‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 16 sur 96 · V. 1 13. Faut-il donc désormais jouer un nouveau rôle · texte numérisé non relu

V. 1 13. Faut-il donc désormais jouer un nouveau rôle

Dois-je, las d'Apollon, recourir à Bariole,

fui

M' Des Préaux estoit [alors] avocat au Parlement. [Jamais] il [n'a

mesme à l'âge de dix huit ans aujour-

esté] chargé [que] d'une cause qui ne se plaida point. M. Dongois [estoit

dliui Greffier de la Grand' Chambre, son neceu, estoil Vacucal de la partie adcerse.

son advei'saire.]

M'^ Despréaux faisait sur cela un conte assez plaisant, etc.

Il faut raccom- [Les deux Procureurs oposez eurent quelque contestation pour la

moder la narration procédure, et s'en raportèrent à M. des Préaux. On l'avertit qu'ils le

„ ' „ , , . demandoient. Il ne lisoit alors ny Cuias ny Rartole. Il estoit dans le M. Des Préaux lui- . .

mesme. sein des Muses, et pendant qu'il achevoit quelques vers qu'il avoit en

teste les deux Procureurs luy dirent que la contestation estoit desçavoir

(i) Celte anecdote n'est pas dans le commentaire de nrosselte, même retouchée comme le demandait lioilcau.

CUimECTIONS AUTOURAPHRK OK DESPRKAUX Ul

Sr////r / si la partie pour laquelle M. Des l'n'uux devoit plaider pouvoit faire interroger l'autre sur faits rX articles. On s'en raporla à «a décision. Sans avoir entendu un mot de ce qu'on luy avoit dit, <omme on luy demnndoit son avis, il s'écria, eh cela devroit déjà estre fait. Les deux Procureurs roceurent cet arrest, tout de môme que si l'Aréopage l'avoit prononcé, et il entendit (|iie l'un d'eux disoit en s'en allant: C]e jeune homme-là ira loin.] <')

Moi? que J'aille crier dans re pais hdrhttrVy Où l'on voit tous /çv jours llnnoceiiee aux abois Errer dans les détours d'un Dédale de lois, Et dans l'amas confus des chicanes énormes^ Ce (jui fut blanc au fond rendu noir par les formes ; v. l'f.'.'i. Oii Pat ni f/af/ne moins qn'lJot cl le Mazier,

[Uot et Le Mazier estoient deux avocats du Parlement qui se chargeoicnt de toutes sortes de causes ; deux braillards s'il y en eut jamais. Un jour Lot en [)laidanl dit qu'il plaidoil pour /}0 mineurs. L'avocat de la partie oposée répondit qu'il n'y avoit pas un mineur en cause, et Uot répliqua que ses parties avoient 4o fils, petits-fils ou arrière-petits-fils. On sçait quelle différence il y a de plaider contre des mineurs ou contre des majeurs. I <-'

v. 124. Et dont les Cicérons se font chez Pé-Eoumier?

Pierre Eournier estait tin fameux Procureur du Parlement (pii plaidait très bien [Pé-Fournier estoit un fameux Procureur du Parlement qui plaidoit des causes de chicane, comme ils estoient plusieurs Procureurs de ce nom, un mieux que beaucoup d'avocats.]

mettait en parlant de lui selon Vusage du Palais la première lettre de son nom propre, c'est à sçavair la lettre P, et on iappeloit Péfournier.

Avant qu'un tel dessein m'entre dans la pensée. On pourra voir la Seine à la Saint Jean ylacée^ Amauldà Charenton devenir Huguenot, V. 128. Saint-Sorlin Janséniste, et Saint-Pavin biyot.

(i) Celte anecdote intéressante pour l'histoire de la vie de Boilcau ne paraît pas avoir été racontée par Brossette.

(a) Ce que dit ici Le Verrier sur Uot ou lluol et Le Mazier est en partie inédit.

Le Mazier avait une nièce Mlle Ronianct qui a épousé Racine. Voici un extrait des conversalion» de Brossette avec Boileau (Bibl. Nat. Ms lûa^â) : « M' Racine avant que d'être marié avoit é\é « fort amourcu.\ de La Champnicslc, fameuse comédienne, mais quand il c|>ousa Mlle Romanel il c.( rompit eulièremcnt avec sa maîtresse.

« Mlle Romanet n'avoit ni son père ni sa mère, elle étoit nièce de M. Le .Mazier, avocat dont « parle M'' Despréaux. Et cet avocat ne passoit pas pour un fort honnête honuno. Mlle Romanet « étoit sous la tutelle d'un autre oncle, frôra de ce même Le Mazier. »

Satire 1 Et Saint-Pavin bigot. |I1 y avoit originairement Dévot. M' Des

Préaux a osté ce dernier mot de peur qu'on ne le prit dans un sens Cela nest pas . y , ,-i o. • t^ •

vrai et ce fut dans op^se a ceiuy qu il veut luy donner. Samt-Pavm estoit de la famille des

la suilte pour me Sanguin et se piquoit, selon l'usage détestable de ce temps-là, d'estre

venger du Sonnet mécréant.] Irrité du trait piquant de M' Des Préaux, il fit contre lui une que je mis dévot. , . . ,. . .

epigramme qui iinissoit par ces vers :

En vérité je luy pardonne.

S'il n'eust mal parlé de personne,

On n'eust jamais parlé .de luv.

M' Des Préaux luy répondit ; [l'autre répliqua]. Il en sera parlé par la

suilte.] <i)

Quittons donc pour jamais une Ville importune ., Oit l'Honneur est en guerre avecque la Fortune : Où. le Vice orgueilleux s'érige en Souverain, v. 182. Et va la mitre en teste et la crosse à la main:

M. de Pérélix, Archevêque de Paris, venoit de faire à Port-roial celle procédure si extraordinaire et si connue de tout le monde. <-'

P»egnicr a dit, Sat. 2 :

Le vice qui, pompeux, tout mérite repousse

Et va, comme un Banquier en carrosse et en housse.

Page 1