VIII NOTICE SUR LOUIS PETIT
auxquelles le grand talent de Boileau pouvait seul servir d'excuse.
Le volume de Petit se compose d'une Lettre à Monseigneur le duc de Montausier (en vers), de douze satires, d'une autre Lettre morale à Mademoiselle ^^^ dont la fortune n'estoit pas bonne (jàussi en vers), et de Stances satyriques contre les mensonges et les extravagances des poètes. Les œuvres poétiques sont précédées d'une dédicace à Montausier, que l'auteur a signée de son nom, et d'un avertissement au lecteur, où l'auteur plaisante assez agréablement sur ce nom. « Les petits poètes, non plus que les grands poètes, ne sont point exempts de vanité ; je suis de ces premiers, et je puis dire avec plus de sincérité que ne l'a dit Horace, et mesme sans allusion à mon nom : Parvus carmina fingo, »
En tête de chacune de ses satires, Petit a placé un sommaire, un argument; là où Régnier et Boileau mettent un simple numéro d'ordre, il éprouve, lui, le besoin d'expliquer son sujet, de résumer ce qui va suivre. On lira plus loin ces arguments ; voici comment Tabbé Goujetles a groupés et prétendu les abréger : « La première satire est contre l'ambition, l'avidité des richesses et la volupté. Le but de la deuxième est de montrer qu'on ne se corrige que bien rarement des vices d'habitude. La vie de la Cour est l'objet de la troisième. Dans la