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AUX CONFÉRENCES POUR LES LIMITES

J.-B.-A. GODEFROY DE MATLLART

Son caractère. — Succède à son père. — Affaire de Saint-Hubert. — Dom Clément JacobyT — Mission à Bruxelles.

Jean-Baptiste-Achille Godefi'oy de Maillart. fils aîné de Jean Godefroy d'Aumonl, naquit à Lille le 14 mai 1C97, et fut baptisé en l'église Saint-Etienne, paroisse de la Chambre des Comptes.

Je n'ai point rocneilli de détails sur son éducation. Je crois qu'il en lit nne partie à Paris, sous les yeux de ses deux oncles avocats aux Conseils. Il dit quelque part que son oncle Du Marchais lui apprit à travailler.

Tout en so préparant aux lalteurs sérieux de tradition dans sa famille, il no négligea ni la littérature, ni les arts d'agrément. Aussi, devint-il à la fois un savant et un homme du monde, trouvant le moyen de concilier le plaisir et les affaii'es. Moins retiré que ses pères, moins austère dans ses habitudes, il ne se

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renfermait point exclusivement dans le cercle des érudits, et en dehors entretenait encore des relations multipliées. Il avait l'humeur agréahle et obligeante, l'esprit vif et curieux, appliqué à tout le mouvement de son époque. Il fut même un gai convive : la pratique du temps était de chanter le verre en main, et de saluer à coups de santés le souvenir des absents ; il s'en acquittait allègrement. J\ii recueilli quelques couplets échappés à sa verve malicieuse, et qui drapent assez plaisamment les habitudes du monde Lillois de son temps. Les voici :

Se parer pour jouer quadrille, iS'avoir point d'autre amusement :

L'été balocher dans la ville, Rester fille éternellement; Critiquer Gautier et Garguille, Et rire de leurs soupirans ; C'est le trantran, c'est le trantran Des Déesses de Lille.

Tricoter une contredanse, La sautiller d'un air pesant :

Commencer sans être en cadence, Finir du même mouvement :

Dans une très-petite salle Trois heures retenir son rang.

C'est le trantran, c'est le trantran De nos danseurs de baie.

Sans esprit et sans politesse, Bailler au café tout le jour , Et passer toute sa jeunesse Filant un indolent amour :

(^ommeun barbet suivre une fille, Tant qu'elle ait atteint cinquante ans.

(Vest letrantran, c'est le trantran Des jeunes gens de Lille.

l) une beauté demeurer Tombre, Sans désir, sans aucun dessein ; De ses pas compter jusqu'au nombre, Sans oser lui toucher la main ; A jouer un fade quadrille Borner tout son empressement ; C'est te trantran, c'estle trantran Des amoureux de Lille.

Sa société était fort recherchée : on lui écrivait beaucoup, tout en se plaignant de la rareté de ses épitres et de la difficulté de les lire. Pas un personnage officiel, pas une personne de distinction ne s'arrêtait à Lille, qui ne se mit en rapport avec lui et ne le cultivât volontiers. Ses amis lui demeuraient attachés de loin comme de près.

Si cette vie d'homme du monde ne Tempècha point de remplir exactement et honorablement le grave devoir de ses charges, peut être lit-elle obstacle à ce bu'il augmentât le contingent d'ouvrages que depuis

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prés de deux siècles sa famille livrait au monde savant. Je n'en connais point de lui que la presse ait reproduits, quoiqu'il ait fait beaucoup de recherches historiques, diplomatiques, généalogiques, accordé son concours anonyme à plusieurs publications, et rédigé de nombreux mémoires sur des questions fiscales, féodales, et de frontière.

La survivance de la Direction de la Chambre des Comptes de Lille lui fut octroyée cinq ans avant la mort de son père par lettres royales, du 14 octobre 1726 conçues en termes honorables. Il entra en fonctions le 9 mars suivant, après avoir prêté serment entre les mains de l'Intendant Mèliand. Onze ans plus tard, la paix ayant été définitivement signée entre l'Empereur Charles YI et le Roi Louis XV. il prit part, comme Procureur de Sa Majesté très-chrétienne, aux conférences ouvertes à Lille pour le règlement des limites avec les Pays-Bas. Les commissaires impériaux étaient le baron de Kieseghem et le comte de Cuvelier, Conseillers d'Etat ; les commissaires français, MM. Bidé de la Grandville, Intendant de Flandre, et Moreau de Sechelles, Intendant de Hainaut. Plusieurs Etats inférieurs s'y tirent représenter : la principauté de Liège, par M. de Faffin: l'abbaye de Saint-Hubert en Ardennes, par Doin Clément Jacoby. Ces conférences dont le graveur Pitsen, de Gand, a consacré le souvenir par une estampe où figure chacun des membres, durèrent assez longtemps, des questions passablement encheve-

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trées y ayant siii'yi. Elles occupèrent grandement le Procureur de S. M. T. (\. dont plusieurs mémoires furent trouvés excellents, et leur prolongation lui fournit l'occasion de former des liaisons durables avec les commissaires tant impériaux que Français, liaisons dont plusieurs lettres entre mes mains conservent le témoignage llatteur.

