‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 17 sur 96 · V. i33. Oii la Science triste, affreuse et délaissée · texte numérisé non relu

V. i33. Oii la Science triste, affreuse et délaissée

Est par tout des bons lieux comme infâme chassée ;

Imitation de Régnier qui a dit, Sat. 3 :

Si la science pauvre, affreuse et méprisée.

Sert au Peuple de fable, aux plus grands de risée.

Et sans aller rêver dans le double Vallon, V. i44- La colère suffit, et vaut un Apollon.

(i) La correction de Boileau remet les choses au point en ce qui concerne le qualilicatif de dévot appliqué par lui à Saint-Pavin, dans les éditions publiées do i6^4 !' i683. Les vers de co poète libertin dont le talent est remarquable n'ont été réunis qu'au XVIII* siècle par Saint-^L^rc (Amsterdam, i^Sg, in- 12), mais M. Paulin Paris en a publié une édition beaucoup plus complète, Paris, Techener, 1861, in-8, à laquelle on peut ajouter plusieurs pièces inédites reproduites dans notre Bibliographie des recueils collectifs de poésies publiés de iSg^ à 1700, T. II, p. 46i) T. III, p. 523 et T. IV, p. i83.

Denis Sanguin de Saint-Pavin était le sixième fils de Jacques Sanguin, sieur de Livry, Conseiller au Parlement dès iSSa et Prévôt des marchands de la Ville de Paris, et de Marie du Mesnil. Christophle Sanguin que Saint-Marc lui donne pour père était son frère aine.

(2) La note de Le Verrier qui vise l'archevêque de Paris est nouvelle. Voir Ms. Drossellc lôa^S.

(3) Cette citation do Régnier n'est ni dans Brossctte, ni dans Saint-Marc, ni dans Borriat-Saint-Prix.

COmiKCTIONS AUTOOIt Vl'lll - ni l.l-ri.i M \ uS

Sntir(^ l .IiiV(''tial ;i dil, Sal, i, v. j() :

Facit indiirnatio vorsnm.

Si Natura in-^aL

lU^^nicr a iiiiilé ce (lait ; (Il ii \ a «jn a I<: i.t|«<>iter pour l.tm stpir coinbicn cmi imilaiit il esloit éloigne «rencliérir sur ccluy qu'il imiloil.] Puis souvent la colère engendre de bons vers Mdis il n'a pas sonyé comme M' D. à enchérir sur ion orifjinal.

SATIUE II

fM. Des Préaux (jui iio vouloit connoislrc que ses livras, ne son{^(>oil

M' de |K)iiit h coinioislre l'illusln' Molièi»?. Mais M' de] l'uy-inorin, Irèir de

Molière fut celui fjui donna à non frère la nostre Autheur et fort ami de [cet excellent Poète comique, leur fit faire connaissance de cet illustre Poète comique.

connoissancc.] Leur caractère qui tendoit également au vray, leur g<-iiic, l'ndin à la satire et leur dé/joust pour les impertinences des Hommes [et peut estre plus que tout cela les estudes que Molière faisoit d'après nature, sur ce (|u'il reinanjuoit dans les discours et dans les actions de

bientost nostre Aulheur,] les portèrent à se voir souvent. [Leur amitié se forma et V quils avaient Vunpour l'autre alla lôujourê

l)ientost]. [Leur] estime mutuelle [ne fit qu'augmenter.] Encore aujouren augmentant.

d'huy l'Authcur ne feint pas de dire publiquement qu'il mol Molière au

de dessus de Corneille et [même de son amy| Racine. La raison qu'il «mi apporte que des trois c'est celui qui a le plus attrapé la \ature *').

[donne, | c'est [qu'il prétend qu'encore que la Comédie soit d'un gcncr inférieur à la Tragédie, néanmoins il a mieux fourni sa carrière que les deux autres ne sont venus à bout de leur entreprise.)

Selon l'ordre de la compositiorl cette Satire devroit estre la quatrième

[cinquième] satire de l' Autheur. La première que nous venons de voir est entièrement dans l'air de Juvénal. Celle-cy est tout à fait dans le goust d'Horace.

