‹ Les Saulx-TavanesChapitre 8 sur 34 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Les Saulx-Tavancs à la cour. — Une sœur du chancelier Daguesseau ; la légende. — Henri-Charles de Saulx, commandant en chef en Bourgogne (1687-17f>l). — Ses querelles avec le Parlement, le président de Hrosses. — Due mercuriale inédite de Dagaeaaeail. — Relations d'Ilenri-Charles arec l,i cour. — Son lils et son petit-fils à Versailles. — Le premier duc de Saulx (1786).

Le dix-septième siècle est une période critique dans l'histoire de la noblesse française; il marque le terme de son existence politique ; il la réduit à chercher dans les almanachs de cour et dans le Mercure de France ses

(1) Sources principales :

Manuscrits.

1° Lès Papiers de Saulx (Archives d.> la Cote-d'Or) offrent ici une source abondante.

2° Registres «lu Parlement de Bourgogne (Bibl. de Dijon).

3° Archives du département de la Seine-Inferieure. Imprimés.

1° Mémoires de Dangeau, Luynes, d'Argenson, etc., passim. 2° l'oissel, le Président de Brosses.

3° L. Fallue , Histoire de V Église de Rouen. — Semaine religieuse du diocèse de Rouai, oct. 1868.

titres d'honneur. Parmi ses membres, les plus heureux sont ceux qui se tiennent à portée du regard et du sourire du roi : les plus dignes d'éloge sont ceux qui ont conquis au prix de leur sang, sur la frontière, la croix de Saint-Louis ou une mention dans la Gazette. Comment écriraient- ils leurs mémoires? Saint-Simon est une exception admirable, mais unique; et encore est-il plus le peintre de ses contemporains que le chroniqueur de sa maison. Dangeau et de Luynes s'oublient tout à fait pour s'anéantir devant le soleil royal ; et combien d'autres qui ne savent même plus tenir une plume et qui perdent leur temps et leur vie dans des débats d'étiquette ou de misérables intrigues ! Les dates mémorables de leur vie sont celles des présentations au roi, et non plus celles des batailles gagnées. Ce monde ennuyé, hautain et gourmé ne connaît plus l'attitude chevaleresque et la désinvolture cavalière des héros de la Fronde. Les nouvelles races comme les anciennes déerénèrent, les courtisans succèdent aux patriciens, et les Saulx-Tavanes n'échappent pas à la loi commune. La décadence les atteint promptement, au sortir de ces époques agitées où leur nom a si souvent retenti. A Versailles, ils comptent, mais dans le vulgaire des courtisans. En Bourgogne, leur situation est grande encore, et si médiocre que nous apparaisse dans son gouvernement Henri-Charles de Saulx, on voit du moins qu'il cherche, avec plus de prétention que de bonheur, à ne pas être écrasé sous le poids de son nom.

Le fils aîné de Jacques le frondeur fut moins malheureux que son père auprès de Louis XIV; il devint même

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