La plus grossH affaire fut peut-être celle de Saint- Hubert en Ardennes : elle mérite une explication.

Cette antique abbaye Bénédictine, enclavée dans le Luxembourg, et relevant de TEmpire Germanique, avait d'importantes possessions, et conservait du moyen âge certains privilèges de neutralité, d'indépendance, même de souveraineté. Avec le temps, et parmi les vicissitudes amenées par les guerres, elle les vit plus ou moins contestés. Vers le milieu du siècle dernier, le gouvernement autrichien des Pays-Bas, maitre du Luxembourg, y porta de graves atteintes par taxes, emprises, et même occupation armée. L'abbaye s'abritait sous la protection du Roi de France à qui elle rendait une sorte d'hommage féodal symbolisé par une offrande de chiens et d'oiseaux. Le Conseil supérieur de Bruxelles, le Parlement de Metz se disputaient à son égard la juridiction. Aux entreprises de Bruxelles, Metz ripostait par des arrêts. On fouillait les archives, on exhibait de part et d'autre des chartes, des documents, des précédents. Il ne s'agissait pas seidement de l'avantage et des droits de ipielques moines : ces querelles de frontière impliquaient des intérêts

politiques et commerciaux dune certaine importance. Le gouvernement Liégeois qui avait les siens sur cette bordure, penchait pour Saint-Hubert dont il n'avait rien à redouter, et envisageait d'un œil défavorable les voies de fait de son puissant voisin impérial, mais n'allait pas jusqu'à se commettre avec lui.

Le champion de l'abbaye était un de ses religieux, revêtu de la charge de Procureur, Dom Clément Jacoby, homme érudit et intelligent, négociateur actif et habile. Envoyé à ces conférences par l'abbé, il y connut mon grand père, en fut beaucoup goûté, et se lia tout particulièrement avec lui. Il devint l'ami de la famille, l'ami de toute la société de mon grand père, et des amis que mon grand père avait à Paris, où les affaires de l'abbaye lui imposaient de longs séjours. Franc, serviable, cœur excellent, de joyeuse humeur, d'un commerce sûr, il s'acquérait promptement et solidement ceux avec qui les circonstances le mettaient en relation. On se faisait une fête de le revoir et de le posséder; on ne l'appelait que Z?o?h bon dans l'entourage de mon grand père. Celui-ci fut son auxiliaire zélé pour la défense de Saint-Hubert placé sous la protection française ; il puisait dans les archives de la Chambre des Comptes et dans sa propre érudition de puissants moyens pour réfuter les prétentions et les allégations adverses, et fit à cette occasion beaucoup de recherches sur le Luxembourg et l'Etat de Liège. Leur volumineuse correspondance de sept années donne l'idée de cette longue et rude guerre de plume ;

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et des laborieuses négociations qui l'alimentèrent. Dom Clément se multipliait; tantôt à Nancy, tantôt à Francfort, tantôt au tribunal impérial de Welzlar, surtout à Paris, l'œil et l'oreille au guet, produisant mémoires sur mémoires, visitant ministres, premiers commis, grands seigneurs, personnages influents, se faisant de tous écouter, considérer, aimer. Le cardinal de Fleury, le ministre des affaires étrangères Amelol, les Intendants de Sechelles, de Beaumont, de La Grandville le goûtaient. Le maréchal de Belle-Isle tint à l'emmener comme premier aumônier de sa brillante ambassade à Francfort, lors de l'élection du successeur de l'Empereur Charles VL

Ces quelques lignes de la lettre du 3 septembre 1741 donnent un aperçu de la magnificence que le maréchal y déploya :

« Notre ambassadeur, négociateur parfait et aimé, craint, respecté : l'on n'a jamais vu en Allemagne la fleur de lys si publiquement honorée. Le jour de Saint- Louis on a chanté à la cathédrale une messe suivie d'un Te Deum pour la conservation du Roi ; chose unique et dont on n'a pas vu d'exemple. Le soir grand feu d'artifice ; le lendemain joute de cent bateliers, suivie d'une grande illumination ; le 27 souper de deux cents personnes suivi d'un bal où toute la noblesse d'Allemagne assistait. M. de Montijo s'est surpassé dans cette fête. Le peuple était innombrable. »

En 1742 quelques ordonnances du prince évêque

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de Liège mécontentèrent le Chapitre et les Liégeois qui, s'y trouvant lésés dans leurs droits et piivilèges, les dénoncèrent à l'Empereur Charles VIL Celui-ci qui faisait cas deDom Clément, l'envoya comme commissaire impérial à Liège pour tâcher d'ajuster le différend. Il fut reçu officiellement et traité en cette qualité, ayant deux sentinelles à sa porte, mais dut repartir au bout de quatre mois, sans avoir pu réussir à fléchir l'obstination réciproque des contendants. L'Empereur qui entendit de sa bouche le compte rendu de sa mission, fut satisfait de lui, et voulut le défrayer complètement.