L'Autheur donne icy à son ami une facilité de tourner un vers cl de rimer, que son ami n'avoit pas, mais il est question de le loïier et de luy faire plaisir.

(i) Les correclions île Boilcau au sujet de Molière qu'il met au-dessus de Gomeille et de Racine, viennent confirmer le passage des conversations do Brosseltc avec lk>ileau (Ms, i5s^5) p. 5i5 de l'éd. Laverdet.

a') COMMENTAIRE DE LE VERRIER AVEC

Saiire II. y. 17. Si je veux d'tm Galant dépeindre la figure,

Ma plume pour rimer trouve VAbbé de Pure :

Il y avoit dans Porigine :

Si je song-e à dépeindre un galant de nostre âge, Ma plume pour rimer d'abord trouve Ménage.

salirique L'abbé de Pure s'estant avisé de faire une parodie de quelques scènes de Ginna contre l'autheur |et d'introduire M' Colbert qui parloit à

Mr Despréaux l'autheur, on] osta Ménage pour mettre à sa place l'abbé de Pure.

Cet abbé estoit fort connu dans le monde, et se piquoit de faire bien On dit qu'il des contes. [H les composoit, et] les aprenoit par cœur dans son cabinet

// estoit grand avant que d'aller les débiter dans les Compagnies. [Tous ses contes admirateur de Vitré VImprimeur et la pluspart de ses contes commençoient avoient le même exorde, et ne jouaient jamais leur rolle que sous un par :

même masque. Ils commençoient toujours par ces mots,]

Le Bonhomme Vitré, etc. <^' [G'estoit Vitré l'imprimeur.]

Je ferais comme un autre, et sans chercher si loin, JWiurois toujours des mots pour les coudre au besoin. V. 3^. Si je louais Philis, En miracles féconde;

Je trouverais bientost, A nulle autre seconde.

C'est Ménage surtout que cet endroit regarde. [C'est de Ménage dont l'autheur parle icy.]

Avec tous ces beaux mots souvent mis au hazard. Je pourois aisément, sans génie, et sans art, V. 45. Et transposant cent fois et le nom et le verbe,

Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe. Mais mon esprit tremblant sur le choix de ses inots, N'en dira jamais un, s'il ne tombe à propos,

se laisse jamais maitrizer par la rime. H ne songe M. Des Préaux ne | s'embarrasse jamais de la rime. 11 arrange d'abord

(i) Les délails donnés sur les Contes de l'abbé de Pure ne sont pas dans le commentaire de Brossctte.

OORRECTIONS AUTOC.nAPHKS I)K DRSPHKAUX 2^

Salire II. f/n'à penser jusle et (iprès cela il fuicl xi bien (fue la rime ty trouve. dans son esprit ce qu'il veut «lire, après cela il force la rime d'obëir.] Avjinl r;iil CCS deux vers

■li^ |)Ouroisaisëment, sans génie, el sans art, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe il les dit à La Fonlainc, qui d'abord s'escria, jVerlu diable] ne Jupiter quidem melius. (l'csioit son mot. Mais où est la rime à Malherbe, véjHindit il fnudrd bien tju'clle se trouve et le lendemain rlM' Des l'rcaux luy [ayant dit le lendemain ce vers] lui ojtporla ce oerx :

Va transposant cent lois et le nom el le verbe, La Fontaine qui avoit un goust admirable, fut si surpris qu'il demeura comme la statue du Festin de pierre'".

V. /|(). /iV )t<; srtiiirolt sou/frir, qu'une phrase insipide Vienne à la fin d'un vers remplir In place vuide.

M"^ Des Préaux récitant celte salire à M^ Arnauld d'Andillv, il surtout admira ces deux vers.

V. 53 Maudit soit le premier dont la verve insensée et suivants. Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée, Et donnant à ses mots une étroite prison, Voulut avec la rime enchaîner la raison.

M. D'Andilly compara ces quatre vers aux quatre vers de Brébcuf qui ont fait tant de bruit.

C'est vient

De luy que nous [tenons] cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux

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