‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 52 sur 144 · CHASLES (MICHEL · texte numérisé non relu

CHASLES (MICHEL

Epernon (Eure-et-Loir), 1793; Paris, 1880. — Géomètre. Professeur à l'École polytechnique et à la Sorbonne. — Érudit et riche ; s'est laissé tromper dans une affaire de faux autographes.

Travaux sur la géométrie moderne; méthodes nouvelles et fécondes.

Aperçu historique sur rorigine et le développement des méthodes en géométrie. — Traité de géométrie supérieure. — Les trois livres de porismes d'Euclide. — Traité des sections coniques. — Sur les intégrales des équations aux diflférences finies. — Rapport historique sur les progrès de la géométrie,

L'Académie de Bruxelles... a eu la bonne fortune de provoquer la rédaction de V Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie. Le volume des Mémoires de Bruxelles, consacré tout entier au mémoire de Chasles, restera la gloire de la compagnie. C'est, peut-être, le plus consulté et le plus avidement recherché dans les collections académiques de tous les pays. A Tâge de quarante ans, Chasles avait mérité et acquis un grand nom. Tout est à admirer dans ce beau livre. La modestie du titre est remarquable. Mieux instruit de l'histoire de la science qu'aucun autre géomètre ne le fut et peut-être ne le ^era jamais, Chasles, sans descendre dans le détail, donne, sur les points essentiels, beaucoup plus que des aperçus. Si la netteté de son exposition, la clarté de son style, l'ingénieuse profondeur de ses rapprochements peuvent charmer tout lecteur attentif et sagace, sans repousser cette heureuse rencontre, il ne veut rien y sacrifier ; il écrit pour les géomètres. Chaque page excite leur curiosité, et quand l'habile et consciencieux

auteur la devine trop impatiente, il n^épargne rien pour développer ses assertions dans des notes savantes et précises.

Chasles, pendant quelques années, associa à la vie facile d'un jeune homme riche, de profondes études de géométrie ; il n'étudiait ni Lagrange, ni Laplace, mais lisait Apollonius^ se nourrissait d'Archimède, et méditait sur Tinterprétation des obscurs fragments de Pappus ; il faisait à Paris de fréquents et longs séjours. Son père, sans dédaigner la géométrie, qui, pour le cubage des bois, lui prêtait d'utiles secours, et quoique d'humeur indulgente pour les plaisirs de la jeunesse, voyait avec peine son fils, âgé de vingt-huit ans, prolonger ses études sans les utiliser pour accroître sa fortune et s'avancer dans le monde, comme le veulent la raison et la coutume.

Docile aux vues de son père, Michel accepta la profession d'agent de change, il devint associé, et, bientôt après, titulaire d'une charge à Paris... Une liquidation désastreuse le rendit insolvable. Son père accourut; fort entendu en affaires, il fit le nécessaire, transmit la charge à un successeur, et rendit Chasles à la géométrie.

Sa maison devint le centre préféré des réunions académiques. Les plus rebelles aux distractions mondaines se faisaient un devoir et bientôt un plaisir d'accepter ses invitations affectueuses et pressantes. La bonté de Chasles était pour tous franche et sereine, et sa cordialité communicative. Tous étaient appelés. Quelle que fût l'ardeur d'une lutte académique, Chasles tenait chez

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