BUFFON (GEORGES-LOUIS DE
Montbard (Gôte-d'Or), 1707 ; Paris, 1788. — Naturaliste et écrivain. A parcouru l'Italie et l'Angleterre. Intendant du Jardin du Roi. Membre de l'Académie française.
Ses descriptions, en beau style, ont répandu la connaissance et le goût de l'histoire naturelle. Il repoussait les classifications et les nomenclatures.
Histoire naturelle, 44 toI. 4° (avec Daubenton et Lacépède.— Minéraux ; homme ; quadrupèdes et oiseaux. Un vol. est intitulé : Les époques de la Nature.)
Dans ces dix-huit mois de courses, le jeune Buffon ne vit que la nature à la fois riante, majestueuse et terrible; offrant des asiles voluptueux et de paisibles retraites entre les torrents de lave et sur les débris des volcans ; prodiguant ses richesses à des campagnes qu'elle menace d'engloutir sous des monceaux de cendres et des fleuves enflammés, et montrant à chaque pas les vestiges et les preuves des antiques révolutions du globe. La perfection des ouvrages des hommes, tout ce que leur faiblesse a pu y imprimer de grandeur, tout ce que le temps a pu y donner d'intérêt ou de majesté^ disparaît à ses yeux devant les ombres de cette main créatrice dont la puissance s'étend sur tous les mondes, et pour qui, dans son éternelle activité, les générations humaines sont à peine un instant. Dès lors il apprit à voir la nature avec transport comme avec réflexion ; il réunit le goût de l'observation à celui des sciences contemplatives, et, les embrassant toutes dans l'universalité de son savoir, il forma la résolution de leur dévouer exclusivement sa vie.
CONDOUCET.
« Peu d'hommes ont été aussi laborieux que lui, et Tout été d'une manière si continue et si régulière! 11 paraissait commander à ses idées, plutôt qu'être entraîné par elles. Xé avec une constitution à la fois très saine et très robuste, fidèle au principe d'employer toutes ses facultés, jusqu'à ce que la fatigue l'avertit qu'il commençait à en abuser, son esprit était toujours également prêt à remplir la tâche qu'il lui imposait. C^était à là campagne qu'il aimait le plus à travailler; il avait placé son cabinet à l'extrémité d'un vaste jardin sur la cime d'une montagne; c'est là qu'il passait les matinées entières, tantôt écrivant dans ce réduit solitaire, tantôt méditant dans les allées de ce jardin, dont l'entrée était alors rigoureusement interdite; seul, et dans les moments de distraction nécessaire au milieu d'un travail longtemps continué, n'ayant autour de lui que la nature, dont le spectacle, en délassant ses organes, le ramenait doucement à ses idées que la fatigue avait interrompues. »
Son véritable titre est d'avoir fondé la partie histof'igue et descriptive de la Science. Et ici il a deux mérites pour lesquels il n'a été égalé par personne. Il a eu le mérite de porter le premier la critique dans l'histoire naturelle et le talent de transformer les descriptions en peintures. Il ne se borne plus à compiler, comme on faisait avant lui, il juge; il ne décrit pas, il peint. Il a connu deux cents espèces de quadrupèdes et sept à huit cents espèces d'oiseaux, et, pour chacune de ces espèces, il a donné une histoire complète; posant ainsi, pour la zoologie, des bases qui seront éternelles, en même temps que, par les descriptions anatomiques