‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 9 sur 43 · DISCOURS AU ROT · texte numérisé non relu

DISCOURS AU ROT

tout au plus \lr Des Préaux (il cette pièce estant â#é de ?J\ ans. Ce fut en Tannée

f i r>G i ] après la disgrâce de Mr Fouquet. Il ne l'acheva pourtant qu'en 166:; [lf>6/,| CD.

Jeune et vaillant Héros, dont la haute sagesse X'est point le fruit tardif d'une lente vieillesse, v. 3. Et qui seul, sans Ministre, à l'exemple des Dieux,

Soutiens tout par Toi-mesme, et vois fout par Tes yeux,

Horace, Liv. a, ep. i. A Auguste.

Cura tôt sustineas et tanta negotia soins : Res I ta las armis tuteris, inorihus ornes, Legilms emendes

Ainsi, sans m* aveugler d'une vaine manie, Je mesure mon vol à mon faible génie : v. if>. Plus sage en mon respect, que ces hardis Mortels Qui (Vun indigne encens profanent Tes autels : Qui dans ce champ d'honneur, où le gain les ameine, Osent chanter Ton nom sans force et sans haleine ; Et qui vont tous les jours, a" une importune voix, T ennuyer du récit de Tes propres exploits.

Tout cela est dit à l'occasion des pensions que le l\o\ donna en if>6'f à plusieurs autheurs. Mr Chapelain eut beaucoup de part à la dislri-

car MT Colbert le consultai! alors hution de ces pensions, et quoique Mr Des Préaux paroisse icv fort indigné du choix que l'on «voit fait de quelques personnes pour ces

(i) lloileau a corrigé la noie «le Le Verrier pour fixer la «laie exacte de la coin jm>s'i lion de ce i Discours » : iftT»? (il avait alors af> ans et non i^),le |>oète y ajouta seulement quelques vers en if»f»3 (voir plus loin la note de Le Verrier sur le vers f>î|. Bcrriat-Saint-Prix comme Saint- Marc et Brossette sont a rectilier sur ce point, puisqu'ils donnent i663; l'édition de i-i.l portait 1664.

Discours au Roi. largesses, on ne peut pas dire que son intérest particulier le fist parler. Car, dans ce temps là, il n'esloit pas connu, je ne sçay s'il se connoissoit bien luy-même. A proprement parler, il ne fut bien connu dans le monde qu'à cinq ou six années de là.

[qu'après avoir passé douze années à étudier dans son cabinet tout ce que l'antiquité nous a laissé de meilleur et à composer de génie d'après de si excellens originaux.] m

v. 21 . L'Un en stile pompeux habillant une églogue, De ses rares vertus Te fait un long prologue, Et meste, en se vantant soi-mesme à tout propos. Les louanges d'un Fat à celles d'un Héros.

C'est de Charpentier qu'il parle : Cet autheur avoit composé une qu'il intituloit églogue [intitulée) Kglogue roialle, où en louant le Roy, il se donnoit à

la bouche d'un Berger quil introduisait luy-même par |lc secours «le quelques bergers], des louanges |si] outrées [qu'il n'estoit pas possible de les soullVir. ]

v. a5. L'Autre en vain se lassant à polir une rime, Et reprenant vingt fois le rabot et la lime, Grand et nouvel effort d'un esprit sans pareil ! Dans la fin d'un sonnet Te compare au Soleil.

dans ce temps là assez mauvais Chapelain que Mr Des Préaux attaque icy avoit fait un sonnet à la où En voici le premier vers :

louange du Roy [dans lequel] il comparoit ce Monarque au Soleil.

Quel Astre flamboyant sur nostre Parnasse etTe? (*'

(i) Brossctte no s'est pas arrêté à ce passage du Discours au Roi. Le commentaire de Le Verrier nous vaut cet aveu de Boileau qu'il ne fut guère connu et apprécie que vers 1669, i! ne pouvait donc être signalé par Chapelain a Colbert pour une pension en 1664.

(a) Boileau a soin de citer lui-même, mais inexactement, le premier vers du sonnet de Chapelain auquel Le Verrier fait allusion. Nous avons trouvé le texte de ce sonnet dans le Recueil de Conrart (5i3a. Bibl. de l'Arsenal) et dans le manuscrit des Poésies de Chapelain (Bibl. Nat., Nouv. acq. fr., 1890).

Voici la version du Ms. des Poésies do Chapelain (p. 209 verso).

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