‹ Les savants GodefroyChapitre 13 sur 36 · Mario-Gonpi-ih-o. néo nu commoncemont ^M · texte numérisé non relu

Mario-Gonpi-ih-o. néo nu commoncemont ^M

eut pour parrain M, de Calveirac, gouverneur de Villefranche, et pour marraine M"^ deMarsal, femme du Yiguier de Gonflent. Elle épousa siicessivement Joseph et Sauveur Fabra, de Prades, et eut une fille, Marie- Antoinette, mariée àN. Trenier, de xMontfort en Languedoc, dont trois enfants : Jacques, Sauveur, Rita.

6. Catherine-Jeinne, née le 18 octobre 1604, devint la femme de Joseph Burgaix. Ils habitaient Villefranche en 1724, Corneilla en 1733, et eurent trois fils : Joseph qui fut d'Eglise ; Antoine et Xavier. Celuici servit dans le régiment des Gardes de Lorraine. Licencié à la paix, il épousa Marie Miquer, et eut une fille du nom de Marthe.

7. Marie-Françoise, encore une illettrée, donna sa main à un capitaine d'infanterie, Raymond Gnromina, avec lequel elle habitait Yillefranche en 1733. Elle mit au monde deux filles, Thérèse et Marie, puis un fils, Denys. Gelui-ci, marié deux fois, fut père d'un fils et de quatre filles.

Mon devoir de scrupuleux historien de famille m"a imposé cette ennuyeuse nomenclature, et la rédaction d'un chapitre qui dépare quelque peu nos annales domestiques.

Jean, s^ dWumont, troisième fils de Denys Godefroy et Geneviève Des Jardins, ayant continué la descendance à Lille, aura sa biographie plus loin.

Le quatrième, Charles, s^ de la CJiateignerai/e, né en 1C60, ne dépassa point làge de vingt-deux ans, mais dans les dernières années de sa courte existence, causa

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ijeaucoup de toiinnent à sa faiiiille. H avait assez bien commencé ses éludes, et fait une bonne seconde au collège du Plessis ; mais dès qu'on lui eût parlé du service militaire, il jeta de côté les livres, au grand chagrin du bon prieur. L'année suivante il fit un premier apprentissage en portant le mousquet à Aire ; ce qui le disposa fort peu au cours de rhétorique par lequel son père souhaitait le voir passer. Très-retardé pour sa première communion, il la fit seulement à Piupies 1675. Immédiatement il entra comme souslieutenant au régiment de Navarre, dans la compagnie de son frère de Yilliers, et le 6 septembre y devint lieutenant. Il quitta la garnison d'Aire pour passer capitaine au régiment de Champagne en mai 1678. Malheureusement la pai.x. de Nimégue ne tarda pas à amener une réforme militaire dans laquelle il fut compris. Son peu d'ancienneté de grade, la médiocre tenue de sa compagnie, et aussi son peu de conduite ne lui permirent pas d'y échapper. Il était dépensier, se laissait aller au vin et à la bonne chère, au jeu. Par fois il exprimait du repentir. Le fonds n'était pas mauvais, mais son caractère inconsistant le livrait sans défense aux entraînements des compagnons de plaisir. Ce désordre était doublement fâcheux pour une famille noml)reuse et si dépourvue de fortune. La réforme prononcée, il revint à Paris le 10 mai 1679 dans un dénuement complet. La correspondance de cette époque est pleine de gémissements sur les embarras qu'il cause, sur la difficulté de lui trouver une autre car-

rière. Ou songea à la marine pour laquelle il montrait un certain goût. Il s'y prépara par quelques études spéciales fort superficielles. Sollicitations et démarches n'aboutirent qu'à lui faire faire comme volontaire une campagne de onze mois aux Antilles, sur le vaisseau du Roi le Hazanlcux II en revint avec un certificat de bon service délivré le 20 mars 1G81, par le chef d'escadre de Gabaret. Alors on lui chercha de l'emploi dans l'artillerie de mer ; il prit rang dans le corps des bombardiers embarqués pour l'expédition d'Alger confiée à Duquesne; expédition (jiii réussit sans grandes pertes. Mais il fut du petit nombre de ceux qui scellèrent de leur sang le triomphe du pavillon français. Le 30 août 1G82, pendant que notre flotte canonnait ce nid de pirates, un coup mortel latteignit à côté du chevalier d'Orval. On n'en eut la certitude à Paris que sur la fin d'octobre. Ce trépas honorable délivra les siens, il faut le dire, de bien des soucis, leur laissant encore celui des dettes à payer.

