‹ Les satires francaises du XVIe [i.e. Seizième]Chapitre 17 sur 35 · JEAN PASSERAI · texte numérisé non relu

JEAN PASSERAI

Jean Passeiat naquit à Troyes, en Champagne, le i8 octobre 1534, de Pantaléon Passerai et de Nicole Thiénot. Son père aimait les sciences et les cultiva jusqu'à sa vieillesse. Soit qu'il mourût avant de pouvoir s'occuper de son fils, soit qu'il n'eût pas les moyens de lui faire donner une éducation convenable, ce fut son beaufrère, le chanoine Thiénot, qui se chargea d'élever le jeune gcirçon. Il l'envoya au collège de Troyes, où le conduisait chaque jour un prêtre nommé Laurent Acaria. Ne pouvant supporter les rigueurs du Régent, il s'enfuit à Bourges. Là, pour subsister, il se fit embaucher dans une forge. Mais, comme le peu qu'il gagnait ne suftisait pas à calmer son appétit, il joignait le produit de sa pêche à son frugal ordinaire. De Bourges, il fut à Sancerre, chez un religieux du Monastère de Saint-Satur, qui l'employa près de lui, on ne sait en quelle qualité. Au bout de trois ou quatre mois, cédant sans doute aux conseils du religieux, il retourna chez son oncle, qui le remit au collège, où il continua ses études pendant trois ans. Ensuite, il fut placé au collège de Reims, à Paris, et de nouveau à Troyes, sous l'excellent latiniste Jean Lescot. Celui-ci ayant été rappelé à Paris pour y professer la Rhétorique au collège dvi Plessys, D y fit donner à Passerat les fonctions de Régent de seconde. « Passerat, dit Niceron, ne se borna pas alors à l'instruction de la jeunesse, il étudia encore en son particulier les anciens auteurs grecs et latins, et fit de ces derniers des recueils en forme de Dictionnaire, où il marqua avec beaucoup de soin les significations de chaque mot, et commença à s'acquérir par là une connoissance exacte de la Langue Latine dans laquelle il écrivbit avec beaucoup de politesse... » Ce fut apparemment la raison qui engagea les éditeurs lyonnais d'Ambroise Calepin d'imprimer sur le titre que Passerat l'avait vu et augmenté. On voit par les fautes grossières que contient cet ouvrage, que Passerat n'y fut pour rien. Du collège du Plessys, il passa à celui du Cardinal Lemoyne, régenté par son compatriote Jean Richer. Il s'y lia avec Marc- Antoine de Muret;

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