‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 54 sur 144 · LE VERRIER (URBAIN · texte numérisé non relu

LE VERRIER (URBAIN

Saint-Lô, 1811 ; Paris, 1877. — Astronome et mathématicien. Professeur à la Faculté des Sciences. Inspecteur général de rEnseigneraent supérieur. Directeur de l'Observatoire, après Arago. — Travailleur infatigable, mais d'un caractère difficile. — Statue à l'Observatoire.

Découverte, par le calcul, de la" planète Neptune. Accélération du périhélie de Mercure. Table des grosses planètes.

inégalités des plans et variations séculaires des orbites des sept planètes. — Théorie du mouvement de Mercure, — Planète Neptune. — Annales de l'Obser valoir fi .

L'héritage deLaplace était libre; il en prit hardiment possession. Il mit en évidence les conditions de stabilité générale du système solaire par la discussion approfondie des lois qui président aux mouvements de Jupiter, de Saturne et d'Uranus, et chacun comprit à ce début large et même hautain, si on remonte au temps et si on tient compte du milieu, qu'un grand astronome venait de se révéler. L'Académie s'empressa d'adopter M. Le Verrier.

Presque aussitôt, il donnait au monde la démonstration la plus éclatante du pouvoir de la science. La dernière planète de notre système, Uranus, éprouvait dans sa marche des irrégularités que la théorie n'avait pas prévues et qu'elle ne parvenait point à expliquer. Le système conçu par Newton, jusque-là victorieux de , toutes les objections, allait-il se montrer impuissant et en défaut, aux dernières limites de notre système solaire?

M. Le Verrier ne le pensa point. Acceptant avec un ferme bon sens les lois de l'attraction comme vraies, il

en poursuivit toules les conséquences. C'est ainsi que, par une analyse admirable et convaincue, il découvrit dans l'espace une planète inconnue ; qu'il la pesa , comme s'il l'eût tenue dans ses mains ; qu'il marqua dans les cieux sa route et la position qu'elle devait occuper le 1*' janvier 1847, comme s'il en eût lui-même dirigé le char.

On sait comment cet astre fut trouvé par le télescope dans le firmament, à la place même que lui avait assignée l'analyse mathématique.

L'émotion fut universelle. Mais Le Verrier ne grandit pas seul; ses confrères, ses émules, les savants de tous les pays grandirent avec lui. 11 faut le reconnaître et le proclamer à sa gloire, la confiance publique dans les forces de la science s'éleva, dès ce moment, à un niveau qu'elle n'avait peut-être jamais atteint. Le jeune astronome qui, par le seul effort de sa pensée, découvrait dans Tespace immense une planète inconnue, la dernière du système, à une distance du soleil trente fois plus considérable que celle qui en sépare la terre, devint tout à coup populaire. Par une exception sans exemple, mais que tout motivait, l'astre nouveau lui fut dédié, et si plus tard son nom, d'abord inscrit avec justice dans les confins de notre ciel, fut remplacé par celui de Neptune^ ce fut pour obéir à d'antiques traditions.

11 semble que, dès ce moment, M. Le Verrier se soit dévoué à perfectionner, à compléter l'œuvre de Newton, en s'appuyant sur l'œuvre de Laplace. C'est ainsi que par un travail persévérant, poursuivi pendant trente années sous nos yeux et dont rien n'a jamais pu le détourner, il nous a donné successivement le code définitif

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