‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 14 sur 96 · V. 80. Dont Moiimrmr autrefois fil Jpçon dans Paris · texte numérisé non relu

V. 80. Dont Moiimrmr autrefois fil Jpçon dans Paris

Munmaur estoit un fameux parasite tout hérissé de Grec et (p/'oii nppelloil |Monmaur avoit enseigné dans l'Université. Il étoit tout hérissé de à cause de cela Monmaur le Grec, qui fréquent oit toutes les bonnes tables de l'aris ij;-rec et de latin. 11 (juitta sa robe de classe et se jetta dans le monde à sans estre prié. Il parloil ma' de tout le monde et surtout des gens de lettres. toute Force. On ne voioit que luy à toutes les tables. Les Parasites de Cela lui attira un déluge de Satires qui furent fiicles contre lug et dont une Xasidienus n (Mi aprochoient pas.| partie a été imprimée dans les Miscellanea de Ménage.

Ualibray fit contre luv un l'oème intitulé « La Métaniorphosc de Moiunaui" en marmite », et dans ce poème il y avoit entr autres choses : Ces deux vers ^on collet de pourpoint s'élargit en grand cercle;

admirables par la Son chapeau de Docteur s'applatit en couvercle.

C estoit un homme de beaucoup de mémoire mais de très peu de jugement et c'est ce qui donna occasion à il/"^ de Monmor, J/''''^' des requestes, et qui ne le haïssoit pas moins que les autres quoi que semblable à lui de nom de fiire cette Efiitaphe de Monmaur vivant :

Sous cette casaque noire Repose paisiblement, Monmaur d'heureuse mémoire Attendant le jugement -'.

y. 81 . // es/, vrai que <lu liai la hoalr secourahJe

.lette enfin sur la Muse un regard favorable, El réparanl du sort V aveuqlemenl fatal, Va tirer désormais Ph/dms de Vhospital.

[Pensions données par le Woy en i()G4. H en a déjà l'ail beaucoup de bruil. I

(i) Il n'y a pas mallieiiri'iisfiiiciil (r(j(|uivo(Hi(' |M)ssibk'. Boilcau a soin do spocilier lui-même ([u'il s'aj^il bien du bon (iuillautuo (]ollelcl et non de son (ils l'ran(;ois, nialj^ré ranirnialion con- Irairc de IJrossctle, Saint-Marc et BciTiat-Sainl-l'rix (T. I, y. xi.ix). Hoilenu a coniplélc et amélioré ici sa noie de l'éd. de i^i3 en disant de tlnillauino (À)llelel « (|ii"il n'était pas sans génie », mais ici génie sij^nifie tout simplonient « instinct du lalcnl ».

(u) Le Verrier a ajoulé lui-nieine au texte de Moileaii r(''pigrainnii' de llalicr( de .Monmor. (lotte é|)igramnie n'est pas citée par Hrossette.

rime

COIIUECTIONS AUTOOIUPIIE8 DE DESPREAUX H)

^ '"' /■ V. (j^. Saïnt-Amand neut du ciel que sa veine en partage :

L'Iuihit <iiiU eut SUT lui fut son seul héritage : Un lit et ileiLi- placets roinjtosoif.ut t<nit son bien, V. lou. Ou, pour en tninu.r purhu-, Sfii/it-A/nfind n'avait rifn. Mais quoi, las de traîner une vie importune, Il engagea ce rien pour chercher la Fortune, El, tout chargé de vers qu'il devait mettre au jour, Conduit d un vain espoir, il parut à la Cour. Qu'arriva-t-il enfin de sa Muse abusée i Il en revint couvert de honte et de risée ; Et la Fièvre au retour terminant son destin, Fit par avtmre en lui ce qu'aurait fait ht Frrim.

(le fré(/ui;nler les cahareh de Pan.f et de ni-Amand Saiiil-Amaiit s'csloit contenté [pendant longtemps de débiter ses mort avant xiendve ses ouvrages au Libraire. L'espérance pension du

', .. vers dans (iiiolques lieux obscurs de Paris. L'enviel d'avoir Iparl aux

f ne (lunnoît ' • i i|

mcorcdcpcn- l^"'J '^" pluf'J'^f 'lu Cardinal M<iz<trin (pti tjouvernoil alors lui donna l'envie de se pensions que le Roy donna en iG6/| lit prendre l'essor à ce poète.) produire à la Cour.

Il composa à la louange du Roy un poème intitulé, Poème de la Lune.

une bonne partie de ses vers à Dans cet ouvrage, l'autlieur avoit emploie [les trois quarts de ses vers à peindre le Roy qu'il avoit veu baigner nageait

montrer] avec quelle grâce [et quelle adresse le Roy sçavoit nagerj

// dans la Seine, [où apparemment il l'avoit veu baigner. 1 [Saint-Amant| et' où il fut siflé de tout le monde ce qui lui causa

porta [son[ poème à la Cour. [Son poème n'y fut pas bien reçeu <' . I.;i tant de dépit que la fièvre l'ayant pris au retour, il mourut. •-) lièvre luy prit de dépit, il en mourut.]

V. 100. Imitation de Juvénal <■*'. Sat. 6, v. ao8, qui dit en parlant d'un misérable poète de Rome :

(i) Le Verrier avait d'abord écrit : « Ils y furent tous deux huez à outrance ».

(a) Le portrait que Hoileau a l'ait de la vie do Saiut-Aïuant est inexact dans son ensemble cl dans ses détails, voir à ce sujet la notice sur ce poète do notre nibliojçrapliie des recueils collectifs de poésies |>ubliés de lôij^ à 1700, T. II, p. 'i\'S, et aussi les T. III, p. 5i3 cl T. IV, p. 181.

Le pocnie de u La Lune parlante » (|ue Boileau appelle ici et dans la note marginale de l'édition de i-i3, le poème de « La Lune » avait été déclaré inexistant par tous les historiens de Saint-Amant: Cil. Livet (notice en tête des (Euvres complètes, Bibl. Elzévirienne, a vol. i855); Victor l-'ouruel (La littérature indépendante et les écrivains oubliés, iSGa) et Durand-Lapic (Sainl-.\MiaMl, son tem|)s, sa vie, ses poésies, iSy^). Nous en avons découvert l'unique rscn»plaire ([ui a été analysé dans le ISuUetin du Hibliopliile, 1900, i5 déc le texte .■•>•■. •■••■i du poème se lit dans notre Bibliographie des recueils collectifs de poésies, T. Il, p. -a(>

(A) Le V(M-rifr a mis ou mnv^o : l\('|>r.'!iilf' .lnv.n:»! .|.'|>iiis le vers ao3 et h- nii-iir.- i< \

2() COMMKNTAIRK DE LK VERKIEU AVEC

Satire I. Nil habult Codrus. Quls enim negat ? Et tamen illud

Perdidit infelix totum nihil...

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