Mais cette vie agitée, ces déplacements répétés, le travail excessif et hatif auquel il était souvent condamné, les tribulations que la guerre survenue entre la France et l'Autriche infligeaient à sa chère abbaye, toutes ces causes réunies altérèrent prématurément sa santé. Une maladie le saisit à Paris dans l'exercice de sa pénible mission : il expira le 18 janvier 1745 entre les bras d'un confrère, Dom Van den Abecle, religieux de Bergues-Saint-Winoc , qui le suivit au tombeau seize mois plus tard.

155 lettres me restent du lui. Bon nombre sont sans intérêt à présent, traitant des affaires dun monastère disparu, de litiges que le temps a emportés : mais beaucoup aussi offrent un attrait historique et anecdotique par les événements publics et privés dont elles parlent, par des nouvelles de cour et de guerre. Je note celles où le nés[ociateur en froc aborde les

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ministres, le Roi Louis XV, l'Empereur Charles VII, celles où il accompagne le maréchal de Belle-Isle à Francfort, celles où il signale les agissements des gouvernements de Bruxelles et de Liège. Mais toutes. pour ainsi dire, me sont précieuses, parce qu'elles témoignent d'un vif attachement à mon grand père, mettant volontiers son mérite en relief, exprimant presqu'à chaque page le dévouement le plus affectueux pour lui et tous les siens.

Le calme rétabli en Europe par le traité de 1738 disparut bientôt. La mort de l'Empereur Charles VI en 1740 ramena la guerre. Au commencement de 1746 notre armée couronna la brillante victoire de Fontenoy par la conquête de Bruxelles qui resta entre nos mains jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle en 1748. Mon grand père eut ordre de s'y transporter pour prendre inspection des archives et y reconnaître tout ce qui pouvait être utile ou appartenir à la France. Je n'ai point le compte rendu de cette importante mission ; je sais seulement qu'il y travailla considérablement, à la satisfaction des ministres. Le comte d'Argenson , chargé du département de la guerre, disait de lui à cette occasion : « (Vestun homme d'esprit, fort entendu, « et j'en fais beaucoup de cas. » Or ce ministre là n'était pas prodigue d'éloges ; ses volumineux mémoires, que publiait naguère la Société de l'histoire de France, en font foi.

La même année il était installé à Bruxelles chez le secrétaire d'Etat de Puisieux.

Parmi ses occupations officielles, il sut trouver le loisir d'explorer la précieuse bibliothèque de Bourgogne et d'y prendre quantité d'extraits.

Amateur de manuscrits, de nouvelles, de raretés, de nouveautés, il butinait à droite et à gauche, ne négligeant ni les vers ni les chansons. On sait que la littérature légère du dix-huitiéme siècle, prodigue en ce genre, ne se piquait point de retenue : il paya même tribut au goût trop libre de ses contemporains, en conservant au fond d'un tiroir plusieurs chants de la Pucelle de Voltaire, copiés de sa main; sur quoi un ami lui écrivait en décembre 1755 :

« Vous avez eu tort de prendre la peine de copier « le poëme de la Pucelle ; il y en a une édition de « Louvain ; cela se vend presque publiquement à « Paris, et avec beaucoup plus de liberté qu'on n'ose- « rait vendre les mandements de certains évêques. »

La mission à Bruxelles est le dernier incident marquant de sa vie officielle. Après la paix de i748 il rentra dans ses fonctions ordinaires pour ne plus les interrompre que par quelques excursions à Paris, où il avait été quinze ans sans remettre les pieds, de 1740 à 1755.

Relations. — Ses relations, comme je l'ai dit, étaient belles et nombreuses ; elles me sont attestées par des correspondances auxquelles malheureusement manquent ses propres lettres. Je citerai d'abord les ministres d'Argenson , de Breteuil , de Boullongne ,

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Amolot, le maréchal deBelle-Islo,le chancelierDaguesseau. Ce dernier, en réponse à l'annonce de son mariage, s'exprime ainsi : « Je m'intéresse trop aux « avantages de ceux qui portent votre nom pour ne « pas désirer que vous soyez aussi heureux que vous « le méritez. »

