici le vers : choses leur dit :|

Géans arrestés-vous (îardez pour Tenneiny la fureur de vos coups.

à mon sens au

\jSl versilication de Mr Des Préaux est noble et soutenue. Il a souverain degré le choix des mots, le nombre, l'harmonie, et jamais la rime ne l'a fait

il) Le Verrier nous apprenti ici le titre de la tragédie «pie Itoilcau composa dans sa jeunesse, titre omis par de I-osnic de Moncliesnay dans son « llolacaua » (Amsterdam, i^a, p. Sa), et par (azcron-IVival dans ses « l\écréations littéraires » h;ImI. Chose curieuse, la correction autographe de Despréaux avec son coup de griffe contre le malheureux Claude Uoyer est répétée presque textuellement dans le « llolaeaua » : t< Il n'étoit encore «m'en quatrième qu'il se sentit « du talent jkmit la Poésie, et dés lors déjà tout plein de la lecture des anciens romans, il entreprit « de faire une Comédie. Je faisois, disoit-il, paroitre Mir la scène trois (téaus prêts a se battre

• |iour la conquête d'une commune Maitresse, lorsqu'un quatrième (ieaut les séparoit par ces

• vers :

« (iéans, arrete/.-\ous

■« (tarde* pour l'ennemi la fureur de vos coups. « Il déliait Boxer de lui montrer un seul vers de cette force dans les cent mille qu'il a faits m

MjMMtNTAllU lit LE VLKKIKIt

ttemnrqueM. de la raison ni la première de cette

érarter du génie de sa langue. Il dit que ce qui Iuy donna [1] idée [dune]

au on lui récita versification |si remplir et si grande), ce fut une pièce |qu'il lut |

et qui estait d'un Auteur point

dans sa jeunesse, [mais] dont il ne scait [ny le sujet nyj le nom

que cet Auteur |de l'aulheur et «loiit | il a seulement retenu ces deux vers : ditoit à propo* de Jules César à qui sa femme Calpurnie nacoit pas esté /art fidèle et qui portait toujours comme on sçait une couronnr de laurier : Sur son front couronné par les mains de la Gloire Les cornes s'élevoient à l'envi des lauriers. |</esl eu parlant de César qui pour cacher qu'il estoit chauve porloil toujours une couronne de laurier. |

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