‹ Les savants illustres du XVIe et du XVIIe siècleChapitre 15 sur 40 · S LE-S SAVANTS ILLUSTRES · texte numérisé non relu

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d'expériences sur la constitution, les combinaisons et les propriétés intimes des corps. Après rincendie qui détruisit les papiers où ses observations étaient consignées, il renonça à ce genre de recherche et se borna à résumer ses idées dans une série de propositions qui accompagnent son traité d'optique, sous le titra de Questions naturelles. Elles suffisent, du reste, pour montrer la haute portée et le caractère vraiment philosophique de ses travaux. Ainsi, par exemple, on a regardé avec raison comme une preuve de sagacité extraordinaire le fait d'avoir annoncé, bien avant les découvertes de la chimie njoderne, que le diamant renfermait un principe éminemment combustible, et qu'il en était de même de l'eau, malgré les . apparences du contraire. Newton avait été conduit à cette conclusion par la remarque que le diamant et l'eau exercent un effet puissant de réfraction sur la lumière, ce qui est un caractère distinctif des substances propres à la combustion.

Mais ce qu'il convient surtout de signaler dans les recherches chimiques de Newton, ce sont ses vues absolument neuves sur le rôle et la nature de l'affinité, c'est-à-dire de cette force mystérieuses qui préside à tous les phénomènes de combinaison ou de décomposition des corps. Il a mon-

tré, le premier, comment celte force devait être rattachée au système • de rattraction universelle dont elle n'est qu'un cas particulier. Outre les attractions à grande distance qui produisent les mouvements des corps célestes, il existe entre toutes les particules de matière des forces d'attraction et de répulsion mutuelle dont l'équilibre constitue Tétat normal des corps. Sensibles seulement à des distances excessivement petites, ces dernières forces s'évanouissent aussitôt que la distance devient appréciable, et, au contraire, elles croissent avec une énergie extrême à mesure quB les molécules se rapprochent davantage dans leur sphère d'activité. La loi des attractions planétaires devient alors, il est vrai, insuffisante pour représenter les faits, et, malgré toutes les recherches des savants, on n'est point encore arrivé à trouver la formule mathématique des affinités, mais c'était beaucoup que d'avoir signalé la véritable cause des phénomènes et d'avoir ainsi ouvert à la chimie une carrière encore inexplorée dont on ne saurait prévoir les limites.

Au commencement de ce siècle, la découverte de l'électricité dynamique est venue éclairer le problème d'un jour nouveau. Davy essaya d'expliquer les actions chimiques en 'admettant que les corps susceptibles de se combiner entre eux

sont composés de molécules doilées d'électricités contraires, et qu'au moment de la combinaison ces deux électricités se neutralisent tout à coup avec dégagement de chaleur et de lumière. Il semble au premier abord que, dans cette théorie, Tattraction newtonienne soit mise de côté ; mais qui pourrait affirmer que l'attraction et Télectricité soient deux forces réellement distinctes et que la science n'arrivera pas un jour à établir leur commune origine? Cette réduction des forces de la nature à l'unité n'est-elle pas, au contraire, une des tendances les plus manifestes de la science à notre époque ? Ainsi, par exemple, rien n'est plus remarquable que les découvertes récentes dont l'objet est de réduire la chaleur, l'électricité et le mouvement à une même théorie, et de montrer comment on peut transformer ces forces les unes dans les autres. Mais, quels que soient les horizons nouveaux ouverts devant les savants, l'œuvre des premiers inventeurs n'en conserve pas moins son caractère propre, et celle de Newton surtout mérite de ne pas être oubliée. Le nom de ce grand homme a disparu aujourd'Bui des traités de chimie, mais il devrait y être rétabli avec honneur.

Les découvertes de Newton en optique ne sont pas moins importantes. Ses recherches sur la

dispersion de la lumière remontent à l'année 1666; il n'avait alors que vingt-quatre ans. En étudiant les phénomènes de réfraction produits par les prismes, il avait reconnu que la lumière blanche n'est pas simple de sa nature, mais se compose d'un faisceau de rayons diversement colorés, qui se divisent et se séparent dans le prisme à cause de leur inégale réfrangibilité. Au^ moyen d'expériences ingénieuses et délicates, il parvint à isoler les rayons de chaque couleur, de manière aies étudier séparément, puis il montra comment on pouvait réunir ces mêmes rayons et reproduire, par une habile synthèse, la lumière blanche d'où' ils étaient émanés. Ces premiers travaux, après avoir fait l'objet de ses leçons à Cambridge, furent publiés dans le recueil des Transactions philosophiques. Quelques années plus tard, en 1674 et 1675, il réalisa un nouveau progrès, en donnant l'explication des phénomènes de coloration produits par les lames minces ou épaisses. L'étude attentive des faits l'avait conduit à admettre pour la lumière un priticipe général, analogue au principe plus moderne des interférences, et qui sert de base à sa célèbre théorie des accès. Chaque rayon lumineux, en traversant un milieu transparent, passe par une série d'alternatives de facile transmission ou de facile réflexion. Ces alternati-

ves se représentent à des intervalles égaux, qu'il donne le moyen de calculer et qui lui permettent d'expliquer et de mesurer avec la plus grande précision une foule de phénomènes délicats, notamment celui des anneaux colorés.