Après les ministres, les Conseillers d'Etat intendants des finances, de Gaumont et Trudaine, tous deux gens de grand mérite. Celui-ci écrit le onze janvier 1735: « Je sais l'estime particulière que fait M. de « Gaumont de votre capacité et de vos talents : suc- « cédant à sa place, je succède aussi à tous ses senti- « ments pour vous... Vous portez un nom respectable « pour tous ceux qui savent rendre à la science « l'honneur qui lui est du. »

MM. Bidé de la Grandville etMoreau de Sechelles lesquels ont laissé les meilleurs souvenirs dans les Intendances de Flandre et de lïainaut, et que leurs fonctions mettaient en contact continuel avec lui, le comblaient de marques de considération et de confiance. C'étaient deux administrateurs éminents : l'un et l'autre ^larvinrent au Conseil d'Etat et remplirent de hautes missions. M. de Sechelles tint pendant deux ans le portefeuille des finances.

Dans la province même il vivait en rapports d'intimité avec les familles de Croy, de Sainte-Aldegonde, de Montmorency Robecq et Morbocq, de Croix, de Harchies, d'Avelin. En 1758 il était hébergé à Paris chez la vieille princesse de Croy, née de Milendonck,

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qui l'assure de son amitié. Le duc de Croy, depuis maréchal de France, l'invitait fréquemment à la belle résidence de THermitage, près Gondé, et descendait chez lui à Lille, même en son absence : ainsi du comte Sainte-Aldegonde. Une circonstance assez piquante : le jeune comte venait d'obtenir un régiment, et devant écrire pour ce sujet à MM. de Cremilles lieutenant général et Le Tourneur, premier commis de la guerre. le priait de lui composer ses lettres.

Il recevait volontiers les militaires que le service du Roi amenait à Lille. Plusieurs restèrent ses amis, et devinrent ses correspondants pendant les trois grandes guerres du règne de Louis XY. Je nommerai MM. Gittard, d'Artus, Charpentier d'Augy, de l'arme du Génie, de Ratel Chedreville, de Ry, de Metilly, de Saint-Maurice, major au régiment de Limousin, de Quincy, frère de l'auteur de l'histoire militaire du règne de Louis XIV, Dagien, qui occupa les postes de résident de France à Bruxelles, et d'aide-major général à l'armée du Rhin, de Creny, seigneur de Bailleul, chevalier de Saint-Louis, investi de la lieutenance de Roi à Lille depuis 1737 jusqu'à sa mort en 1755. Ce dernier était un gentilhomme Artésien, dont le fils, également lié avec mon grand père, fat ofilcier de dragons, chevalier de Saint-Louis, député de sa province à la Cour, et obtint un titre de marquis. Marié en 1748. il eut une fille qui épousa M. Briois de Beaumez, premier président dn Conseil provincial d'Artois et membre de r Assemblée constituante. Ses lettres, tout intimes,

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donnent quelques anecdotes du temps. J'y lis qu'en 1750, le Dauphin, demandant une grâce au Roi son père, se trouva refusé en présence de M™* de Pompadour qui l'avait devancé : qu'en 4757, un janséniste obstiné, l'abbé Biaise, étant mort appelant, l'archevêque avait ordonné son transport dans une portion non bénie du cimetière, mais qu'une trappe ménagée dans le sol même de l'église escamota le cercueil : qu'à Toccasion de la naissance du comte d'Artois, les députés de la province offrirent cent louis à la nourrice , femme d'un relaveur de la Dauphine ; une très-belle boite et deux paires de flambeaux à la garde.

Je trouve dans les lettres de M. de Quincy le témoign?ge de l'immense popularité dont jouissait encore la royauté au milieu du siècle dernier. Ainsi en 1744 la guérison du Roi fut fêtée à Paris avec une allégresse indescriptible ; toutes les communautés, tous les corps de marchands, d'artisans, et jusqu'aux Savoyards, firent chanter des Te Deiim. L'année suivante, au retour de la campagne de Fontenoy, il fut l'objet du même empressement universel. Parmi les nouvelles de Cour j'y apprends qu'en 1748, 52,000 livres de pension furent données au marquis d'Argenson lors de sa sortie du ministère des affaires étrangères ; belle fiche de consolation : qu'en 1748 la charge de grand Fauconnier de France valait 800,000 livres et en rapportait environ 30,000 : qu'en 1749 chacun des huit seigneurs qui venaient de faire l'agréable service

(l'aide (le camp du Roi pendant la guerre, en fut récompcijsé par une pension de mille écus.

Celui dont les lettres sont plus nombreuses (1741- 1757), est M. Le Mercier de Saint-Maurice. Elles r(3vèlent un officier servant bien, ayant des relations et des habitudes distinguées, cordial et obligeant, et se recommandent par un style simple et facile. Sans m'apprendre des choses importantes, elles m'offrent de l'inténH par les détails et par bien des circonstances intimes ; surtout parce ({u'elles sont empreintes d'une affection vive et dévouée pour mon grand père, affection qui s'étendait sur la famille entière.