Claude, .s"" du Marchais, venu après Charles, répondit mieux à la sollicitude paternelle et aux exemples de ses ancêtres. Né à Paris le 23 avril 1664, il fut tenu sur les fonts de la paroisse Saint-Benoit par M. Claude de Sallo, Conseiller au parlement, et M'"" de Sainte-Marthe, l'un et l'autre alliés à sa famille. Confirmé le 29 mars 1675, il prit en second le nom de Léon, et fit sa première communion le 23 avril. Le bon prieur suivait avec satisfaction le constant succès de ses études. Il le représente appliqué, intelligent,

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doué d'Iiciirouses inclinations, et le 25 août 1C80, écrit tout joyeux : « Claude a fait de si grands progrès dans SCS études (ju'il a remporté les quatre premiers prix de la rliétorique, qui est un honneur extraordinaire... de réunir toutes ces connoissances, c'est avoir seul ce qui est divisé en plusieurs. Mais il fault que je vous avoue de bonne foy, que ce qui me plaist davantage dans vostre lils, n'est pas sa capacité, mais sa vertu ; car il se porte au bien de luy mesme. 11 est sage, modeste, honneste, sousmis aux advis qu'on luy donne. »

Claude se tourna vers le Droit, reçut le baccalauréat en août 1G83, et acheva de prendre ses degrés en 1084. L'année précédente il avait, à l'instar de ses frères, voyagé dans le midi de la France, en visitant l'oncle chanoine de Montpczat. Soit qu'il eût travaillé avec excès, soit crise d'âge, peu après sa dernière thèse il tomba malade d'une fièvre pouiprée qui le conduisit aux portes du tombeau. Malgré la terrible méthode médicale d'alors (on le saigna f/owrc fois), il en revint, et put se disposer à suivre le barreau. Le prieur lui trouvait le mérite sulïisant pour y réussir, mais l'aurait voulu moins timide, s'exerçant beaucoup, et formant mieux son style. Je crois au reste qu'il ne plaida guéres. Dés 1693 il avait, comme son aîné, une charge d'avocat aux conseils du Roi, qu'il exerça honorablement pendant quarante-cinq ans. Son cabinet était fort suivi. Aux travaux judiciaires il joignit quelques travaux historiques. La grande publication des traités

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de paix qui port(3 le nom de Léonard, le compta parmi ses coopérateiirs.

C'est tput ce que j'ai recueilli sur sa laborieuse et paisible vie qui se prolongea jnsquen 1738. Le Mercure de décembre de celte année (premier volume) annonce ainsi son décès :

(i Le 29 novembre, Claude Godefroy du Marchais, écuyer, avocat aux conseils du Roy depuis 1693, mourut à Paris, rue du Cimetiére-Saint-Jean, dans un âge avancé... Il était fds et petit-fils des célèbres et savans Denys et Théodore Godefroy, frère de feu Denis Godefroy troisième du nom, et de Jean Godefroy, de tous lesquels on voit les éloges dans le dictionnaire historique, éditions de 1725 et 1732, et dans le supplément de 1735.

Le docte académicien etbibliothécaire du Roi,rabbé Bignon, écrivait en ces termes à son neveu, mon grand père :

« Que j'ay de douleur. Monsieur, en vous faisant mon compliment de la perte que nous venons de faire ! J'en parle ainsi comme d'une perte commune, parce que, quelque juste attachement que vous puissiez avoir pour monsieur votre oncle, je l'estimois si singulièrement et l'aimois si tendrement, qu'en vérité je ne le regrette pas moins que vous-même. Agréez donc que je joigne mes larmes aux vôtres, en vous priant d'augmenter votre amitié pour moy de toute la part qu'il m'avoit donnée dans la sienne, et en vous assurant que de mon côté mon attachement

