DE CANDOLLE
daient à faire envisager Têtre organisé comme construit sur un plan régulier, avec des pièces disposées symétriquement; mais ce plan, cette disposition symétrique se montrent rarement dans la nature, par l'effet de causes secondaires qui les altèrent ou les cachent plus ou moins dans chaque cas particulier. Concevoir le plan ou type diaprés les données partielles que Ton possède, et démontrer les causes d'altération, en se servant pour cela des manifestations variées de cent mille espèces de végétaux et des monstruosités qui se présentent de loin en loin dans chacune, tel était le cercle immense dans lequel devaient se mouvoir les botanistes. L'idée est conforme à la grandeur même de la nature car elle offre semblablement un centre auquel tout est ramené (l'unité d'un plan de composition) et une infinie variété dans les détails. Cette variété crée une apparence de confusion, mais avec un ordre intime parfait...
Théories, vaines théories que tout cela, diront beaucoup de naturalistes de notre époque, un scalpel à la main et l'œil à l'oculaire de leur microscope. Je ne suis pas de leur avis. Ces théories sont ce qui groupe les faits beaucoup trop nombreux pour nos intelligences limitées ; elles en font chercher de nouveaux, avec une ardeur que la simple curiosité ne susciterait pas...
En résumé, il a groupé et saisi toutes les branches de la science qu'une marche inévitable avait trop isolées; il a introduit largement la discussion sur les faits et sur les principes ; il a émis des idées nouvelles sur la manière de considérer les organes des végétaux, sur leur plan idéal et sur les causes variées de modifîca-
tions à ce plan ; enfin, il a fait triompher la méthode naturelle de classification en la discutant, en la perfectionnant, et surtout en la pratiquant avec une ardeur extraordinaire et sur une grande échelle.
Alphonse de Candolle. {Préface des Mémoires
de son père.)