M. de Saint-Maurice vint à Lille en 1736 avec le régiment de Limousin. Pendant la guerre dont la mort de Charles VI fut l'occasion, il servit en Allemagne sous le maréchal de Broglie, fut compris dans la capitulation d'Egra(1743) et demeura cjuelque temps prisonnier de guerre. En 174611 servait dans l'armée qui prit Bruxelles et gagna la bataille de Raucoux, campagne (jui lui valut le brevet de major. En 1747 il assistait à la brillante conquête de Berg op Zoom. Lors de la guerre de sept ans, il lit partie d'un corps d'observation placé dans le Cotentin pour surveiller les débarquements anglais. En 1769 il était lieutenantcolonel retraité et chevalier de saint Louis. J'ignore son pays, s'il se maria, et quand il mourut. Lille était son S(3Jour de prédilection.

Mon grand père avait aussi des amis dans le cloître. Je citerai d'abord Dom François de Saluées de

Berncmicourt, prieur do Saint-Goorges d'IIesdin, dépendance de la belle abbaye d"Anchin près Douai, où le cardinal de Polignac qui en était commendataire, passa une partie du temps de sa disgrâce. Dom François fut nommé en 1710, coadjuteur avec future succession. Ses lettres apprennent que cette promotion fit des envieux et lui suscita bien des peines. On lui contestait les prérogatives dues h son titre ; l'évèque d'Arras s'excusait de l'installer et de l'investir des pouvoirs du vicariat, alléguant des motifs de forme. Les religieux voyant en lui l'homme du cardinal, voulaient le tenir étranger au temporel de l'abbaye ; le grand prieur, Dom Caulet, homme morose et obstiné, allait jusqu'à lui refuser un logement convenable. D'ailleurs il leur déplaisait comme homme de qualité. Noblesse nous blesse: ce dicton avait cours parmi eux, et par suite il rencontrait des procédés désobligeants. L'esprit démocratique ne date pas de 1789. Dom François, gentiliiomme artésien, était un religieux de mérite, nonobstant son style et son orthographe médiocres. Il n'atteignit pas le terme qui l'eût dédommagé de ces tracasseries, étant décédé près de deux ans avant le cardinal. Son titre fut transmis à un autre membre de la communauté, Dom Charles Moreel, non moins ami de mon grand père, si j'en juge par ses lettres empreintes d'un sentiment de vive affection. Elles sont simples, habituellement courtes, ne brillant point par le style : on y rencontre des locutions de terroir et quelques fautes d'orthogra-

phe. Néanmoins Dom Charles Moreel était un homme de valeur, fort apprécié du cardinal, auquel il succéda en 1742, et fit ériger une tombe qui conta six mille livres. L'abbaye fut alors délivrée de la commende. mais ne jouit pas longtemps de sa bonne et intelligente direction. La mort le surprit en décembre 1 744 à Rheims, à peine âgé de 54 ans.

A ces deux abbés il me faut joindre Dom Georges Ryckewaert qui gouverna le monastère de Bergues Saint Winoc depuis 1723 jusqu'en 1751, et Dom Van den Abeele, procureur, tous deux religieux respectables et amis dévoués.

Le Procureur général au Parlement de Flandre, M. Vernimmen, avait été lié avec M. Jean Godefroy d'Aumont : il le fut davantage encore avec son fils. Les deux familles Godefroy et Vernimmen vivaient dans les termes de Ja cordialité la plus affectueuse, et s'hébergeaient mutuellement h. Lille et à Douai : M"' Vernimmen, devenue M""" d'Aubers, appelait en plaisantant mon grand-père, son mari de jour.

M. Vernimmen, originaire d'Ypres , entra au Parlement de Flandre pendant que cette ville appartenait à Louis XIV. C'était un magistrat appliqué à ses devoirs trés-imbu de cet esprit parlementaire toujours en arrêt devant la Cour de Rome, et hostile aux Jésuites ; il péchait quelque fois par la mesure et le jugement ; aussi ses conclusions ne jouaient pas de bonheur devant sa compagnie. Modeste d'ailleurs, il consultait fréquemment mon grand-père, et convenait vis-à-vis de

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lui de son peu de facilité à s'énoncer en français, de son style dur et sec, qui est, ajoute-t-il, « le vice naturel d'un flamand. » En qualité de flamand sans doute, il n'avait pas la prétention d'être au courant de Voltaire, alors déjà dans toute sa célébrité : aussi écrivait-il le 20 avril I7il : « J'ai leu avec avidité et « repassé l'Anti Machiavel. Je suis content de M. « Volter : il escrit en honet home. . es ce que Vol ter « n'est plus au Roy de Prusse ? dites nioy quelque « chose de son histoire. »