pour vous augmcnleru aussi de tout celui que j'avois pour luy. y>

Claude se nuiiia lard : il avait cinquante quatre ans, (piand en janvier 1720, il épousa Marguerite de Bellavoine, fille de Jean de Bellavoinc, ccuyer, Conseiller secrétaire du Roi. Je vois figurer au contrat, à côté de lui, entre son frère Jean, directeur de la CJiambre des Comptes de Lille, et son neveu Jean-Baptiste Achille seigneur de Maillart, trois de ses cousins maternels : Tiniolhéc de la iNIaisonfort, lieutenant des vaisseaux du Roi, Jean-Baptiste de Bellon de Thurin, comte du Saint-Empire, gouverneur de Montluel, et Jean-Baptiste de Bellon de Thurin, capitaine au régiment de Bourbon cavalerie. 11 n'y donne point le détail de son avoir : seulement, de '20,000 livres, évaluation de ses meubles et vaisselle en argent, il en met 18,000 dans la communauté. La future apporte 30,000 livres provenant de la succession paternelle et de ses épargnes, et 15,000 fournis par sa mère en avancement d'hoirie, mettant également 18,000 livres dans la communauté. Le survivant pourra prélever sur les meubles un préciput de 6,000 livres en argent ou en nature à son choix et après estimation. Si c'est la femme, elle retirera en plus ses habits, linge, et bijoux, et aura un douaire de l,oOO livres de rente.

De cette union naquit un seul fils, Denys, élevé à Juilly, lequel n'ayant (pie dix-huit ans au décès de son père, obtint alors son émancipation quant à la gestion de ses biens. Un ami de la famille qui le vit en octobre

1739, écrivait do lui : « c'est un gentil polit garçon qui a beaucoup d'esprit, qui est sage et judicieux, me revient bien, et fera quelque chose... » Mais le sérieux ne vint pas tout de suite : aussi en 1742 un autre ami écrivait : « le jeune liommc s'habille magnifiquement et ne s'occupe que de ses plaisirs : il va devenir musicien, et commence à jouer du violon. Il ne parait pas avoir envie de s'occuper. . . »

Il fut Exempt dans les cent Suisses de la garde du Roi, et reçut en 1776 la croix de Saint-Louis, ayant brevet d'enseigne, et rang de colonel d'inlanterie. Il prit sans doute sa retraite en 1778, car cette année est la dernière où il figure dans l'Etat militaire, qui l'appelle toujours de Godefroy.

Marié successivement en 17o1 et 1778 à deux sœurs, Mlles Morin de Conteville, et n'en ayant point d'enfants, il songea à faire venir à Paris une fille de la branche Godefroy de Yilliers qui végétait en Roussillon. J'ai parlé plus haut (page 251) de ce projet, qu'il ne put exécuter lui-même, étant décédé vers 1782 : sa veuve y suppléa. Elle vécut jusques vers 1802. Un de ses frères était chanoine de Xotre-Damc-de-Paris; on l'appelait l'abbé Morin de Te'intot.

Achille Théodore, s" d'Anctin, le sixième fils, né en 166G, eut pour parrain le Procureur général Achille de Harlay, parent à la fois de son père et de sa mère. Ses premières études promettaient : il avait de bonnes inclinations, de fesprit, de la facilité. Mais la suite répondit mal au début ; la légèreté et la dissi-

pation l'emporlèrenl de Ijoniic heure. Insouciant, étourdi. paress(3ux, il ne lit point usage de ses facultés, et n'eut de zélé ({ue pour la musique. A 19 ans il jouait de cinq instruments : llûte, violon, luth, guitare, théorhc. Cela ne pouvait lui créer une carrière dont le peu de Ibrlune de sa famille lui imposait la nécessité. Quelipies années se passèrent dans l'inutilité ; enfin son frère le fit venir à Lille, et lui procura une occupation auprès de l'Intendant, M. Du Gué de lîagnols, avec lequel il était lié. Il devint en 1G93 suhdélégué pour les affaires extraordinaires de lintendance, et en 1699 tint la plume aux conférences de Lille pour le règlement des limites en conséquence de la paix de Ryswick. On lui confia d'autres missions encore relatives à l'exécution de ce traité, et on le chargea de l'examen des livres venant de l'étranger.

En IG97, il avait acipiis une des donze* charges de contrôleur généial de l'extraordinaire des guerres. Ces douze contrôleurs généraux furent supprimés en 1701 , et remi)lacés par six fonctionnaires analogues. On rend)oursait les charges supprimées dont la finance était de 32,000 livres, et la finance des nouvelles montait à environ 00,000. Il eut d'ahord la pensée d'acquérir une de celles-ci. en y employant le rend3oursement auquel il avait droit : mais la nécessité d'emprunter le surplus l'en délouriia. L'argent était alors à dix ou douze pour cent, et la charge n'en pouvait guère rapporter (j[ue six.

