‹ Les satiresChapitre 8 sur 15 · NOTICE SUR LOUIS PETIT IX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LOUIS PETIT IX

quatrième, le poète commente cette maxime : Le nombre des fous est infini. La cinquième est en forme de dialogue ; Tintention du poète est d'exposer quelle différence on a coutume de remarquer entre les gens de néant qui deviennent riches et un homme de naissance sage et content de la médiocrité de sa fortune. La sixième attaque vivement les gens d'église dont les mœurs ne répondent point à leur profession, et qui abusent des revenus qui ne leur sont confiés que pour les partager avec les indigens. La septième est un tableau de la misère de Thomme. La huitième est encore un dialogue contre les vieilles coquettes. Dans la neuvième, le poète parle des inconvénients et des abus de la critique. La dixième est contre les dangeFS et les malheurs de la guerre. La onzième est contre le mensonge, et la douzième contre la mode et ses abus. » L'abbé Goujet n'est pas beaucoup moins prolixe que Petit; il étend même les arguments de la neuvième et de la dixième satire, que l'auteur avait simplement intitulées : Contre la critique et Contre la guerre.

Exempt de cet orgueil du poète, que le progrès de nos mœurs modernes n'a que bien peu atténué, Petit a porté sur lui-même, avec une modestie sincère, le jugement suivant : « Chacun a sa sorte de génie, et le mien n'eut jamais rien d'amer. J'avoue qu'il n'est pas d'une grande élévation ; ainsi ma

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muse chante assez uniment. Elle n'est point soutenue de ces expressions fortes et recherchées qui font la grande beauté d'un ouvrage, et qui obligent souvent à se récrier. Enfin vous ne la trouverez pas trop riche, n'étant point de ces hardies voleuses qui se parent à tout propos du bien d'autrui. Elle a un peu de facilité, je pense que c'est tout ce qu'elle a de bon. »

Goujet et Viollet-Le-Duc (^Bibliothèque poétique) se sont crus, en citant une partie de ce passage, dispensés d'apprécier eux-mêmes Louis Petit ; le premier a seulement insinué, non sans malice, que a- le poêle disait peut-être plus vrai qu'il ne pensait; » l'autre a parlé brièvement du côté terre à terre des satires. Cette humilité qu'on lui reproche a-t-elle donc tant nui au talent de Petit? Il a voulu rester modeste; il n'a pas trop présumé de ses forces ; ne portant pas ses vues au delà d^un certain idéal de poésie bourgeoise, honnête et sensée, il Ta presque atteint, et, à tout le moins, il a su se préserver de ces chutes grotesques qui ont fait trébucher de si haut de bons esprits fourvoyés, le Chapelain de la Pucelle, le Boileau de VOde sur la prise de Namur. On est tenté de pardonner à notre auteur le ton trop souvent vulgaire et rampant de sa poésie en faveur du genre auquel il s'est circonscrit, et de la parfaite convenance avec laquelle il l'a traité; il n'est que juste de le

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