NOTICE SUR LOUIS PETIT XI
louer aussi pour son originalité, qui le porte bien rarement à Pimitation des satiriques latins, pour son observation sévère sans être mordante, et qui reste toujours de bon ton et de bon goût; enfin il semble surtout s'être attaché et avoir réussi à peindre, d'après lui-même, des bonnes gens de médiocre condition^ qui vont tout doucement leur grand chemin^. L'ingénieux éloge de Molière et de Racine revient souvent, toujours bien amené, dans les vers de Petit; il met judicieusement Scarron hors pair parmi les poètes burlesques, et si les préjugés de son temps lui dictent de maladroites plaisanteries contre Descartes et Copernic, la sagacité de ses appréciations littéraires est rarement en défaut :
... Desportes, Ronsard A* l'immortalité n'ont plus guère de part, Le temps qui tout flétrit, le temps qui tout efface, Fait que Malherbe aussi devient vieux et se passe ^.
Petit a eu un autre mérite, et qu'il importe de proclamer : en pleine gloire militaire du XVI Je siècle, au bruit même des victoires si chèrement achetées de Louis XIV, il a eu le courage d'écrire une satire contre la guerre, ses misères et ses infamies; cette satire nous apparaît comme le revers
1. Ce sont les propres expressions de Furetière, parlant dt lui-même, au début de son Roman bourgeois,