Je recueille cet humble aveu sur son style dans une correspondance qui, îi côté de beaucoup de détails familiers, fournit quelques traits méritant d'être conservés. Ainsi elle constate que Charles-Quint par lettres patentes de 1528 avait maintenu l'Eglise épiscopale de Tournai dans les libertés et franchises gallicanes : que la déclaration royale établissant à Douai le Parlt^mentde Flandre autorise les Conseillers à prendre le titre de Chevalier : qu'en 1730 la Cour refusa de laisser siéger un Conseiller, M. de Cambronne, diffamateur de ses collègues, et ce, nonobstant un arrêt du Conseil qui l'avait l)lanchi : qu'en 17i-1 l'Université de Douai fut en grande rumeur par suite d'un arrêté du Recteur interdisant à tous écoliers d'aller à la comédie, sous peine de prison et de si\ florins d'amende; ;i ([uoi le professeur de Droit canonique ajoutait l'excommunication , sauf indulgence pour les fils de Conseillers. « Notre ville scientifique, « Continue M. Veriiimmen, est aussi stérile en r(>la-

« tions que féconde en sophismes et subtilités de « l'Ecole. »

Il avait deux fils : laine, destiné à la robe, qui vint deux fois passer à Lille ses vacances chez mon grandpère ; le second, destiné à l'Eglise ; et une fille. Celleci demandée, en avril 1741, par M. Blondel dWubers, jeune membre fort distingué du Parlement, lui fut accordée à la condition que M. d'Aubers aurait la survivance de la charge de Procureur général, et résignerait à M. Yernimmenfils, moyennant 30,000 livres, sa charge de Conseiller pour laquelle il avait déboursé 57,500 livres. Cet arrangement obtint l'agrément du Roi, et bien h point; car M. Vernimmenpère, affligé dulcéres aux jambes et d'une grosse hernie, succomba dans les premiers jours de juin, avant que la bénédiction nuptiale eût pu être donnée. Il laissait une fortune fort réduite, embarrassée dun grand procès à Malines qui dura trente années : mais la veuve n'eut qu'à se louer des procédés de ses enfants. Yjiie Vernimmen se maria entre deux deuils ; sa mère expira presque subitement cinq mois plus tard, lui causant un saisissement qui la mit elle-même en danger. Au reste une longue existence ne lui était pas réservée, elle mourut en.... sans avoir donné d'enfants à son mari. Celui-ci avait épousé les affections de la famille où il entrait : ses lettres, écrites d'un style aisé et cordial, en témoignent. On se visitait avec empressement, et mon grand-père était sans cesse réclamé à Aubers.

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Magistral d'un grand mérite, M. d'Aubers monta en 1756 sur le siège de premier Président, et fut, coninie le comte, depuis maréchal du Muy, honoré de l'amitié du vertueux Dauphin, père de Louis XVI. D'un second mariage il eut deux filles, la baronne de Balainvilliers et la comtesse de Foucquet, et un fils, Conseiller à la Cour Impériale de Paris sous le premier Empire, Conseiller à la Cour de cassation et député sous la Restauration.

M. Vernimmen fils, reconnaissant de la sollicitude que mon grand-père avait montrée à sa jeunesse, lui demeura fort attaché. Si je m'en l'apporte à son style et à quelques circonstances révélées par la correspondance, c'était un garçon assez ordinaire, d'un jugement médiocre. Il se maria en 1744. Ses lettres, peu remarquables, indiquent quelques faits locaux que j'ai la tentation de glaner.

En juin 1743, grande rumeur à Douai par la publication d'un livret anonyme en mauvais vers intitulé « La vraye origine du géant de Douay ». L'auteur discourant sur la beauté y passait en revue et nommait nombre de demoiselles de la ville, pêle-mêle avec des grisettes et des filles de cabaret. Peut-être y avait-il matière à médisance, si l'on en croit les mémoires peu discrets du comte de Vallons publiés il y a quelques années. Quoiqu'il en soit, la police mit la main sur le livret, empoigna le libraire, et manqua l'imprimeur qui gagna le large. La justice civile fut saisie, ainsi que la justice ecclésiastique ; car la cause de ce

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scandale était un jeune religieux Trinitaire qui employait singulièrement ses loisirs. L'Official lui imposa pour pénitence une semaine de jeune au pain et à l'eau, et une réclusion d'un an dans son couvent. J'ignore comment la justice civile vengea le beau sexe Douaisien.

En 1744, pendant la guerre, un officier de milices de Douai profita de la présence d'un parlementaire pour adresser une lettre au général ennemi, lui demandant une entrevue. Elle fut interceptée, et l'on se servit des indications qu'elle fournissait pour tendre une embûche au traître. Il y donna, passa en jugement, et subit la peine capitale, sans avoir révélé le véritable motif de sa démarche.

