‹ Les savants illustres du XVIe et du XVIIe siècleChapitre 21 sur 40 · VIE OE LEIBNITZ · texte numérisé non relu

VIE OE LEIBNITZ

Sa famille et ses premières aimées. —Etudes juridiques et premières publications. — Passion pour Tétude et pour les voyages. — Histoire de la maison de Brunswick ; Code du droit des gens, — Études philosophiques et études théologiques. — Etudes littéraires ; poésies latines. — Etudes scientifiques. — Fondation des académies des sciences de Berlin et de Saint-Pétersbourg. — Ses derniers moments. -«> Appréciation de son caractère.

Godefroy- Guillaume Leibniiz naquit à Leipsick^ le 23 juin 1646. Son père était professeur de morale à Tuniversité protestante de cette ville* Quelques-uns de ses ancêtres avaient rendu à TEtat, dans la carrière militaire, des services qui avaient m^érité à sa famille des titres de noblesse^

Dès sa jeunesse, Leibnitz montra un geût très vif pour l'étude et se distingua par une aptitude précoce pour les sciences ; toutefois il appliquait soa espriii avec un égal succès» à tous les gen^.

res de connaissances. Son père, qu*il perdit de bonne heure, lui avait laissé une riche bibliothèque composée des ouvrages les plus variés ; ce fut en quelque sorte l'école où il se forma, prenant, dès Tenfance, cette habitude de lecture réfléchie et méthodique qu'il conserva pendant toute sa vie, et qui lui assura cette universalité étonnante de connaissances dont ses écrits font foi.

Il entreprit d'abord une étude approfondie de la jurisprudence. A l'âge de vingt ans il fut reçu docteur, après avoir soutenu. avec honneur une thèse sur les cas douteux en matière juridique ; deux ans plus tard, il acheva de se faire connaître par un ouvrage remarquable, intitulé : t Méthode nouvelle pour l'étude di> droit. » En même temps il publiait divers écrits politiques qui attiraient sur lui l'attention des hommes d'état. On remarquera en particulier un opuscule composé en 1668, sous le nom supposé de Vlicovius, en faveur d'un comte palatin qui prétendait à la couronne de Pologne, après l'abdication du roi Jean-Casimir. On remarquera encore un autre écrit publié en Hollande, également sous un nom d'emprunt, ayant pour titre : « De Jure suprematûs ac legationis principum Germanise » ; il s'agissait de réclamer, pour les princes libres de l'Allemagne,

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certains droits et privilèges qui leur étaient contestés à Toccasion des préliminaires du traité de Nimègue. Le sujet offrait par lui-même un très médiocre intérêt; mais Leibnitz trouva le moyen de le rehausser singulièrement en établissant à la fois les prérogatives et la mission du Saint-Empire. Il part de cette thèse, que tous les états chrétiens de l'occident de TEurope sont appelés à former une vaste république, ayant à sa tête le pape comme chef spirituel, et l'empereur comme chef temporel ; tel est, dit-il. Tordre sagement établi par les siècles, et que les hommes politiques doivent s'efforcer de maintenir dans l'intérêt des peuples. La défense d'un semblable système, très naturelle de la part d'un écrivain catholique, paraîtra assez extraordinaire dans la bouche d'un protestant ; elle jette un jour important sur les vues politiques et religieuses de Leibnitz, et sert en quelque sorte de préface à sa célèbre controverse avec Bossuet, pour la réunion de toutes les églises chrétiennes.

La passion de Leibnitz pour les voyages dépassait encore, s'il est possible, celle que lui inspiraient la lecture et les travaux de science ou d'érudition ; comme Descartes, il recherchait partout de nouveaux moyens de s'instruire et d'arriver à la vérité. On a vu ce dernier poursuivre, avec

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