En ces entrefaites survint un incident de famille dans lequel il joua un njlo actif, non couronné de succès. J'ai, à la page il, parlé des enfants de Denys Godefroy. le grand jurisconsulte ; j'ai mentionné sa petite-fille Anne Sybille Hallcr, mariée à un gentilhomme d'Augsbourg nommé Semprech Hoser, etleur fils Jacques Hoser. Celui-ci, pour rép?rer la ruine de ses parents, entreprit le commerce, et, après y avoir acquis une belle fortune, alla vivre de ses rentes à Strasboursj, où il menait une existence honorable et considérée. Séparé de sa femme, et n'ayant point d'enfants, il avait fait venir près de lui une cousine et une nièce à la mode de Bretagne, toutes deux du côté maternel. Quand Godefroy de Yilliers vint en cette ville, M. Hoser l'accueillit avec empressement et cordialité, comme un parent retrouvé, et de l'alliance duquel il était flatté.

« lia chez luy, mande de Yilliers le ii mai 1097, nos armoiries en différents endroits, à la mode d'Allemagne, où Ton est très-curieux de conserver les marques des alliances que l'on a. A propos de quoy il m'a montré un livret curieux où toutes les armoiries des Godefroy, Haller, Camerarius, Brederode, etc., sont blasonnées (toutes nobles familles), et ce livret est certihé et signé de la propre main de lElecteur palalin d'alors, la Princesse sa sœur, etc. Nous n'avons point en France ces soins et ces précautions, en quoi javoue que nous avons tort. Il a aussy chez luy les pourtraits de M. Denys Godefroy nostre bisayeul

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et de M. Jacques Ooflofroy nostre orand onde, lequel esloit son parrain.

Jac(jues Hoser rcrit lui-nuMiie à mon bisaïeul le 20 juin 1007 :

« M. voslre frère ma Itien rendu celle qu'il vous a pin in'escrire ; ce qui a redoublé la joye que m'a procuré riieureuse descouverte de sa personne que je nlionore pis moins quej'ay de vénération pour toute la noble famille dont j'ay l'Iionneurd'estre allié. J'eusse souliailé que ma mère deffunte eut pu participer à cestc joye. Les rares qualités qu'elle possédoit pouvoient passer pour un modèle de celles que M™" Haller née Godefroy ma grand mère avoit en partage. Je ne suis pas peu pénétré du souvenir de monsieur Jacques Godefroy mon parain qui est mort un peu trop tost pour moy... Je souhaite cà ceste noble famille qu'elle dure autant que son nom durera chez les personnes doctes... «

Ce digne homme mourut le 14 mai 1701, tàgé de 51 ans. Ses plus proches héritiers étaient : une sœur née d'un premier mariage de son père, ses cousins et cousines germaines lïaller. Mais tous ces héritiers demeui'aient hors de la domination française, et, sans doute pour éviter des difficultés à l'occasion du droit d'aubaine, il avait, par un testament du 24- octobre ir)02, institué lègalriire universel, M. llerff, riche négociant de Strasbourg, son ancien associé dans diverses spéculations, lequel était conlident de ses intentions particulières.

La succession montait à plusieurs cent mille livres. Les petits enfants de Théodore Godefroy, frère de M""^ Haller, étaient à un degré au-dessous de celui des Haller, mais crurent avoir un titre légal pour hériter, leurs cousins étant non regnicnles. partant inhabiles à succéder en France,

Achille-Théodore Godefroy d'Anclin, nanti du pouvoir de ses frères et sœurs, vint h, Strasbourg. Il fit valoir leurs prétentions de ce chef, arguant en outre que le testament au profit de M. Herff masquait un fidéi commis destiné à éluder la loi, conséquemment prohibé par elle. Il annonçait d'ailleurs l'intention de transiger ponr moitié.

