SATIRE VI
L'autlicur n'avoit qiio 20 ans, lorsqu'il commença cotte saliro. Il on estoit au premier degré de sa fortune, c'est-à-dire que de la guérite où il
chés son Père logeoit d'abord, il estoit descendu dans le grenier d'où il entendoit le bruit des passans, et des ouvriers de la rue S. Louis près le Palais. la ncsl point Celte pièce fut composée dans le temps que l'Alexandre de Racine
et je ne co7i- parut sur le théâtre : cette satire plaisoit si fort à Molière qu'il souhaita '\am le temps ^*' '^ ^^^^^ entendre à sa femme O. L'autheur ne voulut pas satisfaire sur la fis et tout cela l'emprc'ssement de son ami, de peur que la femme de Molière ne crust 'tu vous dites l'autheur fort inférieur à son mary.
Aière est trop f • -, j. j. j ,. ,
^ fatsoit a abord partie de
pour eslre ra- 111 11 •• • ••
lUans la chaleur de la composition] cette satire [estoit insérée dans la
la f^^ : Danwn ce ijrand Auteur
première de notre autheur à l'exemple de Juvénal. Sat. 3'], mais l'autheur
qiiun trop long dêlail des embarras de Paris lanf/uissoit,
aiant reconnu [que ces deux sujets joints ensemble languissoient, il
il résolut d'en faire une satire à part.
détacha celuy-cy de l'autre '-'. Ainsi] cette pièce est en partie dans l'air
de Juvénal. Sat. 3% et en partie dans l'air d'Horace. Epist. 2, Liv. 2.
Les souris et les rats
Semblent, pour m éveiller, s entendre avec les chats, Plus importuns pour moi, durant la nuit obscure, v. 12. Que ja?nais, en plein Jour, ne fut l'Abbé de Pure.
L'Abbé de Pure a traduit et fort mal traduit Quinlilien. Cet excellent Rhéteur, liv. /j, c. 2, donnant des règles pour la narration dit que dans la narration l'on peut faire entrer et les choses passées comme cela arrive
(i) Le Verrier avait écrit primitivement: Elle (la satire) plaisoit si fort à Molière qu'il voulut oblijjrer l'autheur tic la reciter à M*"* Molière.
(3) Le Verrier, sans être contredit |>ar Hoileau, infirme la note do Brossetto fixant à 1660 l'année de la composition de la Satire 1 dont la Satire V! a fait partie, et il ajoute ici des détails intéressants qui ne sont pas dans le commentaire de Brossette.
Satire VI. souvent el les choses présentes comme Cicéron l'a pratique dans l'exorde
Jt faut refaire de son oraison « pro Roscio amerino » contre Ghrysogonus. Voicy les termes
tout cela car on ^jg Quintilien : Adjiciunt, expositionem et prœteritorum esse temporum ne l'entend point. , -> ,. . , . ,. „. • , ,.
quae est Irequentissima et praesentium qualis est Liceronis de discursu
amicorum Ghrysogonus postquam est nominatus. Il n'y a personne qui
ne voye du premier coup d'œil que Quintilien ne veut dire autre chose
sinon « après que Cicéron eut nommé Ghrysogonus ». Et l'abbé de Pure
avoit traduit « Après que Gicéron fut appelle Ghrysogonus ». Mais on dit
que les railleries qu'on luy fît de sa bévue l'obligèrent de la corriger.
L'autheur a escrit contre des Poètes qu'il ne connoissoit point et qui
ne lui avoient fait ny bien ny mal, contre d'autres qu'il connoissoit et qui
avoient ou parlé ou escrit contre luy, et enfin contre d'autres encore qu'il
ne connoissoit point et qui l'avoient ataqué. Gar, souvent pour trouver
les noms de ceux qu'il a citez dans ses premiers ouvrages, il ne faisoit
et il sa-
qu'ouvrir ces recueils de vers qu'imprimoit autrefois de Sercy [et là il
cri fiait à la Satire ceux qui avoient le malheur de lui plaire car il ne croioit pas
trouvoit à coup seur et des noms propres à rimer, et des vers dignes de
leur faire grand tort par ses vers qiiil n avoit pas dessein de donner au Public
satire <^>. L'abbé de Pure avoit excité l'indignation de l'autheur plus que
et qu il ne pensait pas que les II animes dussent regarder. On soupçonnait Vabbé
qui que ce soit. Gar avant qu'il eust parlé de luy, cet abbé avoit fait]
de Pure d'avoir fait par
une parodie de cette scène si fameuse de Ginna qui commence Prens un siège,
Ginna... Dans cette parodie, il introduisoit M' Golbert convainquant
l'autheur et son frère l'Académicien [ou l'Argentier du Roy] d'avoir
composé une satire qui couroit contre ce Ministre [dans le temps qu'il
estoit le plus animé à poursuivre M' Fouquet, qui dans sa disgrâce
même a trouvé en public des deffenseurs ou par amitié ou par estime
seulement ou par l'un et l'autre tout ensemble.]
Tout conspire à la fois à troubler mon repos : Et je me plains ici du moindre de mes maux.
V. i5. Car à peine les coqs, commençant leur ramage, Auront de cris aigus frappé le voisinage :
V. 17. Quun affreux Serrurier, que le Ciel en couroux A fait, pour mes péchez, trop voisin de chez nous, Avec un fer maudit, quà grand bruit il appreste, De cent coups de marteau me va fendre la teste.
(i) Le Verrier a cherche à expliquer, sinon à justifier, les allaqucs de Boileau contre les poètes de son temps, el son plaidoyer n'est guère à l'honneur du satirique ; les corrections do I3oilcau ne sont pas de nature à alténucr cette fâcheuse impression.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES nE DESPRÉAUX 5n
>'iiin- Vl. V. iT). Tout ce détail vs[ une imitalion d'Ildnirc. I!]!. ■>«, F>iv. •>".
Feslinat calidus mulis, gerulisque Hedcmptor Ton|nct niinc lapidom, mine ingens machina Tignum Tristiu rol)u.stis luctanlur iuncra plauslris. llac ral>iosa fiigit canis ; hac lutulenta ruit sus '" Il en faut encore lire la > satire de Juvénal depuis' le vers a.'ia. V. 17, Le Verrier a ajouté en marge la note suivante qui est postéririin* à i jio :
M' Des Préaux, an mois d<; .Janvier ijii :
laborieux Vulcain,
Qu'éveillera bientost l'ardente soif du gain.