‹ Les satiresChapitre 6 sur 15 · NOTICE SUR LOUIS PETIT VII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LOUIS PETIT VII

distingue, bien difficile la lecture des imitateurs médiocres, un Furetière, un Gacon. Entre la satire bénigne et voluptueuse de Régnier et la satire vertueusement irascible de Boileau, Louis Petit, écrivant en 1686, n'avait pas à choisir; le public, mis en goût de railleries à Pemporte-pièce, s'était prononcé pour la dernière. Au moins notre poète, quoiqu'il fût plein de respect pour son illustre devancier, sut-il s^abstenir de toutes récriminations directes, de toutes injures personnelles; si les contemporains purent se reconnaître dans ses portraits, il ne leur fit jamais Pinsulte d'imprimer leurs noms tout vifs; c'est ce qu'il prend soin d'expliquer, avec un certain bonheur d'expression, dans sa lettre préliminaire au duc de Montausier :

On me peut dire encor, que mes discours moraux Qui battent seulement les vices généraux, Faute de ce sel noir dont la pointe est amère, Sembleront ennuyeux, n'auront pas de quoi plaire? Que la satire est fade, à moins que d'y marquer Sans nul déguisement ceux qu'on veut attaquer? Mais, Duc, n'est-il pas vrai qu'elle passe pour crime, Lorsque du nom des gens l'auteur enfle sa rime?.,. Il faut esîre plus doux et retenir sa bile ; Qui raille doit railler d'une façon civile.

Il est permis de croire que Montausier, ce juge délicat et sévère des choses de l'esprit, n'eût pas toléré, dans un livre qui parut à son instigation et sous son patronage, des personnalités injurieuses

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