Les travaux de Newton sur Toptique' furent encore pour lui une source de tracasseries et d'ennuis. Hooke s'empressa, suivant son habitude, d'élever h leur sujet des réclamations de priorité et de les critiquer d'une façon injuste et irréfléchie, prétendant que l'auteur introduisait gratuitement dans la science des hypothèses contestables, et donnait ainsi à ses recherches un fondement peu solide. L'objection était sans valeur, mais Newton n'en fut pas moins obligé de répliquer et d'entrer dans une foule d'explications pour montrer que ses théories subsistaient en dehors de toute hypothèse préalable, et qu'en définitive ses expériences et ses raisonnements n'étaient que l'expression pure et simple des faits.

Il est vrai cependant qu'en cherchant à interpréter les phénomènes lumineux, il avait été conduit à proposer, sur la nature même de la lumière, une théorie connue sous le nom de Théorie de l' Emission, On y considère la lumière comme une substance matérielle extrêmement subtile^

que certains corps émeUent aulouf d'eux sui toutes les directions ; on admet, en outre, l'ï tençe d'une fluide impondérable et parfaiter élastique, appelé Ether. Ce fluide est réps uniformément dans les espaces célestes, il p tre les pores des corps et forme autour de ■ que molécule une atmosphère plus ou m deuse, suivant l'énergie des affinitéSi Les pi cules lumineuses agissent sur l'éther et lui c muniquent un mouvement, vibratoire; l'é réagit à son tour sur les molécules lumineui tantôt les actions concordent, et la vitesse d lumière est augmentée, tantôt elles sont en i accord, et cette même vitesse est diminuée passage d'un milieu moins dense dans un mi plus dense, de l'air dans l'eau par exen:

donne lieu précisément à un changement d< genre. Au moment oii la molécule lumini atteint la surface de séparation des deux mili Iftction due à l'éther varie brusquement et la rcclion du rayon de lumière est divisée ; n quand il a pénétré dans l'eau, sa vitesse rede's uniforme et sa direction rectiligne. Cette h; thèse, soumise au calcul, fait du reste retroi immédiatement la loi connue des sinus.

Des découvertes plus récentes ont montré 1 puissance de la théorie de ^Emission pour cj

quer tous les phénomènes de l'optique et la nécessité de lui substituer une autre théorie : celle des Ondulations^ imaginée par Descartes; mais, quoiqu'il en soit de Thypothèse première, les résultats obtenus par Newton n'en subsistent pas moins dans toute leur étendue et ont encore force de loi en physique. Aux travaux déjà signalés, on peut joindra encore la belle application qu'il fit de ses recherches sur la dispersion des couleurs, à l'explication de l'arc-en-ciel, question difficile que le génie de Descartes n'avait pas suffi à élucider complètement.

Parmi les phénomènes intéressants de la physique que Newton a analysés avec succès, se trouvent encore le refroidissement des corps et l'ascension des liquides dans les tubes capillaires. Il s'était d'abord trompé sur rexplication de ce dernier phénomène, en l'attribuant à une raréfaction de l'air à l'intérieur des tubes; mais, lorsqu'il publia son optique, en 1704, il donna la véritable interprétation fondée sur l'attraction à petites distances et sur l'adhérence entre les liquides et les solides. Ce principe a été plus tard le point de départ des savantes recherches de*Laplace sur cette matière.

On doit aussi à Newton une série de travaux importants sur les réfractions atmosphériques

dont il entreprit de donner une théorie scifiique. Il commença par examiner quelle e; consLituLion la plus probable des couches Tiennes. Diversos tentatives étaient déjà res sans résultats; après avoir d'abord consi l'atmosphère comme une couche gazeust densité uniforme, on avait essayé une loi d'à laquelle les pressions des gaz varieraien raison inverse des densités ; mais de celle nière on négligeait l'inQuencexle la tempéra qui est un des éléments essentiels du probl Dans l'hypothèse de Newton, l'atmosplière s composée d'une série de couches dont la de irait en décroissant de quantités égales poui accroissements égaux de hauteur. On en di aisément que les pressions doivent alors proportionnelles aux carrés des densités, et la température décroit proporlionnellemeni hauteurs. Quoique cette hypothèse se prés avec un caractère purement empirique, ce dant elle conduit à un accord très salisl'a entre l'observation et le calcul ; aussi est-ell core généralement suivie de nos jours.

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