LA COUP DE LOUIS XV
qu'aucun avantage pécuniaire n'y était attaché, et lorsque l'Assemblée nationale ordonna la publication du Livre rouge, il la \it avec une parfaite indifférence, assuré,
disait-il, queson nom ne s'y trouverait point inscrit (1). » Du moins avait-il reçu de Louis XVI, le 29 mars 17<xr>, le brevet de duc héréditaire (2), J'aime à croire que le roi récompensait surtout en lui l'illustration et les servi de ses ancêtres; car sa vie est de celles qui ont passé s;ms laisser de traces (3). Il mourut au commencement de 1792, quelques mois avant la chute de la monarchie française.
(1) Mémoire* inédits delà dernière duchesse de Saut r.
(2) Lettres d'érection du comté de Beaumont ri de ta baronnie de Lui en Litre de duché héréditaire. — Archives nationales, carton T, 109, 1-2.
(:{) Une autre figure, qui porte bien la marque du dix-huitième siècle, esl celle d'un vicomte de Tavanes, cousin des précédents H lieutenant général en Maçonnais, donl Mathieu Marais a tracé, Bans y prétendre, un impitoyable portrait : ■ Le vicomte de Tavanes a épousé l'année dernière M11- du Breuil, fille d'un receveur général des finances, «'t en a eu cent nulle écus de dot. Voilà la dot jouée.... La comtesse de Livrj a gagné trois cenl mille livres an vicomte en jouant avec lui en tète à tête an pharaon... On l'a mit se contenter de vingt mille livres comptant.... Le vicomte a renvoyé sa femme, qui avait perdu son peloton àChantillj , où se trouva leportrail d<> .M. d'Agout, son amant très-secret, il l'a rendue a M""' du Breuil sa mère, oi seqvitur tenter /itia ma/ris ifer. etc. » (Correspondance de Mathieu Marais, août 1722, 30 août 1724. )
Nicolas do Saulx (1G90-1759). — Ses études théologiques. — flesl nommé évêqu de Châlons; sa conduite à l'égard des jansénistes. — Son attitude à la cour, comme premier aumônier de la reine. — Il est nommé archevêque de Rouen , cardinal, grand aumônier du roi. — Son caractère, ses vertus, son testament. — Les serfs de Montbenoît.
Dans ce groupe effacé et frivole des derniers Saulx- Tavanes, je rencontre une figure pâle comme celles qui l'entourent , du moins grave et pure. C'est celle de Nicolas de Saulx, frère du commandant en chef en Bourgogne, mort cardinal , grand aumônier du roi et archevêque de Rouen.
Il était né le 17 septembre 1690. Il fut de bonne heure destiné à l'Église et reçu dans le chapitre noble de Saint- Jean de Lyon. Il n'était pas encore sorti du séminaire , quand Fénelon jeta les yeux sur lui pour en faire son coadjuteur. L'illustre archevêque avait suivi de près son éducation ecclésiastique ; sur le conseil de jésuites qui le lui avaient recommandé, il avait chargé des gens sûrs d'assister à ses thèses et de lui rendre compte de son genre de vie. Satisfait de ses qualités et de sa conduite, il allait le demander au roi, lorsqu'il mourut. L'abbé de Saulx recueillit néanmoins les bénéfices de son patronage en représentant la province de Sens et en remplissant les fonctions de promoteur à l'assemblée du clergé de 1715. De brillants examens passés en Sorbonne l'année suivante le désignèrent encore davantage aux honneurs ecclésiastiques.