M. Herfî, que la correspondance représente comme un galant homme et un personnage important à Strasbourg, le reçut poliment, écouta ses ouvertures, l'invita à souper; mais après avoir consulté, lui déclara ne pas le reconnaître habile à succéder, et s'en tenir au testament ; que la capitulation dn 1681 avait conservé aux bourgeois de Strasbourg tous leurs privilèges; qu'un de ces privilèges était l'exemption du droit d'aubaine vis-à-vis les pays qui ne l'appliquaient pas auxStrasbourgeois; qu'il était lui-même, quoique Suisse, bourgeois de Strasbourg, par conséquent apte à recueillir une succession ouverte en cette ville ; que ne le fùt-il point, les cousins germains arriveraient comme héritiers naturels, y ayant exemption réciproque du droit d'aubaine entre Strasbourg et les contrées d'Allemagne qu'ils habitaient; exemption reconnue

spécialement par unarrôt du Conseil du 15 septembre

Le Magistrat de Strasbourg naturellement voyait d'un œil défavorable la prétention de MM. Godefroyet les arguments dont ils l'appuyaient. Les autorités françaises comprenaient la convenance de ne pas froisser les Strasbourgeois si récemment incorporés à la France. Aussi, le marquis d'Uxelles, commandant pour le Roi, se montra peu bienveillant, et M. Le Peletier de la Iloussaye, Intendant, ne témoigna do bon vouloir qu'en secret. On fit comprendre à M. d'Anctin qu'une action intentée devant les tribunaux de la ville échouerait, que sa seule chance était d'attirer l'affaire k Paris [)0ur y faire d'abord reconnaître sa qualité comme habile à prétendre à lasuccession.il se pourvut par une requête dans ce sens, et partit après un mois de séjour environ. Le dossier s'arrête là, et selon toute vraisemblance, Théritage demeura à M. Herff.

M. d'Anctin avait là une mission difficile, et à mon sens, médiocrement louable. Il était le premier, avec ses frères, à reconnaître que M. Ilerff n'était qu'un fidéi-commissaire honorable. Cette prétention d'enlever aux héritiers naturels les plus proches une portion de l'héritage en profitant des subtilités légales, pouvait se soutenir en droit, guère en équité. Sa correspondance laisse douter qu'il ait apporté dans la négociation tout le tact, toute la mesure désirable. On eût pu souhaiter que le nom de Godefroy, si honoré à Strasbourg quatre-vingts ans nupnravant. y reparût

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SOUS des auspices meilleurs. M. de Yilliers ne s'associa point à l'entreprise, et même la désavoua.

Une circonstance curieuse que me révèle l;i correspondance, c'est qu'alors il fallait onsf' jours pour recevoir à Strasbourg une réponse de Paris, et r/uinze de Lille.

Au mois de décembre de Tannée suivante, Achille- Théodore épousa demoiselle Françoise-Thérèse Imbert, fdle de Jacques Imbert du lïem, écuyer, Conseiller du Roi, trésorier des Etats de la Province de Lille, et de d-,me Marie-Joseph Taviel, ladite dame sœur de Jean-Baptiste Taviel, seigneur de Grimaretz, Conseiller du Roi, lieutenant-général de la Gouvernance du souverain Baillage de Lille, et de François- Eustache Taviel, seigneur de'Molinel, Boisgrenier, etc.

Elle lui donna quatre enfants :

Achille-Joseph, né en octobre 1703, licencié en droit à Douai en juillet 1726, décédé avant 1730.

Jacques, qui vivait encore en 1759.

Isabelle-Joseph-Geneviève-Yirginie.

Marie-Thérése-Théodore-Joseph .

Tous étaient décédés sans postérité avant la Révolution.

Le père mourut le 14 novembre 1710, et fut inhumé en l'église Saint-Maurice de IJlle. La mère, qui survécut jusqu'au 13 juillet 1727, repose au même lieu. La tutelle des mineurs fut confiée à leurs oncles paternel et maternel, Jean Godefroy d'Aumont, directeur de

la (^hainbro des Comptes de Lille, et Martin-Louis- Joseph Iinberl de Wiiinehout, Conseiller secrétaire du Roi, ninison et couronne de France.

Achille-Théodore avait pris des lettres de bourgeoisie à Lille le l" déceml)re 1702. Jai son certificat (rnnniiiiips délivré le 28 septi'rnbre 1G07 par Charles dllozier : elles sont nii-pnrlic de Godefroy et Des Jardins , trois hnres, trois lys.

JEAN (lODEFIiOV

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