MARC DE PAPILLON DE LASPHRTSE
Marc de Papillon, dit : Le Capitaine Lasphrise, « jouit d'une réputation détestable, écrit Prosper Blanchemain; c'est un coureur, un vicieux, un débauché, un pillard, un arrogant, en un mot un homme de sac et de corde... » Les Annales Poétiques et les autres recueils qui ont empnmté des vers au galant capitaine ont été moins sévères, j'oserai dire plus justes; ils lui reconnaissent de la verve, du talent, et une certaine allure gasconne, qui donne à sa poésie im caractère martial et délibéré ». Bref, — après ces précautions oratoires qui ne tendent qu'à faiire excuser ses défauts littéraires au profit de sa pittoresque gaillardise, — Marc de Papillon naquit vers 1555, près d'Amboise, dans le fief de Lasphrise, dépendant de la terre de Vauberault, en Touraine. Il se dit cadet de la Maison de Vauberault, dont la châtellenie était dans sa famille depuis trois cents ans, et il cite, parmi ses ascendants, Adam Fumée, garde des Sceaux de France de 1485 à 1494. Il n'était âgé que de quatre ans lorsqu'il perdit son père, N. de Papillon, et fut élevé par sa mère, Marie du Plessis-Prévost. A douze ans, privé de fortune, il dut abandonner ses études poiu: porter les armes. Il cite complaisamment ses garnisons et les batailles auxquelles il prit part, Dormans, Vemay, Vimory, La Rochelle, Lusignan, Domfront, Saint-L6, Brouage, Fontenay, Maran, Saintes, Mesle, La Mûre, et toutes les contrées qui éprouvèrent sa brave humeur. Il en prend à témoin l'Europe et l'Asie, et l'empire de Neptune, car il tmt la mer pendant une année, on ne sait en quelles circonstances ni sous quel pavillon. A vingt ans, se trouvant au Mans en garnison, il s'éprit des charmes d'une novice insensible. Renée Le Poulchre, que l'on croit être de la famille du poète François Le Poulchre de la Motte-Messemé, auteur de Sept Livres des Honnestes Loisirs. Le soudart de Phébus avait été séduit par la voix de la pensionnaire, dans im couvent de Bénédictines qu'il nomme Le Pré. Pendant une dizaine d'années, il lui fit parvenir des chansons, des sonnets et autres témoignages de sa passion. Finalement, celle qu'il avait siumommée Théophile,