V. 52, L'Avare à voir citez luy le Pactole rouler
Pactole, fleuve de Lydie qui roule des sables d'or le long- du territoire de Smyrne.
Juvénal...
(^)uo(l Tagus et rutila Pactolus volvit arena
Il en est de même du Tage, fleuve de Portugal. Nous avons en France des rivières et des fleuves où l'on trouve aussy de l'or. Il y a au dessus de Toulouse une rivière qu'on appelle l'Ariège Aurigera. Il est certain qu'on y trouve de l'or. Aussy voit-on sur ses bords des paisans qui n'ont d'autre mestier que de prendre dans une espèce de crible du sable de cette rivière, et de le passer en laissant tomber le plus fin de ce sable sur un morceau de serge blancbe. S'il y a de l'or, on l'aperçoit aisc'ment. Ouebjuefois ces paisans passent des semaines entières sans rien gagner. (Juebjuefois ils gagnent une pistole par jour. On le nomme cet or, l'or des paillettes et il n'v en a point de plus fin que celuy-là '-'.
Quoiqu'en ses beaux discours Saint -Evremond nous prône, V . 'jO . Aujourd'huy j'en croirai Sénèque avant Pétrone.
(i) Celte appréciation prêtée à Boilcau sur Alexandre le Grand n'est pas dans le commeiilaire de Brossetto.
'a) La partie de celle remarque de Le Verrier sur les rivières do France roulant de l'or n'est pas dans le commentaire de Brossetle.
Siitiir XI.
COnnKCTIONS AUTOOnAPIlKS l)K DESPIIKAI X I Mj
.reu cioiray malgré luy Séncque avant Pétrone.
St Kvrcmond me paroist un vray sophiste. Je ne suis point surpris qu'il trompe bien des gens. C'est, selon moy, un autlieur qui donne tout à riina^inalion cl à la déclamation, qui a fort étudié IN'-Iron*', et qui rempli des maximes détestables de cet autlieur tâche de les insinuer dans tout ce qu'il escrit. Je n'ay jamais esté admirateur ny de l'original nv de la copie. Les honnestes gens doivent sçavoir bon gré h noslre autheur d'avoir ataqué St Kvremond à forces ouvertes, pendant que d'autres personnes qui pouvoient faire voir (|ue ce livre dtî Pt'lrontî n'«'sl pas si ancien qu'on se l'imagine *'• avoient le champ libre pour détruire l'opinion (jue l'on a dans le monde de Pétrone, et de St Evremond. 11 a fait une dissertation où il fait la comparaison de Sénèque et de Pétrone, et selon luy ce dernier doit avoir tout l'avantage. C'est ce (jue l'on ataque icv .ivff raison *-'.
Un injuste Guerrier terreur de l'Univers,
Qui sans sujet courant chez cent Peuples divers^
S'en va tout ravager jusqu'aux rives du Ganfje,
V. "S. X'rsf qff'ffft /)Itts f/rnnd Voleur que Duterte elStunl A />;/>■.
Duterte et Saint-.\nge estoient deux fameux voleurs de grand chemin
qui vivoient vers le milieu du dernier siècle.
Mais dans quel Tribunal, juyé suivant les Loix, Etist-il pu disculper son injuste manie ? V. 82 . Qu'on livre son Pareil en France à ÏJi lieynie,
La Reynie, limousin et lieutenant-géaéral de Limoges, bon juge, mais sévère. Ce caractère plut au Ministre Colbert (jui le fit Conseiller d'Etat et Lieutenant général de police à Paris. Il s'en est parfaitement bien aquité. Je ne sçay pas si à force d'exactitude, il s'est aquité de la même manière des commissions qu'on luy adonnées pour interroger plusieurs prisonniers de la Bastille et de Vincennes. C'est un homme qui, selon son caprice, d'un éléphant fait une mouche et d'une mouche un éléphant ^=". Du reste tout le monde entend bien <|ue c'est du Prince d'Orange que l'autheur veut parler ,4,.
(1) Le Verrier a cITacé la phrase suivante : Pourquoi M. Dacier Tn-t-il laisse en repos.
(a) Celte ai)précialion de Boilean sur Saint-Evromond est confinnéc par Brosscttc mais ici le Ion est l)onu('oup plus vif.
Ç.S) Le Verrier ajoute un trait de caractère à la note de Brosscttc sur La Reynie.
Cl) Brossette n'a pas donne la clef decelte allusion ; l'émule d'Alexandre le Grand était, suivant Le Verrier, le Prince d'Orange.
l3o COMMENTAIRE DE LE VEHHIEU AVEC
Satire XI. Dans trois Jours nous verrons le Phénix des Guerriers
V, 84. Laisser sur l'échaffaut sa teste, et ses lauriers.
Le Sénat et le Peuple firent un décret qui ordonnoit que Jules César porteroit toujours une couronne de lauriers. Ce lut pour luy le plus agréable présent qu'on luy pust faire. César estoit chauve, et pour le cacher il portoit une couronne de lauriers. C'est ce qu'un de nos poètes François a si bien exprimé :
Sur son front couronné des mains de la Victoire Les cornes s'élevoient à l'envi des lauriers. Ce sont ces deux vers de ce poëte à présent inconnu ([ui ont formé le tour, l'harmonie et la force de ceux de nostre autheur •*'.