‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 71 sur 96 · V . 688 . Celle qui toujours parle et ne dit jamais rien · texte numérisé non relu

V . 688 . Celle qui toujours parle et ne dit jamais rien

S'il V a des femmes qui parlent sans cesse et qui ne disent jamais rien, combien y a-t-il d'hommes qui ont le même défaut.

( i ) Le Verrier a nulo la une crilnjuo gciicralc. BrossoUe y a vu huc allusion à une sœur de Boilcau, la veuve Manchon.

SATIHi: \!

a n'csi nul- L'aulhour avoit commencé cet ouvrage il y a plus de trente ans,

1/ rcniithlc. c'est-à-(lire que dez ce temps-là il avoit mis en vers tout son apologue. Il

la satire des ,, , , . • » -i i> i <^ i

. ^.,-. .-,. •„ I acheva en 1700 avant alors soixante-trois années, et il 1 adresse a celuy

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cnréi\ c'est-ù- <|ue depuis la mort de Racine le l\oy a choisi pour travailler à son Histoire

duni J'iirois avec l'autheur. Valincour s'appelle Du Trousset, nom sous lequel il a

esté autrefois extrêmement connu par beaucoup d'ouvrages de poésie,

(lur je l'in/r P'^'' I li'stoire du duc de (iuise, par la criti(jue du Uoman de la Princesse

i-e. de Clèves, et par une conversation pleine d'esprit. Il seait infiniment, que

ne sçait-il point de Théologie, d'Histoire, de Physicjue, de Mathématiques,

de Belles-lettres et de langues anciennes et nouvelles *•>.

Ceux qui voudront examiner la satire ()« de Hegnier, n'auront pas de peine à convenir que c'est de cette satire que nostre autheur a pris l'idée de celle-cy. Et cependant ces deux pièces ne se ressemblent en quoique ce soit. Voicy le vers de Régnier qui a le plus de rapport au sujet que nostre autheur a entrepris de traiter :

L'Honneur qui sous faux titre habite avecque nous.

Interrogeons Marchands, Financiers, Gens de guerre, Courtisans, Magistrats, chez Eux, si je les croi, Ulntérest ne peut rien, l'Honneur seul fait la loi. v. \\\. Cependant, lorsqu'aux xjeux leur portant la lanterne, J'examine au grand jour l'esprit qui les gouverne, Je n'apperçoi par tout que folle Ambition,

Allusion au mot de Diogène le Cynique, qui, en portant une lanterne en plein jour, disoit qu'il cherchoit un homme. Car il avoit coutume de dire que jamais il n'avoit trouvé d'homme en aucun lieu, mais qu'il avoit veu des Enfans h Lacédémone. Il n'y a personne qui ignore de quelle manière Lycurgue avoit élevé les Lacédémoniens, et combien ils estoicnt éloignez de la molesse des autres Peuples.

(i) Celte note de Le Verrier sur la satire XI est corrigée par Boilcau, aussi est-il pcrmi» da penser que le poète a jeté un coup tl'œil sur les dernières remarques de son commentateur.

laS COMMENTAIRE DE LE VEIlRIEIl AVEC

Satire XL v. 3^. En vain ce Misanthrope, aux yeux tristes et sombi^es,

Veut par un air riant en êclaicir les ombres :

Il y avoit ce faux Gaton. Du reste : ne nominetur in vobis.

V. [{.\ . Le Naturel toujours sort, etsçaitse montrer. Vainement on Var reste, on Je force à rentrer,

C'est une pensée d'Horace que l'autheur, à sa manière ordinaire, se rend propre, et qu'il exprime merveilleusement. Ep. lo, Liv. i, v. a/j. Xaturam expellas furca, tamen usque recurret.

Mais V Honneur en effet qu' il faut c/ue Von admire, Quel est-il, Valincour ? Pouras-tu me le dire ? V. 5i . L'Ambitieux le met souvent à tout brûler,

Amy de la paix, il regarde toujours Alexandre comme un Houssart qui est prest d'aller partout le (lambeau et le fer à la main pour satisfaire son avarice et son ambition <'•.

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