Le 5 mai 1745, Louis XV vint à Douai, et ne voulut point de réception solennelle. Il admit seulement les dames à le voir souper avec la Dauphine.Le lendemain il rejoignit l'armée qui allait gagner la bataille de Fontenoy. Les ducs de Penthiévre et de Boulflers logèrent chez M. d'Aubers.

Petit détail économique: en 1741, les oranges coûtaient à Douai deux sols la pièce, et une livre de café, trente-cinq sols.

Je ne dois pas oublier une famille Gamard , de Paris, avec laquelle la mienne, et particulièrement mon grand-pére, entretint au siècle dernier une liaison des plus affectueuses. J'ignore comment cette liaison se forma : elle m'est attestée par une correspondance qui se suit de 1731 à 1759.

M. Gamard père était commerçant, et avait une

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maison de campagne à Saint-Maur. Son fils devint en 1747 auditeur à la Cour des Comptes : en janvier 1759 il épousa M"" Lambron dont le père occupait un emploi dans la linance, et possédait près de Tours une terre où il mourut en mai 1766. M. de Brôquigny racadémicien, dont la lille était mariée dans le même canton, les voyait intimement.

M""* Gamard mère.nèe Béguin, mourut en décembre 1746. Jusqu'en 1745 c'est elle qui tient la correspondance.Les 68 lettres qui me restent d'elle ont trait surtoutà desdétails d'intérieur, à des emplettes de toilette et autres pour lesquelles on avait recours à son obligeance jamais lassée. Elles sont bien tournées, cordiales, et d'une simplicité qui n'exclut pas une pointe de gaieté et de finesse.

Les Gamard étaient d'excellentes gens, probes, sensés, affectionnés, lieureux de rendre service, et ne s'y épargnant point.

En janvier 1746 1a plume passe au fils. Interprète des mêmes sentiments, elle se meut alors dans un horizon plus étendu, et donne des nouvelles politiques. Souvent il y est question des embarras croissants du Trésor, des luttes soutenues par le Parlement contre l'autorité royale, de son immixtion indiscrète dans les matières spirituelles, de ses campagnes contre la bulle Unigenitus et l'archevêque de Paris, M. de Beaumont. M. Gamard apprécie avec sagesse ces emportements do la haute magistrature et en pressent les funestes résultats.

Les persormes recommandées d'une famille à l'autre pouvaient compter sur le meilleur accueil. La présence de mon grand-pére à Paris était désirée et fêtée avec chaleur. Quand mon père y vint pour achever ses études au collège d'Harcourt, la sollicitude la plus dévouée de ces bons amis l'entoura pendant les trois années qu'il y passa.

La dernière lettre de M. Gamardestdu 4 juillet 1759. Son père vivait encore : mais j'ignore ce qu'ils devinrent à partir de ce moment, si ce n'est que M. de Brequigny parle de M. Gamard fils dans une lettre du 4 décembre 1781, et en 1782 et 1780, deM""" Lambron quil dit fort attachée à mon père.

Cette revue de ses relations appelle encore quelques noms pris dans le monde savant. Je me contente de citer :

1° L'abbé Bignon, membre du grand Conseil, et Directeur de la Bibliothèque du Roi, charge héréditaire dans sa famille depuis qu'en 1042 Jérôme Bignon ramplaça comme Maître de la librairie du Roi, l'infortuné François de Thou, compagnon de supplice de Cinq-Mars. Il eut pour successeur son fils qui en 1684 se démit en faveur de l'abbé de Louvois. A la mort de celui-ci, en 1718, le Régent transmit la charge à l'abbé Bignon dont Tadministratien fut remarquable. L'abbé résigna en 1741 à son neveu du même nom, survivancier dès 1722. Tous deux moururent au commencement de 1743. M. Bignon, maitre des requêtes, autre neveu, succéda : après son décès en

J.-n.-A. GODEl'KOV ni: MAILLÂin 337

'1772, viiil s(jii lils Conseiller d'Etat (lui avait la survivance depuis 1700.

Les lettres qui nie restent de l'abbé Bignon ont surtout trait aune lernic importante, sise à Saingliin près Lille, dont il jouissait comme commendataire de l'abbaye de Saint-Quentin-en-l'Isle, et qui lui occasionnait des ennuis et des embarras dont les lumières et l'obligeance de mon grand-père le soulageaient. Mais elles attestent, en même temps, quelle estime et quelle affection il portait à mon grand père. J'y trouve (juelques détails sur l'acquisition de la célèbre bibliotliè(pie Colbert réunie en 1732 à celle du Roi. J'ai parlé de cette acquisition (page 105).

