‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 48 sur 96 · V. 229. Laisse-là saint Thomas s'accorder avec Scot · texte numérisé non relu

V. 229. Laisse-là saint Thomas s'accorder avec Scot

Et conclus avec moi, qu'un Docteur n'est qu'un sot.

St Thomas et Scot sont les deux maistres de la Théologie scolastique, et presque toujours oposez dans tous leurs sentimens. 5. Thomas estoit un Jacobin et Scot un Cordelier.

(i) Ce détail est connu mais Brosselte ne l'a pas rappelé à ce vers.

(2) Ces imitations d'Horace et do Juvénal ne sont pas citées par les trois commentateurs de lîoiloau.

([\) Boileau se rend ici justice, tout comme il l'avait déjà fait au vers 4" de celle même satire.

8o COMMENTAIRE DE LE VERRIER AVEC

Satire VIII. v. 289. Et que sert à Cotin la raison qui lui crie,

Homme qui iwoil quelque mérite. Il estait de V Acadé- L'abbé Cotin estoit un [méchant Prédicateur, et quoique je ne l'ave ny mie et a faict quelques sermons qui ont esté imprimés, mais il n'avait nul talent veu ny par conséquent entendu, je me raporte là dessus à la renommée pour la chaire aussi ne se piquait-il pas d'estre (jrand Prédicateur, mais ce qu'il publique. Mais comme il a fait imprimer beaucoup de livres de poésie, et croioit posséder par excellence c estoit la (/alanlerie et la Satire. Il a faict plusieurs que l'on en trouve encore (|uelques-uns par hazard, il ne faut que lire à auvra(/es en jirose et eu vers où on ne peut pas dire qu'il n\j axjl point d'esprit livre ouvert pour convenir que c'est un Poète détestable. C'est de luy mais qui ne sortent point du médiocre et où il paroist beaucoup de vanité. Uauqu'est ce fameux sonnet dont Molière s'est si heureusement servi. Et leur excité par Furetière avait mis dans la Satire du festin son nom avec celui de c'est l'autheur qui le lui avoit indiqué.]

Cassagne et ne croioit pas l'avoir par là fart choqué parce qu'il ne se piquait pas fort, comme nous avons dit, d'estre ban Prédicateur. Cependant il prit la chose en vrai Paëte et fil une satire en vers et un Discours en prose contre l'auteur au il lui dit tous les derniers outrages. C'est ce qui a faict que l'auteur a si fort chargé sur lui. Au reste il ne se contenta pas dans ces deux ouvrages d'attaquer l'Auteur de la Satire à Molière mais il attaqua Molière lui-mesme qu'il traita avec le dernier mépris et l'obligea par là à faire les Femmes sçavantes. Le Sonnet et le Madrigal qu'on y tourne en ridicule sont tous deux de l'abbé Cotin et sont pris de ses Œuvres galantes où l'auteur les indiqua à Molière (i).

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