2° L'abbé Sallier, érudit fort en renom, garde des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, professeur d'hébreu au Collège royal , membre de l'Acadcmie des inscriptions et de l'Académie française ; mort en

3" Louis-François Secousse, membre de l'Académie des inscriptions, pour laquelle il rédigea nombre de mémoires remarquables par la profondeur des recherches et la sagacité des aperçus , directeur pendant vingt-cinq ans environ de la grande et célèbre collection des ordonnances des Rois de France. Elle fut l'occasion d'une correspondance suivie entre eux, mon grand-père y apportant le tribut de ses recherches et de ses observations. M. Le Glay en a imprimé plusieurs extraits dans ses Analectes. La haute considération que M. Secousse portait à mon grand-père et au nom

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de Godefroy, y est exprimée dans les termes les plus flatteurs.

4° Le comte d'Hérouville de Claye, lieutenantgénéral, auteur d'écrits sur Tart militaire, et ingénieur distingué. En 1746 il obtint une concession royale pour le dessèchement des moeres près Dunkerque, opération pour laquelle le gouvernement cherchait en vain des entrepreneurs depuis 70 ans. Il en vint à bout en quatorze ans, et le Roi lui fit don des terrains desséchés, sous le titre de seigneurie du château des Moeres. Malheureusement le traité de 1763 ayant imposé des conditions désastreuses au port de Dunkerque, le canal dit de la Cunette dut être comblé, et le principal moyen d'écoulement pour les moeres fit défaut. De nouveaux travaux furent entrepris pour y suppléer; mais ils exigèrent des sommes énormes. En 1779 une nouvelle inondation fit des ravages, et le comte d'Hérouville mourut en 1782, âgé de 70 ans, avec la douleur de voir le désastre de la plus grande partie de sa belle œuvre. Il correspondait avec mon grand-père, non-seulement à propos de cette grande entreprise, mais comme amateur de vieilles poésies -. aussi réclamait-il communication des découvertes que celui-ci faisait à la bibliothèque de Bourgogne.

5" Nivelle de La Chaussée, auteur dramatique de quelque renom, qui parvint à l'Académie française en 1736, et dont Voltaire a dit « un des premiers après ceux qui ont du génie » fut lié avec mon grand-père. Mais la correspondance qui en témoigne n'indique

J.-Ii.-A. GODEFROY DE MAILLÂRT 339

qu'une liaison de jeunesse, étant datée de 1720 et 1721 ,bien avant Tépoque où La Chaussée commençait à. se faire imprimer. Elle n'accuse aucune tendance au drame larmoyant qu'il a cultivé spécialement, ni môme aune carrière littéraire. Ce sont des nouvelles sur le système de Law et autres incidents de l'époque. plus ou moins gaiement débitées.

6" Il m'est permis d'inscrire ici le nom de Voltaire qui durant un hiver passé à Lille chez sa nièce M''^ Denis (en 1741), y vit beaucoup mon grand-pére, comme mon père l'apprit de sa bouche même en s'ar rêtant aux Délices et y recevant un accueil agréable. Une lettre me reste, datée de Bruxelles, 29 octobre 1742, où après avoir demandé à mon grand-père quelques renseignements historiques. Voltaire s'excuse avec grâce : « Vous devez être accoutumé à être consulté et à pardonner aux importuns. »

Mariage. — Jean -Baptiste- Achille Godefroy de Maillart se maria plus tard encore que son père et son grand-père. Il avait (piarante-deux ans quand, le Sjuillct 1739, en l'église Saint-Andrédc Lille, il épousa M"*-' Anne-Alexandrine-Joseph Zouclio de la Lande, lille de feu messire Alexandre Zouche de la Lande, chevalier, soigneur do la Lande, Bouvrière, Bougin» etc ,licutonant-colonol du régiment de Conli, commandant pour le Roi en la ville d'Arras, chevalier de Saint-Louis, et de dame Marie-Thérèse Des Champs.

340 J.-B.-A. GODEFUOY DE MAILLART

(Un chapitre particulier va être consacre à la

famille Zouclie de la Lande.) Cette union fut heureuse, mais de courte durée.

Ma grand'mère mourut le 12 octobre 1744, ayant eu

trois enfants ;

Denys-Josepli,néle o juillet 1740, (mon père) ;

Catherine-Joseph, née le 9 septembre 1741, (la comtesse Des Garels) ;

Rufine-GeneviéYe, née le o août 1743, décédée le 22 juin 1747.

Il m'est resté deux convocations de mon grand-pére

aux assemblées de la noblesse de la Flandre Wallonne

en 1746 et 1747.

Mort. — En 1758 sa santé s'altéra. Il mourut le 13 décembre 1759, et fut inhumé prés de sa femme en l'église Saint-Etienne, proclie la balustrade du côté de l'évangile.

J'ai retrouvé une lettre du prince de Montmorency Robecq exprimant un trés-vif regret de son décès.

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